‹ Manuel des institutions françaises, période des Capétiens directsChapitre 253 sur 264 · L'ORGANISATION MILITAIRE. 6H · texte numérisé non relu

L'ORGANISATION MILITAIRE. 6H

moyens financiers dans une proportion considérable. Les premiers Capétiens employèrent en même temps, et souvent de préférence, un expédient auquel avaient recours tous les souverains de l'Europe, mais qui était d'un usage dangereux. Ils engagèrent à leur service, dès le règne de Louis VII, des bandes de ces mercenaires qu'on appelait routiers, cotter eaux et Brabançons, soldats et pillards de profession, toujours prêts à se louer au plus offrant. Malgré les anathèmes lancés par l'Église contre les princes qui se servaient de pareils auxiliaires, Philippe Auguste et ses adversaires, les Plantagenets, ne cessèrent de solder des routiers. Le chef de bande Mercadier se battait pour Richard Cœur-de-Lion, tandis qu'un autre condottiere, Cadoc, rendait à Philippe Auguste les mêmes services. Ce dernier reçut, outre des sommes considérables, la châtellenie de Gaillon, et une situation officielle de haut fonctionnaire dans la monarchie. L'embauchage des bandes d'aventuriers étrangères continua à être pratiqué par nos rois, au xme siècle, même après que les Brabançons proprement dits eurent disparu. Des troupes de Castillans et de Navarrais furent régulièrement soldées par Philippe le Hardi, sans parler des barons allemands qui, moyennant pension, mettaient leurs soldats au service de la France. Sous Philippe le Bel, une infanterie génoise vint renforcer le corps d'archers et de sergents à pied que fournissait le territoire national.

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