‹ Manuel des institutions romainesChapitre 382 sur 500 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. Fest., p. 278, s. V. Regifugium. Plut., Quœst. Rom. y 63. C*ost une cérémonie qu*on a comparée avec naison au ££imJptov de Delphes. Hartung (II, p. 35) pense que la victime immolée par le roi assumait les péchés du peuple et que le sacrifiea> teur s'en éloignait aussitôt avec horreur. En tout cas, l'explication donnée par Verrius Flaccus {Kal. Pran., 24 mars) et par Ovide {Fast.y II, 688), à savoir que c'est un souvenir de la fuite de Tarquin le Superbe, est inadmissible.

3. Les Carines occupaient l'extrémité ouest de TEsquilin, là où est aujourd'hu S. Pictro in Vincoli : le Fagutal, le versant sud ; TOppius, le versant nord ; le Cispius était au N.-E., attenant au Viminal. L*£squilin dans son ensemble portait aussi le nom de pagus monianus (C. I. L., VI, 3823). Varron {L. lat.y V, 49) donne trois étymologies (VExquilix : ab excubiis — quod excultSR essent — ab sRsculetis.

4. Sur les rapports entre Faunus et le Zeus de Dodone, sur les voix prophétiques de Faunus et le rôle du hêtre dans les riies de son culte, voy. Bouché-Leclercq, HiêL de la Divination, IV, p. 122-126. La consultation racontée par Ovide {Fast., IV, 641-670) peut avoir été une tradition attachée au Fagutal. On reconnaît encore mieux le Fagutal dans la description de Calpurnius. Nemus, antra petamus hta patris Fauni... Bullantes ubi fagus aquas radice sub ipsa Protegit et ramis erranlibus implicat umbras (Galpurn.,^^., I, 8-12). Les bois sacrés servaient de temples, particulièrement dans cette région où Ton cite le sacellum Larum Querquetulanum^ le Iucum Esquilinusy luims Mefitis, lucus Junonis Lucinx, lucus Libitinœ, lucus Poetelius, peut-être même VaMCuletum. De même, le mont voisin, le Gcelius, portait le nom de Querquetulanus. On comprend que les habitants de la région aient été désignés par la suite sous le nom de I^uceres,

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le nom de Juno Lucina^. Elle était plus reconnaissable sous le nom de Venus Libitinay qu'elle portait plus bas, dans le val Ceriolensis, entre TEsquilin et le Cœlius*» Des cultes de TOppius, nous ne savons rien : s'ils se sont conservés dans le culte romain, l'attache locale qui permettrait de les reconnaître a disparu. Au pied du c mur de terre des Carines^ » s'étendait un quatrième village ou curie, la Subura, qui était comme un trait d'union entre l'Esquilin et le Palatin. La Terre y était adorée sous le nom de Cupra Mater, qui parait avoir eu le même sens que Bona Dea*.

Le culte fédéral des curies esquilines était celui de Janus et Junon. Au bas de la montée (cHvîas Urbius) qui menait de la Subura aux Cannes, c'est-à-dire à l'entrée de la ville, s'élevait un arc monumental (Tigillumsororium) sous lequel se trouvaient deux autels consacrés l'un à Janus Curiatius, protecteur des curies, l'autre à Juno Sororia ^.

Il est aisé de concevoir des circonstances telles que la cité palatine et la citéesquiline aient été amenées à se fédérer, et à se créer par conséquent des institutions communes. La ville fédérale comprit alors, avec la Subura, sept c monts » correspondant à autant de paroisses^ : c'est l'association dont la fête du Septimontium* perpétuait le souvenir. Chacune des sept curies garda, comme par le passé, son culte propre ; mais on éleva entre les deux groupes, à l'angle N.-E. du Palatin, un sanctuaire fédéral, les Curim veteres'' , et la t Voie Sacrée », bordée d'édifices re-

* A. Ziniow, Dos àlieste Rom oder dos Septimontium, Pyritz, 1866.

