‹ Manuel des institutions romainesChapitre 355 sur 500 · Cic, PW/., I · texte numérisé non relu

Cic, PW/., I

7. La législation républicaine avait aboli la peine de mort, au moins pour les crimes politiques, en laissant aux condamnés la faculté de s'exiler. On ne cite point d'exécution capitale entre celle de M. Manlius Gapitolinus (38i) et les réactions sanglantes qui suivirent la mort des deux Gracques (en 132 et en 121). Le mot de majesté ranime la répression. Les Césars appliquent réellement la peine de mort, graduée suivant le rang des coupables, depuis la décollation jusqu^au bûcher. La damnatio memoriœ, ajoutée au supplice, commence à Tibère; les poursuites posthumes, à Marc Aurèle. Uinfamia étendue aux enfants est de l'invention de Sylla : souvent appliquée à titre exceptionnel, elle entre dans la législation, aggravée sur tous les points, en 397 (God. JusT., IX, 8, 5).

U6 LA JUSTICE [V. Uv. il

tité de lois, toutes plus inutiles les unes que les autres, qui frappaient tantôt les candidats, tantôt leurs agents (ditisores) et leurs comités (sodalicia), et qui, contrairement aux habitudes romaines, récompensaient les accusateurs ^ Tels sont, dès 433, un plébiscite qui défend aux c candidats» la robe blsinche^', puis leplebiscitumPoetelium (358), qui interdit les tournées électorales ^ ; puis les lois Cornelia Bmbia (48^)^ Cornelia Ftt/t;»a(159)S Attrrfta(70)% Acilia Calpurnia (67)% Fabia de numéro seetatorum (66)^ Tullia (63)^ Licinia de sodaliciû (55)^^, Pomp^ta (52) ''. Les pénalités édictées par ces lois, Tinéligibilité pour dix ans depuis la loi Cornelia Ba^bia, l'amende, l'exclusion du Sénat et l'inéligibilité perpétuelle depuis la loi Acilia Calpurnia^ l'exil pour dix ans depuis la loi Tullia, l'exil perpétuel depuis la loi Pomfeiay n'effrayèrent personne. La brigue ne disparut du Forum qu'avec le régime républicain, qu'elle n'avait pas peu contribué à discréditer. Cependant, Auguste fit encore deux lois Juliœ de ambitu (18 et 8 av. J.-G.), ne fût-ce que pour faire illusion sur la valeur des magistratures sous le nouveau régime. On continua sous l'Empire à parler de brigue ^*, à propos des élections faites par le Sénat de Rome et dans les municipes.

La répression ne fut guère plus efficace contre les malversations dont le mobile était la cupidité, c^est-à-dire le détournement des fonds publics (peculatus) et les concussions {repetundm).

4"" Peculatus. — Le péculat était un crime commis d'ordinaire par des magistrats qui avaient le maniement des deniers publics, exceptionnellement par des particuliers qui dérobaient des objets ou des sommes appartenant à l'État ^^. Il donnait lieu, par conséquent, à des débats complexes, car il ne suffisait pas de punir le coupable, il fallait encore

1. On a dit plus haut (p. 140, 4) que le sénateur qui en faisait condamner un autre plus élevé en grade, pour fait de brigue, prenait la place de celui-ci prxmio leffi9.

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