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L'INSUFFISANCE DES LIENS VASSALIQUES

de marches inlerprovinciales1, sur les bords comme à l'intérieur du territoire de la nation.

f. Les circonscriptions des seigneuries sont moins fixes qu'on ne serait tenté de le croire. Il en est peu qui soient restées exactement, pour, la condition féodale et même pour les limites territoriales, ce qu'elles étaient à l'origine. Des fiefs nouveaux ont surgi tardivement (par exemple, le comté d'Aumale en 1066, le comté d'Artois au début du xme siècle). Certaines seigneuries ont subi une diminution progressive et considérable (par exemple, le comté d'Angoulême, qui avait primitivement un territoire identique à celui de l'évêché du même nom). D'autres, au contraire, se sont accrues (par exemple, la vicomté de Béarn, qui s'agrandit en 1256 du pays de Rivière-Basse, démembré du comté de Bigorre).

féodale en 1259, dans l'éd. de Joinville de N. de Waii.ly, p. 564.) Une situation analogue était celle de la région pyrénéenne, dont les Étals féodaux étaient partagés, pour la mouvance, entre la France et l'Espagne, entre le comte de Toulouse et le duc de Guyenne, d'une part, entre les rois d'Aragon et de Navarre, d'autre part. Là aussi, les hommages furent soumis à des vicissitudes sans nombre, et la féodalité pyrénéenne profita de sa situation, comme celle du royaume d'Arles, pour jouir d'une complète indépendance de fait. L'histoire des comtes de Fois et des vicomtes de Béarn n'est que celle de leurs oscillations perpétuelles entre la suzeraineté espagnole et la suzeraineté des grands États de la France méridionale. Elle est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'y insister. On a moins souvent rappelé le cas du comté de Comminges. Il paraît que ce comté ne relevait de personne pour ses possessions des diocèses de Couserans et de Comminges : il ne reconnaissait la suzeraineté des comtes de Toulouse, au milieu du xni° siècle, que pour les châteaux de Muret et de Samathan. En 1244, Bernard VI, comte de Comminges, fit hommage à Raymond VII pour tout ce qu'il possédait dans, les diocèses de Comminges et de Couserans, quoique de temps immémorial, dit l'acte, Bernard et ses prédécesseurs eussent tenu le tout en alleu. (Longnon, ibid. p. 590.) On sait que les comtes de Barcelone restèrent officiellement dans la mouvance des rois de France jusqu'à la fin du xn° siècle, époque où ils se tournèrent vers un autre centre féodal : le royaume d'Aragon. Ce changement marquait une victoire du principe de la nationalité sur l'idée féodale pure, qui ne tenait aucun compte des frontières naturelles ni des groupements ethniques.

1. Dans la France du nord-ouest, il y avait toute une série de barons qui ne firent qu'osciller entre la suzeraineté du comte de Flandre et celle du roi de France : tels furent les comtes de Ponthieu, de Boulogne, de St-Pol et de Guines. La constitution du comté d'Artois, au commencement du xiue siècle, en faveur du fils aîné de Philippe Auguste, finit par rompre la plupart des liens féodaux qui primitivement unissaient la région artésienne à la Flandre et à la Flandre seule. (Warnkœmg et Giieldolf, Instit. de la FL, II, 103, 106.) Au centre, on voyait les vicomtes de Turenne rendre hommage de la vicomté de Brassac à trois seigneurs différents : en 1190 à l'évêque de Cahors, en 1226 au comte de Toulouse, en 1252 à l'église de Tulle. (Losgkon, ibid., p. 580.) Brussel a d'ailleurs cité des seigneurs qui tenaient une môme terre de plusieurs suzerains. {Usage des fiefs, I, 352.) Au sud, même indécision ou même instabilité pour la mouvance du comté d'Armagnac-Fi'zensac, au temps de saint Louis. Avant 1226 l'Armagnac relevait du duché de Guyenne. En 1226, Géraud IV reprit tous ses fiefs de Simon de Montfort, comte de Toulouse. En 1264, Géraud V fit hommage au comte Alphonse de Poitiers. En 1286, Bernard VI faisait hommage au duc de Guyenne, Édouard Ier, roi d'Angleterre. (Longxon, ibid., p. 589.)

LES INSTITUTIONS FÉODALES

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