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5. Un usage curieux, signalé par DE Rossi, c'est que les membres de ces confréries prennent un nom commun, qui figure au génitif .pluriel en tète de leurs épitaphes. On conalt de cette façon les Eugenii, Eutropii, Eutychii, Pelagii, Syncraiiiy etc., véritables génies artificielles.
476 LA RELIGION [Part, vi
après leur mort^ avaient même sur la famille l'avantage d'une stabilité plus grande et d'une mémoire plus sûre. Aussi vit-on des gens riches, k , sans y entrer à titre de simples membres, s'assurer les hommages et les
^\\ prières des sociétaires en se faisant les protecteurs et les bienfaiteurs de
î^> . ces collèges, en leur laissant des terres et jde l'argent à certaines condi-
fc^- tiens spécifiées par testament. A défaut d'un collège, ou de préférence à
f^y un collège, certains donateurs léguaient les fonds à la municipalité. On
^; , trouve quantité de legs de cette espèce, dont le revenu sert à donner un
K^ .. ' banquet annuel (epulaticium ex usuris curialibus).
^ C'est ainsi que la religion jadis domestique, ramenée à sa source, au-
p^ : tour des tombeaux, semblait y puiser une vigueur nouvelle, pendant que
^yX des cultes plus bruyants étaient tour à tour recommandés et délaissés
^V par la mode', pendant que l'on sentait s'affaisser peu à peu, au milieu
'/ '. de l'indifl'érence générale, la religion de la cité, en dépit de ses pompes
officielles et de ses collèges sacerdotaux.
1. 11 est inexact de dire que les cultes étrangers ont envahi la cité romaine, autrement dit la religion ofAcielle : sauf quelques-uns dont il sera question plus loin, cesoDt des cultes privés, môme quand ils ont pour clients les chefs de l'Ëtat. Leurs temples sont tenus en dehors du pomerium tant que cette ligne de démarcation conser\'e son caractère religieux. Le plus important de ces cultes exotiques est celui d'Isis etSérapis, qui s'introduisit à Rome peu de temps après la deuxième guerre Punique. Les dieux égyptiens, suspects au gouvernement, eurent cependant pour adorateurs les triumvirs de Tan 43, Tamant de Cléop&lre surtout, puis Othon, Domitien, Commode, Caracalla, Alexandre Sévère. Les cultes solaires de la Syrie et de la Perse leur firent, à partir du siècle des Antonins, une rude concurrence. Les tauroboles et criobolei de la Grande- Mère pour les uns, le sacrifice du taureau mithriaque pour les autres, deviennent des gages de félicité aussi sûrs que les vêtements de lin et les mortifications du culte isiaque. Ce qu'il importe de constater, c*est que ni ces dieux orientaux ni leurs prêtres ne prennent rang dans le canon des dieux et des sacerdoces officiels. Ces religions individualistes évoluent, comme le christianisme, sur un terrain qu'eUes n'ont pas enlevé à la religion de la cité et que celle-ci ne leur dispute pas. Cf., ci-après, p. 492.