‹ Manuel des institutions françaises, période des Capétiens directsChapitre 250 sur 264 · Le service féodal et l'ost du roi avant le XIIP siècle · texte numérisé non relu

Le service féodal et l'ost du roi avant le XIIP siècle

— Les obligations militaires des vassaux nobles (§ 106) ont été longtemps une des bases principales de l'organisation de l'armée capétienne. Il est vrai que ces obligations n'ont guère été remplies à l'égard des premiers Capétiens que par les petits vassaux du domaine, sur lesquels ils exerçaient une autorité réelle et directe. On ne pouvait pas songer à en exiger l'observation stricte de la part des grands vassaux, surtout des plus éloignés. Du reste, la participation de la féodalité aux expéditions militaires du roi a toujours varié avec le caractère même de ces expéditions et la nature des rapports qui existaient entre le gouvernement royal et les feudataires convoqués à l'ost. Pour les opérations de peu d'importance, qui ne demandaient point de séjour en pays lointain et n'exigeaient qu'un déplacement minime de forces militaires, le roi marchait seulement avec les chevaliers qui constituaient son entourage habituel : ceux-ci étaient aidés par les châtelains des pays voisins de l'ennemi à combattre. C'était l'armée privée ou domestique du souverain. Les textes la distinguent quelquefois expressément de l'armée publique ou de l'ost féodale. Elle comprenait, outre le corps de cavalerie féodale, un contingent de fantassins et une troupe d'archers, de frondeurs et de lanciers, sans compter les hommes affeclés au maniement des balistes et des autres machines de guerre. S'il s'agissait d'une expédition plus sérieuse, le Capétien demandait le concours de certains grands feudataires dont les États touchaient son domaine et qui restaient généralement fidèles à l'alliance royale. Enfin, pour les guerres lointaines ou très importantes, le roi s'adressait à tout le corps féodal. La convocation (ediclum) était envoyée par les secrétaires royaux (Hbrarii) à chacun des hauts feudataires. Ceuxci devaient se trouver en armes au lieu et au jour fixés, avec leurs propres vassaux.

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