‹ Manuel des institutions romainesChapitre 226 sur 500 · Tac, Ann.f · texte numérisé non relu

Tac, Ann.f

Chap i, § 3J L'ARMÉE SOUS LA UÉPUBLIQUE 287

tassin, 1 boisseau 1/3 de froment et 5 boisseaux d'orge pour le cavalier*.

En général, on comptait sur le butin {prœda - manubiœ) * pour couvrir les frais d'une campagne. Aussi le pillage était-il pratiqué avec la méthode et la conscience qui conviennent à une opération financière^. Avant la réforme de 406, les soldats avaient des droits immédiats sur le butin, et le Trésor ne pouvait légitimement revendiquer que les bénéfices nets, après remboursement des intéressés*. Après la réforme, le Trésor supportant tous les frais était seul propriétaire du butin. Il avait donc strictement le droit de tout prendre, et il en usa de temps à autre ^ ; mais il eût fallu, pour asseoir cette coutume nouvelle, qu'il s'abstint de recourir au tribut, et le tribut paraît avoir été levé aussi souvent que par le passé. Le tribut n'était qu'un emprunt forcé, remboursable sur les bénéfices de la campagne, et le Trésor ne le percevait qu'à la condition sous-entendue de le restituer. De là, la persistance de l'ancien usage et les récriminations élevées contre les généraux qui croyaient devoir réserver au Trésor tout le butin. Il fut impossible de fixer sur ce point la jurisprudence, et le Sénat semble avoir renoncé à faire prévaloir l'intérêt du Trésor contre les prétentions des soldats et des généraux. La règle pratique fut qu'une bonne part du butin devait être distribuée soitsur lechamp^, soit à Rome, après la cérémonie du triomphe^, aux soldats et officiers, la part de chacun étant proportionnelle à sa solde. Le général versait le surplus au Trésor, sans rendre de comptes. Il semble même que, pour mieux affirmer son indépendance en cette matière, il confiait la gestion de ces fonds non pas à son questeur, mais sxxx prxfecti fabrum^. ^

Ainsi, l'État couvrait en tout cas les dépenses et laissait aux citoyens des chances de bénéfice qui pouvaient, à un moment donné, stimuler

1. PoLYB., VI, 39. Le cavalier romain recevait (sur sa solde) une ration un peu plus forte : 2 boisseaux de blé, 7 d'orge. Cf., ci-dessus, p. 223.

3. Pi'ada est le butin en nature : manubisR le produit de la vente du butin (Gell., XIII, 25). Voyez, ci-dessus,' p. 247, 1.

3. Voy. la description de Polybe (X, 16). L'obligation de ne rien détourner figurait dans le serment militaire (ci-dessus, p. 272).

4. Tite Live est ici, comme toujours, un guide peu sûr en fait de questions techniques. 11 affirme qu'en 455 les consuls vendirent tout le butin au profit du Trésor (III, 31) : c'eût été, à l'époque, un déni de justice.

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