SuET., Claud., 10. Otho, 8. Dio Cass., LVII
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la souveraineté impériale est et demeure élective*. Les empereurs ne parviennent pas à soustraire la transmission du pouvoir impérial aux secousses périodiques qui le régénèrent un peu au hasard ; ils s'efforcent bien de restreindre la part de l'imprévu en proposant de leur vivant leur successeur et lui mettant en main par avance les moyens de s'assurer le pouvoir, en l'associant même à l'empire ^ msiis le principe demeure. Si la souveraineté impériale est absolue et irresponsable, elle est précaire aussi : ceux qui la possèdent ne l'ont qu'en usufruit, et qui ne la possède pas n'a nul droit d'y prétendre.
* A. Paillard, Histoire de la transmisHon du pouvoir impérial à Rome et à Constant tinople. Paris, 1875.
1. L*adoption est le moyen le plus souvent employé par les empereurs pour marquer leur choix, mais celte adoption a un caractère privé et ne confère pas d*autre droit que la filiation naturelle. A partir d'Hadrien, l'empereur désigne son successeur en lui donnant de son vivant le surnom de CsMar^ porté d'abord par L. iElius et ensuite par Antonin le Pieux, tous deux adoptés par Hadrien. Une fois empereur, Antonin confère le titre de Cassar à son fils adoptif Marc Aurèle. Les fils de Marc Aurèle, Commode et Annius Verus, sont faits tous deux Césars en 166. Depuis lors, Tusagc, sauf accident, est régulièrement suivi. Marc Aurèle donnait en même temps le premier exemple d'association à l'empire d'un second empereur titulaire, égal à son collègue et Auguste comme lui (161). Déjà Auguste avait confié des pouvoirs exceptionnels à Marcellus, puis à Agrippa et à Tibère, qui dans sa pensée devait être le tuteur de ses petits-fils ; Titus était sous Vcspasien particeps imperii, designatus imperator, et Domitien portait déjà la couronne de laurier. Marc Aurèle se donna officiellement un collègue à la mode républicaine (ou à la mode royale du temps de Romulus et Tatius), et après la mort de son collègue L. Verus (169), il s'associa vers la fin de son règne (177) son fils Commode. Depuis lors, l'empire restant indivisible, le pouvoir suprême peut être partagé au besoin entre deux ou trois titulaires. Caracalla et Géta étaient déjà Augustes du vivant de leur père. Le souverain pontificat était la seule dignité qui ne fût point encore commune aux empereurs collègues : elle le fut en 238 entre Balbinus et Pupienus, et put toujours l'être depuis. Les empereurs associés sont depuis lors vis-à-vis Tun de l'autre absolument dans les mômes rapports que les consuls de la République : le pouvoir est indivis entre eux, et chacun d'eux l'a tout entier. Dioclétien lit du régime de Tassociation une institution régulière, destinée non plus seulement à assurer ou à rcniplaccr l'hérédité, mais à faciliter l'administration de l'empire, divisé en régions {partes Orientis, Occidentis). Ce partage du territoire ne devait pas porter atteinte à l'uilité idéale de l'empire, mais il affaiblit le sentiment de la solidarité n tel point que la division réelle se fit d'elle-même à la mort de Théodose (395).