‹ Manuel des institutions romainesChapitre 381 sur 500 · Sur le pomerium, voy. ci-après, p · texte numérisé non relu

Sur le pomerium, voy. ci-après, p

A. Un texte de Denys (I, 80), qui cite ^Ëlius Tubero, parle d'une troisième sodalité de Luperques : à l'époque historique, jusqu'au temps de César, il n'en existait que deux. Voy. ci-après, p. 501.

5. Quinquatrus signifie simplement le 5 après les Ides (Varr., L, laLf VI, 1^. Fest., p. 254). L'étymologie a quinquando = Luslrando, que donnent aussi les anciens (Chauis., I, 81, éd. Keil), prouve que la fôte était bien une lustration. A l'époque historique, il y avait encore des Quinquatrus minusculse le 19 juin, et les deux fêtes étaient rattachées plus particulièrement au culte de Minerve accommodée eu Pallas. La participation des Salions indique le véritable caractère de la fôte du 19 mars.

Chap. 3] HISTOIRE DU CULTE PUBLIC 485

ou purification des trompettes (tubilustrium)^ -^ le 24, grande revue militaire passée par le chef de l'État sur la place d'armes et clôture des fêtes guerrières ".

En avril, trois fêtes successives, séparées par des jours pairs: le 21, fête de Paies ou Palatua, patronne de la cité {Palilia ou Pariliay ; le 23, première fête des Vinalia^ où l'on goûtait le vin nouveau en remerciant le couple d\vin à qui l'on devait ce présent^; le 25, cérémonies célébrées sur la limite du territoire pour écarter des moissons la « rouille 3» des blés (Robigalia)^.

Les fêtes d'été s'ouvraient le 19 août par les Vinalia rnsticay cérémonie inaugurant la saison des vendanges^, et se terminaient par les ConsualiUy célébrées le 21 en grande pompe par le flamine de Quirinus et les Vestales ^. C'était la fin de la moisson, et les animaux domestiques eux-mêmes, couronnés de fleurs, prenaient part à l'allégresse générale.

Le 15 décembre, la fête de Consus revenait marquer la fin des semailles : le 21, on ofl*rait des sacrifices à Angerona {Divalia-feriœ divm AngeronsBYy et le 23, le flamine de Quirinus rendait des hommages funèbres à Acca Larentia (Larentalia).

L'année se terminait par les purifications du mois de février. La cité purifiait son territoire par la cérémorfie des Lupercalia (15 février) ; chaque curie procédait à une lustration analogue le jour des Quirinalia (17 février)^; enfin, les particuliers délimitaient et sanctifiaient de la même façon les bornes de leurs propriétés aux Terminalia (ii février). En même temps, chacun se mettait en règle vis-à-vis des morts, comme

1. La cérémonie du iubilustrium avait lieu dans Vatrium Sutoriurrif qui avait peutôtre été — en dépit de son nom bizarre — une sorte d'arsenal.

2. Le ^ mars est marqué sur le calendrier Q{uando) R(ex) C(omitiavit) F{tts). 0. Gilbert conjecture que le « roi » devait passer ce jour-là la revue de Tarmée prête à entrer en campagne.

3. C'est la fête qui devient Panniversaire de la fondation de Rome. Parilia représente la prononciation populaire et Torthographe usuelle de Palilia.

4. A répoque historique, le couple s'appelait Jupiter et Vénus (Murcia) : c'est toujours le Ciel et la Terre. L'idée attachée au nom de Vénus s'étant développée aux dépens des autres, les Vinalia étaient la fôte des mere4rices (OviD.,fa«^, IV, 863 sqq.).

5. La fête des Bobigalia parait dater de cette époque, à cause des rapports établis entre Robigus-Robigo et Mavs-Flora^ et surtout à cause du rôle qu'y joue le flamine dn Quirinus.

6. Varr., L. lat.j VI, 16. Fest., EpiL^ p. 64, s. v. Rtutica.

7. Tert., De Spect.f 5. C'était l'anniversaire du fameux rapt des Babines, autrement dit, de l'institution du mariage romain (ci-dessus, p. 469, 4), Consus symbolisant la fécondité sous toutes ses formes.

8. Varr.,L. lût,, VI, 23. Le sacrifice était offert dans la curia Acculeia, par les Pontifes à l'époque historique.

0. Les Quirinalia pef*dirent plus tard toute importance, précisément parce que les paroisses avaient cessé d'avoir leur circonscription délfmitée. On les connaissait sous le nom de stultorum feri» (Varr., Ling. lat., VI, 13. Fest., p. 254,8. v. Quirinalia. OviD., Fasty II, 475 sqq.).

î:fr.

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LA RELIGION

[Part, vi

on l'a dit plus haut ^, durant les huit jours consacrés à ces pieux devoirs. La dernière cérémonie de Tannée était le Regifugium (24 févr.), sorte de drame symbolique dans lequel le chef de l'État, assisté des Saliens, se chargeait pour ainsi dire des péchés de toute la communauté ef prenait tout à coup la fuite, pour revenir ensuite purifié de toute souillure*.

Mais, pendant que la cité du Palatin se développait ainsi, une association analogue de trois bourgades sises de l'autre- côté de la vallée qui borne le Palatin à l'E., sur trois hauteurs appelées le Fagutal, l'Oppius et le Cispius, traversait les mêmes phases. Les trois bourgades composantes réunissaient aussi leurs cultes et devenaient des c curies » ou paroisses dépendantes de l'ensemble, dont un culte fédéral, celui de Janus, une citadelle commune, les Carinœ, maintenaient la cohésion. Les Ramnes du Palatin appelaient ce groupe voisin les € habitations du dehors )>, Exquilix ou Esquilinœ, nom qui a dû s'attacher d'abord à V oppidum des Carines, élevé en face du Palatin, et s'étendre ensuite à l'association tout entière 3.

Les cultes locaux des bourgades esquilines, bien qu'incomplètement connus, nous ramènent encore au couple pélasgique. Terre et Ciel, plus ou moins altéré par assimilation réciproque des époux divins. Le bois sacré de hêtres auquel le Fagutal devait son nom (lucus Fagutalis) était le séjour d'un dieu semblable à celui de Dodone, Faunns^ souffle fécond et voix prophétique, qui allume les sens et éclaire l'intelligence*. Ce dieu était connu, à l'époque historique, sous le nom impersonnel de JDivus Pater (Jupiter) Fagutalis. Sur le Cispius, c'est la Terre que nous rencontrons, transformée par assimilation en déesse lunaire sous

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