LE PREFET DE L ANNONE
Le service des approvisionnemenls {cura annonê&) avait déjà préoccupé les pouvoirs publics à la fin de Tancien régime. C. Gracchus s'était fait charger comme curator de l'exécution de sa loi frumentaire ; Pompée et César avaient reçu des pouvoirs extraordinaires pour assurer les arrivages de subsistances, et César avait fini par instituer des œdiUs Ceriales. Auguste, chargé de la cura annonœ, avait délégué d'abord ses fonctions à des curatores frumentij prsRfecti frumenti dandi^ assimilés aux magistrats et tirés chaque année au sort parmi les membres les plus éminents de Tordre sénatorial '; à la fin de son règne (entre l'an 8 et 14 après Jésus-Christ), il créa une préfecture spéciale et en choisit le iiiuleiire (priBfectus annonœ-é-ROLpypç zùhviaç) dans l'ordre équestre*. Le préfet de l'annone, nommé, comme les autres fonctionnaires impériaux, pour un temps illimité, était investi de tous les pouvoirs nécessaires à l'exercice de ses fonctions. Chargé de tenir les marchés constamment pourvus de toutes les choses nécessaires à la vie, il exerçait une surveillance particulière sur toutes les industries concourant à l'alimentation, et cela non pas seulement dans Rome, mais dans les provinces d'où la capitale tirait ses approvisionnements. A partir de Claude,
* Nasse, Meletemata de publica cura annonae apud Romanos. Bonn, 1852. — Labatut, De Valimentation publique che% les Romains. S* éd. Paris, 1870. — 0. Hirschleid, Die Getreideverwaltung in der rômischen Kaiseneit (Philologue, XXIX [18701, p. 1-96. Cf. Unlcrsuchungen, I [1876], p. 128-139).— Th. Mommteii, Die praofocti frumenti dandi (Hermès, IV [1870], p. 364-370).-- 6. Krakauer, Das Verpflegungswesen der Stadt Rom in der spaleren Kaiserieit. Leipzig, 1874. — n. Pigeonneau, De convectione urbanse annonxet depublicis naviculiiriorum corporibus apud Romanos. Paris, 1877. — E. GébhsiTÙl, Siudien ûber das Verpfle' gungswesen von Rom und Constaniinopel in der spàterenKaiserteit. Dorpat, 1881.
.\mmien Marcellin, 0. Seeck, Die Reihe der Stadiprafecten bei Ammianus Marcellinus (Hermès, XVIII [1883], p. 289-303). Cf. la liste fort ample (333 noms, de 27 a. Chr. à 600 p. Chr.) mais peu sûre de Corsini {séries prœfectorum Urbis. Pisis, 1766). Ces statistiques montrent que, à partir de Dioctétien, les préfets de la Ville comme ceux du prétoire ne restent jamais longtemps en fonctions. La préfecture urbaine fut instituée à Constantinople avec les mêmes attributions qu*à Rome.