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Tac, Ann., XIII

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splendide : ils montaient au Capitole en costume triomphal, les haches dans les faisceaux, suivis d'un immense cortège {processus cofistélaris). Ils jetaient de l'argent à la foule, comblaient de cadeaux leurs amis et donnaient des jeux qui leur coûtaient plus cher encore que la procession.

Ces énormes dépenses ne laissaient pas que de refroidir Tardeur des ambitieux. Au commencement du quatrième siècle, on rencontre des années à un seul consul ou même sans consul. Vers la fin du même siècle, le consulat se dédouble, et l'empire d'Orient a les siens comme celui d'Occident. Il disparaît presque en même temps des deux parts, vers le milieu du sixième siècle (534 en Occident, 541 en Orient), mais les empereurs byzantins gardent encore quelque temps le titre de consul perpetuus.

Toutes ces magistratures, léguées à l'empire par la République *, constituent, à proprement parler, la carrière sénatoriale. Il faut y jyouter les promagistratures confiées pour le gouvernement des provinces du Sénat aux ex-préteurs et ex-consuls, certains emplois de création nouvelle dont il sera question plus loin, c'est-à-dire les commandements militaires, un certain nombre de préfectures et de curatèles que l'empereur réservait d'ordinaire aux membres de l'ordre sénatorial. Les « honneurs]» sont du côté de cet ordre camplissime » ; mais le pouvoir est ailleurs, et la carrière équestre, celle des fonctionnaires impériaux, qui passent des rangs de l'armée dans l'administration des finances, dut faire envie à plus d'un fils de famille, d'autant plus que les décorations (ornamenta) donnaient souvent à ceux-ci le titre et le rang des anciens magistrats^, et que depuis le règne de Gallien, les commandements militaires échappent à l'ordre sénatorial ^.

Après Dioclétien, les magistratures dégénèrent en corvées coûteuses et stériles qu'il faut presque imposer de force. Les règles de Tavancemenl se détraquent; il y a des questeurs de seize ans et des préleurs qui ne sont pas encore des hommes. Il se crée une nouvelle hiérarchie de clarissimi, spectabiles, illustrissimi, et l'on arrive plus sûrement au plus haut degré, l'illuslrissimat, par d'autres fonctions.

*Gfllly Ueben den Processus consularis der Kaiseneit (Philolojçus, XIV [i8551, p. 58fr- 012). — C. JuUian, Processus consularis (f{e\. de Philol., Vil [1883], p. 115).

1. Il est à peine besoin de mentionner la censurey dont les pouvoirs passent à Tempcreur et sont répartis entre divers curatores (\oy. ci-dessous, p. 162). Il y eut un collège de censeurs en Tan 22 avant J.-C. (C /. L., I,.i06. 471). Claude revêtit la censure avec L. Vitellius en 47-48, Vespasien avec son fils Titus en 73-74. Domitien la prit à perpétuité. Cf. la censure confiée en 251 à Valérien par le Sénat, sur l'invitation de rcrapereur Dèce (Trebell. Poli.., Valeriani duOy 5-0).

â. Claude, qui avilissait la dignité sénatoriale en faisant entrer au Sénat des provinciaux, des fils d^aflTranchis, et en prodijçuant les décorations, est obligé de sévir contre des chevaliers qui ne veulent pas passer dans l'ordre sénatorial : Senalorùtm dignitalem recusantibus etiam equestrem ademit (Su et., Claud.y 24).

^.Senalum nnlitia vetuit (Aurel. Vict., CsRsar. 33) : un siècle plus tard, sans revenir au système antérieur à Gallien, on renonça à exclure les sénateurs de Tarmée.

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