COD. TUEOD., Vil
4. Les exemples abondent, et il sort de terre tous les jours des briques et tuiles marquées au chiffre des légions romaines. Un des faits récemment connus est celui que révèle l'inscription découverte en 1883 à Coptos par Maspero. On y voit que les soldats ont construit cinq citernes, échelonnées sur une distance de 380 kilomètres, entre Port- Bérénice et Coptos.
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jeter un coup d'œil sur radministration militaire proprement dite^ que nous appelons aujourd'hui rintëndance^ Hais, pour tirer du peu qu'on en sait par les inscriptions et de la masse de règlements enfouis dans les Codes du Bas-Empire un exposé lucide et qui tînt compte des époques, il faudrait dépasser de beaucoup les limites assignées à un résumé comme celui-ci.
Les fonds destinés à l'entretien de l'armée devaient être répartis entre les divers corps par les procuratores castrenses* et employés par les chefs militaires, c'est-à-dire par les tribuns, qui étaient les véritables intendants de la légion, et par les préfets dans les milices auxiliaires^. On ne saurait dire par quels moyens ceux-ci parvenaient à fournir aux troupes blé, fourrages, armes, vêtements, chaussures, ni à quelles conditions ont été faites aux différentes époques ces fournitures, longtemps payées par le militaire sur sa solde, gratuites plus tard^.
Nous ne connaissons d'un peu près que le système suivi sous le Bas- Empire*. A cette époque, l'État nourrit et défraye tous ses fonctionnaires et ses soldats au moyen de prestations en n^iture (annona) imposées aux provinciaux.
Les préfets du prétoire sont chargés de fixer la quotité de ces prestations, d'en surveiller la fourniture ou la conversion en argent, et de protéger les contribuables contre l'avidité des intéressés ^. L'État a partout des magasins pour le blé, le fourrage et les denrées diverses ; il fabrique lui-même les armes dont il a besoin dans des manufactures
* Cf. H. Planck, Der Verfall des rômischen Kriegs - wesens am Ende des ÏVJahrhunr deris, Stuttgart, 1877.
i. Cf. la bibliographie mentionnée ci-dessus, p. 252 et 285. Sur le service médical dans les armées de TEmpire, un sujet qu*il n*e8t pas possible n|ème d*effleurer ici en passant, le travail le plus récent est celui de R. BaiAU, Le service de santé militaire che* les Romains. Paris, 1866
S. On ignore ce que sont au juste les procuratores castrenses ou rationis ou fisci castrensis (Henzen, 6337. 6344. 6529. 7419). Gomme les fonctionnaires de cette espèce sont peu nombreux dans les inscriptions et tous Augusti liberti, Eichhorst (cf. cidessus, p. 258) a eu l'idée étrange d'en faire des procurateurs ludorum castrensium, attachés à la personne de Tempereur. Sur les procurateurs de rang équestre, faisant fonction d'intendant près des corps d'armée, voy. Strab.,111, p. 167. Joseph., B.Jud,, VI, 4, 3. Capitolin., Clod. Albin,, 2.
3. Joseph., B,Jud., V, 9, 1. Pline le Jeune (VII, 31) raconte qu'il avait été chargé par un légat consulaire de reviser la comptabilité des ailes et cohortes, et qu'il a trouvé en bon ordre les comptes tenus par le préfet de cavalerie Glaudius PoUio.
4. Lampride {Alex. Sev,, 52) dit qu'Alexandre Sévère était exigeant en fait de discipline, mais qu'il avait soin que le soldat fût vestitus, armatus, calciatus et satur, et habens aliquid in Mnula,
5. Zosime (II, 33) reproche à Constantin d*avoir placé l'armée entre deux autorités, celle du préfet du prétoire, qui la nourrit et la paye, celle du maître de la milice qui en est son chef disciplinaire. Les préfets du prétoire conservaient là des fonctions qu'ils exerçaient depuis le ii* siècle (Vulcat. Gallic, Avid. Cass., 5. VOPisc, AureL, 11). Avant cette époque, il est probable que l'intendance était confiée au préfet de l'annone. On rencontre des commis a copiis militaribus (Orelli, 2922. 3505), qui de* valent être ses subordonnés. Cf. les praepositi copiarum expeditionis (C. /. £>., Il 4114) et les adlecti annonae Ugionis (C. I. L., V, 5036).
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placées sous la direction du mattre des Offices, et sans doute aussi les habits et effets d'équipement dans ses « gynécées », filatures et ateliers de barbaricarii, administrés par le « comte des Largesses sacrées ». Les commandants militaires, comtes, ducs, tribuns et préposés*, n'ont plus qu'à signer des bons et faire prendre dans les magasins et greniers les espèces et quantités désignées. L'autorité militaire se trouve contrôlée par l'autorité civile, qui a les clefs de tous les dépôts ; rien n'est livré que contre reçu en bonne forme ; une foule de préposés visent et enregistrent les feuilles ordonnancées dans les divers corps; la machine administrative est montée avec cette virtuosité qui caractérise la bureaucratie du temps.
Mais tous ces moyens de contrôle superposés n'empêchaient pas les abus. Les fonctiohnaires civils pressuraient les contribuables; les chefs militaires spéculaient à l'envi sur les fournitures, qu'ils revendaient en détail; ils multipliaient les congés pour toucher les rations des absents, et prélevaient même des (l gratifications > à leur profit sur l'ordinaire du soldat*. On vit une fois de plus que les précautions administratives peuvent tourner contre le but, et que les lois ne sont rien sans les mœurs.
i. Tribunos tive praspositosy qui milites liostros curant, etc. (CoD. Theod., VII, 4, 1).