SuET., Cau,t 41. Dio Cass., XLIII
124 LA RÉPUBLIQUE [I. Liv. n
mitée en théorie, fut de plus en plus restreinte dans la pratique. Le peuple romain eut le bon sens de comprendre que l'exercice de cette prérogative était à peu près incompatible avec une prompte et sûre expédition des affaires courantes. Âplus forte raison ne chercha-t-îl pas à rétendre aux affaires civiles, où la science juridique était de rigueur. Celles-là ne furent jamais portées que devant le tribunal du préteur, et il ne se trouva point de logicien pour soutenir que le peuple, sous prétexte qu'il élisait les dispensateurs de la justice, avait droit de reviser leurs arrêts.
L'étude qui a été faite jusqu'ici des magistrats, du Sénat et des comices, a porté sur les trois organes principaux du gouvernement républicain : il nous reste à voir comment ces organes ont été amoindris et faussés, mais conservés néanmoins dans le gouvernement équivoque et presque indéfinissable que son fondateur présenta au peuple fatigué comme la meilleure des Républiques.