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LE PRÉFET DU PRÉTOIRE

Le préfet du prétoire (prsefectus prœtorio-i'KOLpy^pç lOv ôopuçopwv) est simplement à l'origine le commandant de la garde impériale, et, comme tel, il n'a que les pouvoirs ordinaires des chefs de corps, c'est-à-dire le droit d'infliger des punitions disciplinaires, de nommer les sous-offî-

dépens de celle du Sénat et varie suivant que le prince a plus ou moins de déférence pour le Sénat. Le conseil commence par être une délégation du Sénat et finit par le supplanter. D'Auguste à Hadrien, il n'a point d'existence officielle; Hadrien en fait un cénacle de jurisconsultes; Septime Sévère Térige en Conseil d'État, rival heureux du Sénat. A partir de ce moment, les conseillers ordinaires touchent un traitement, qui est de 100.000 HS pour ceux de première classe {consiliarii Augustij^ de 60.000 HS pour les autres (adsumpH in consilium). Les hauts fonctionnaires, les magistrats et sénateurs appelés au conseil sont des conseillers en ser\'ice extraordinaire, sans traitement. La salle des séances du conseil s'appelait d'abord auditoriunif puis consistorium dans le Bas-Empire, noms qui finirent par désigner le conseil lui-même. Ne pas confondre Vauditorium principis avec les auditoria des préfets du prétoire et de la ville.

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eiers et de délivrer des congés. Mais il est le compagnon assidu de Tempereur; il veille sur sa vie, il exécute ses ordres, il est mêlé, pour ainsi dire, à sa vie intime, et nul ne connaît mieux la pensée du mattre. C'en est assez pour que le simple officier, sorti de Tordre équestre, qui est peu de chose par lui-même, devienne avec le temps, par délégation, le premier fonctionnaire de l'empire.

Auguste, s'appropriant un usage suivi par les généraux en campagne depuis le temps de Scipion l'Africain^, s'était créé une garde personnelle. Mais, tandis que les généraux d'autrefois licenciaient leur «cohorte prétorienne» aussitôt la guerre finie, Auguste conserva la sienne et en porta l'eiTectif à neuf cohortes, presque une légion. Il chercha toutefois à ménager l'opinion en n'installant pas ostensiblement à Rome ses prétoriens, qui y étaient censés de passage. Tibère comprit qu'il était inutile de dissimuler : il bâtit une grande caserne pour sa garde devant la porte Viminale. Le chef militaire de la garde était l'empereur luimême; mais, en fait, depuis l'an 2 avant notre ère, c'est-à-dire depuis qu'Auguste eut nommé pour le suppléer den\ prœfecti prœtorio^^ elle fut toujours commandée par les préfets du prétoire, au nombre de deux ou, par exception, de trois ^. Ces officiers, portant le costume militaire et l'épée, étaient collègues, au sens propre du mot, c'est-à-dire avaient chacun un pouvoir identique, sans partage d'attributions. Cette « collégialité», jointe à la condition modeste des préfets, que les princes se gardaient de choisir dans l'ordre sénatorial *, étaient une garantie contre les idées ambitieuses qui ne pouvaient manquer de venir aux commandants de la garde; on le vit bien chaque fois que les empereurs, consultant leur goût plutôt que leur intérêt, laissèrent le commandement à un seul préfet^.

La compétence des préfets du prétoire nous apparaît constamment en progrès. D'abord, l'Italie étant assimilée à Rome, les troupes cantonnées dans la péninsule — sauf la milice urbaine, dépendante du préfet de

1. Fest., s. V. Prsetoria cohors, p. 223. Scipion donnait demi-solde en plus à sa cohorte ; Auguste, double solde, sans préjudice des gratifications. Prmtoriumf au sens propre, signifie tente ou quartier-général du général commandant (prxtor); au sens dérivé, le corps de la garde impériale. On reviendra sur ces questions à propos de Karmée.

2. Les premiers préfets du prétoire furent Q. Ostorius Scapula et P. Salvius Aper (Dio Cass., LV, iO).

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