Cf. COD. JusT., I
3. On connaît les fondations alimentaires de Trajan par deux inscriptions trouvéeSj Tune en 1747, à Macinesso, non loin de Plaisance, sur l'emplacement de l'ancienne Veleia, l'autre {C. /. Zr., IX, 1455) en 1832 à Gapolattaro, près de Bénévcnt, dans le pays des Ligures Bmbiani (Ligures déportés en 181 avant J.-C). Ce sont des listes de propriétés sur lesquelles sont assignés les revenus du capital alimentaire, listes dressées celle de Veleia en 104, l'autre en 101 après J.-G.
4. On chargeait le plus souvent de cette fonction les curatores viarum (voy., cidessus, p. 162), qui prenaient alors les deux titres de curator vix et prsefectus alimentorum ou le double titre de curator vise et alimentorum.
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228 LES FINANCES [Part m.
était nécessaire à Tentretien de leur personnel, à un prix déterminé également par le Sénat (frumentum in cellam - s^stimatum), ou remplaçaient les rations en nature par des indemnités (cibaria- aiTYjpéatov), ordinairement grossies de gratifications pour le vin (congiarium) et le sel (salarium). Tant qu'ils ne dépassaient pas la somme affectée à leur province, ils ne devaient point de comptes au Sénat : s'il y avait un reliquat, ils pouvaient, à leur gré, le remettre au Trésor — ce qui n'arrivait guère — ou se l'approprier comme épargne personnelle ^
L'Empire porta brusquement les dépenses administratives à un chiffre fort élevé. L'empereur n'avait point de liste civile et était censé vivre de ses revenus particuliers, mais il disposait directement ou indirectement de tous les revenus de l'État. On vit même des empereurs mettre la main sur la dotation de certains services publics et sur les biens des communes. On se fait une idée de ce que pouvait coûter à l'État un empereur prodigue en songeant qu'en un an Caligula dissipa son patrimoine, près de 3 milliards de sesterces', et qu'en quelques mois, Vitellius prit dans les caisses publiques 900 millions de sesterces ^. En même temps, TÉtat voulant tout faire ou tout surveiller par ses agents, le nombre des fonctionnaires salariés — parmi lesquels on rencontre avec une certaine surprise des professeurs* — allait croissant*; les bureaux se multipliaient et s'encombraient d'employés de 'toute sorte; l'armée devenait permanente; le service de la poste** officielle
* 0. Mûller, Quam curam rettpublica apud Graecos et Romanos lUeris doctrinisque colendis etffromovendis impenderitf quaeritur. Gdttingen, 1837.
** Rûdiger, De cursuptiblico imperii Romani. Breslau, 18i6.— Naudet, De VadminUtration des postes che* les Romains (Mém. de TAcad. des inscr., XXIII [18581, p. 166-ilO). — B. Hndemann, Das Postwesen der rômischen Kaiserieit (Schui-
Srogr.). Kiel, 1866. Geschichte des rômischen Postwesens wàhrend der Kaiseneit. * éd. Berlin, 1878. — 0. Hirschleld, Die Reichspost (Untersuchungen, I [1876], p. 98-108). — 6. von Rittenhaiii, Die Reichspost der rômischen Kaiser. Berlin, 1880.
1. En général, le Sénat taxait le frumentum in cellam assez haut pour que le gouverneur pût faire bénéficier les fournisseurs, ou bénéficier lui-môme, en achetant sans réquisitionner, de la différence entre la taxe et la valeur réelle. 11 pouvait aussi réaliser des économies sur le vasarium. Ces profits étaient considérés comme légitimes (salvis legibus), et c*est de cette façon que Cicéron retira de son gouvernement de Cilicie un bénéfice net de 2200000 HS (Cic, Ad Fam.^ V, 20). Les concussionnaires, comme Verres, s'arrangeaient de façon à rendre les réquisitions onéreuses, en y ajoutant de grands frais de transport à la charge du fournisseur, et ils offraient alors aux fournisseurs de les exempter des réquisitions moyennant finance. Ils achetaient ensuite euxmêmes au prix courant, ou même au-dessous, par voie d*intimidation, et faisaient ainsi double ou triple bénéfice.