‹ Manuel des institutions romainesChapitre 215 sur 500 · SUET., CSRS · texte numérisé non relu

SUET., CSRS

S. Voy., ci-dessus, p. 4^, 4. Les membres de l'ordre équestre, ne pouvant être contraints à servir dans l'infanterie, étaient dispensés du service militaire, puisqu'il n'y avait plus de cavalerie légionnaire depuis la guerre Sociale.

3.- 11 y a là quantité de questions obscures, que la critique est en train de réviser. On enseigne généralement que la levée normale, au temps de Servius TuUius, comprenait deux légions de juniores et deux de seniores. Cette hypotlièse soulève des objections de toute sorte, dont une particulièrement embarrassante. 11 est démontré par la statistique que le nombre des hommes de 17 ù 40 ans est sensiblement double de celui des hommes de^iOans et au-dessus, et presque triple de celui des hommes de 46 à 60 ans. Il en résulterait que, pour lever deux légions de juniores et autant de seniores, on aurait obligé tous les seniores au service et laissé plus de la moitié des jeunes gens disponibles. On cherche à échapper à cette conséquence absurde en supposant les légions de seniores moitié moins fortes et en faisant observer que les juniores non enrôlés sont prêts à combler les vides de l'armée active. Hypothèse pour hypothî se, il est plus naturel d'admettre que \qs juniores formaient à eux seuls quatre légions, et les seniores ^ qu'on n'enrôle pas en temps ordinaire, deux légions d'cifectif un peu plus faible. Tout

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armées consulaires. En tout cas, elle portait sur l'ensemble des citoyens valides, chaque légion devant être comme une image en petit de la cité ^ Une fois la levée décidée, les consuls faisaient connaître par édit le jour où tous les citoyens en âge de porter les armes devaient se trouver réunis et groupés par tribus sur le Capitole^. Là, après nomination des 24 chefs de légion Itribunimilitum)'^ et répartition de ces officiers entre les quatre légions à former, on tirait au sort une tribu. Les consuls appelaient nominativement les hommes de la tribu, quatre par quatre, et les répartissaient immédiatement entre les quatre légions, où les tribuns les groupaient en centuries. On passait ensuite à une seconde tribu, également désignée par le sort, et l'opération était continuée jusqu'à ce que l'effectif des quatre légions fût complet*. Un triage complémentaire, qui suivait à l'origine et qui, au temps de Polybe^, précédait l'enrôlement des fantassins, mettait à part le contingent de la cavalerie. Les consuls

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vient corroborer cette solution. Elle est d'accord avec les lois de la statistique et môme avec les chiffres donnés pour le temps de Servius TuUius, organisateur du système. 11 y avait alors, d'après les auteurs (Liv., I, 43. Dion., iV, 22. ëutrop., I, 7), de 80 à 85 000 citoyens adsidui. H s*agit évidemment, quoi qu'en pensent les auteurs eux-mêmes, de la population entière, hommes, femmes, enfan^. Supposons 42 500 individus màlcs. Ce chiffre se décompose comme il suit: 17 000 individus au-dessous de 17 ans; 17 000 de 17 à 46 ans (à peu près l'effectif de quatre légions de 4200 hommes) ; 8500 de 47 ans et au-dessus (chiffre suffisant pour fournir deux légions sédentaires). On s*expliquc aussi de cette façon Ténigmo des six centuries équestres hors cadre {sex suffragia). Ces six centuries sont celles des deux légions de seniores : les douze autres sont celles do l'armée active (cf. ci-dessus, p. 27, 2).

1. On rencontre cependant (Liv., IV, 46) une levée partielle faite dans dix tribus tirées au sort. C'était une exception comme on en trouve partout à Rome dans la pratique.

2. Nous ne connaissons à peu près que les usages du temps de Polybe. A cette époque, les centuries serviennes avaient depuis longtemps cessé d'être des unités tactiques, à tel point qu'il nous est impossible d'accommoder les nombres de centuries fournies par les diverses classes aux cadres des légions (cf., ci-après, p. 276, 1).I1 n'est plus question dans les levées que des tribuSy et les tribus, comme ou sait, pouvaient se réunir dans la ville. Aussi l'enrôlement se fait sur le Capitole (Polyb., VI, 19-20. Liv., II, 55. III, 69. IV, 1. VII, 4. XXII, 38. XXVI, 31. 35. XXVII, 38, etc.), et les citoyens comparaissent sans armes, parce que l'État a pris l'habitude de leur en fournir — à titre onéreux ou gratuit — et qu'il n'y a pas lieu d'inspecter leur équipement. Mais il reste des traces de l'usage ancien, qui était de convoquer les centuries en armes au Champ de Mars : Varron (De re rust.y III, 2) dit que l'enrôlement se faisait, comme le recensement, à la villa publica du Champ de Mars.

3. Sur les tribuni militumy voy. ci-dessus, pp. 38. 60. 129, et ci-après, pp. 275. ^82.

4. On tirait au sort les tribus, parce qu'il pouvait se faire qu'on n'en épuisât pas la liste, mais non pas les noms des hommes dans chaque tribu; d'abord, parce que la superstition de Vamen exigeait que les premiers choisis fussent des noms de bon augure (comme Salvius, Valerius, Statorius, etc.), ensuite et surtout parce que, tant que l'armement et la place du soldat dans les rangs dépendit du cens, il aurait fallu faire dans chaque tribu autant de tirages distincts qu'il y avait de classes. Les consuls faisaient leur choix (dilecius — xaxdXeÇi; ) en raison des besoins du service, ayant soin de prendre d'abord les jeunes gens qui avaient le moins de campagnes à leur actif. On n'avait recours au tirage au sort que quand le dilectus était impossible, fiuite de temps (tumulluarius ou subitarius exercitus), et qu'il ne s agissait pas d'une levée en masse. On ne cite que deux circonstances où l'on ait eu recours à ce procédé, cn*!75 (Val.-Max., VI, 3, 4) et en 152 (Appian., De reb. Hispan., 49).

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