1. L'itinéraire de la procession des Àrgées donne remplacement du T. de Juno Lucina : Cespius mons, sexticeps apud adem Junonis Lucin» (Yarr., L. lat, Y, 50). C'était d*abord un grand lucuSf muUis incsRduns annis (Ovid.» Fast.y II, 435 sqq.), qui passait pour pins ancien que la ville (Plin., XVI, § 235).

d. L'emplacement du lucus Libiiinm est ici fixé par voie de conjecture (due à 0. Gilbert): c'était probablement la cimetière du village.

3. Subura, quod 9ub terreo muro Carinarum (Varr., L, lai., V, 48). Le vrai nom devait être Sucusa, ear le quartier s'était appelé pagus Sucuaanus.

4. Cupra se rencontre en Ombrie et dans le Picénum ; le nom de vicus Cuprius ou Cyprius dans la Subura parait indiquer que la Terre y portait ce nom. En tout cas, le consul P. Sempronius Sophus bâtit dans la Subura un temple à Tellus Mater en 268, à la suite d'une victoire remportée dans le Picénum {tremenle inter prœlium campo. Flor., 1, 19).

5. Les anciens assurent que le Tigillum sororium et les autels ont été élevés par la gens Horatia en expiation du fratricide commis par le jeune Horace. 0. Gilbert pense que c'est là une légende fabriquée après coup pour expliquer les titres de Curiatius, Sororia, et quelques détails du culte de la gens Horatia. Cf.. ci-dessus, p. 472. Janus est bien le protecteur de la ville esquiline, car il la sauve par un miracle d'une attaque des Sabins (Magrob., I, 9, 18).

6. On se donne généralement beaucoup de peine pour expliquer comment la Subura, qui était une vallée, pouvait flgurer parmi les montes. On oublie que la Subura était adossée au Quirinal du côté du nord. Martial (V, 22, 5; 10, 19, 4) parle des oc pentes raidcs » de la Subura.

7. 0. Gilbert se livre à une étude approfondie des textes sur la foi desquels on enseigne d'ordinaire que les deux édiflces connus sous le nom de curi& veteres et nov» curi» sufRsaient au culte particulier des curies. Il conclut que chaque curie

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ligieux, sans cesse parcourue par les processions, servit à jamais de lien entre le Palatin et l'Esquilin. Il est probable que le culte fédérai fut organisé de façon à rapprocher les grandes divinités adorées de part et d'autre, en les subordonnant à un nouveau génie ou dieu de l'association. Mars Quirinus et Janus Curiatius ou Quirinus (avec Juno Curiatia ou Quirîtis) durent être vénérés dans les curies communes par les délégués des paroisses {curioneS'flaminescuriales)^.Ces deux ancêtres divins ou Lares du Palatin et de l'Esquilin prirent également place au nouveau foyer de la cité, à côté, ou plutôt au-dessus des autres dieux compris sous la dénomination générique de Pénates'. Le protecteur suprême de l'État fut soit Janus sous le nom de Dianus, soit Jupiter, honoré sous le nom de Stator^ c'est-à-dire auteur et garant du pacte fédéral^, et il est à croire que le flamine de Dianus ou de Jupiter {flamen Dialis) fut institué à cette occasion.

Mais la cité romaine, maintenant assise sur ses « sept monts », est loin d'avoir atteint ses limites définitives. Elle déborde dans la vallée qui longe le Palatin du côté du nord, et, à la suite de luttes dont la légende a conservé le souvenir*, elle atteint le « mont de Saturne», qui sera un jour le Capitole.

L'annexion des quartiers bas que Ton appelait le vicus TuscuSj attenant au Palatin, le vicm Jugarius et le Voleanaly attenant aii Capitole,

avait dans son ressort sa chapelle et sa salle de réunion, et que les édifices susdits ne servaient qu*au culte fédéral adopté par toutes les curies.

1. En fait de divinités curiales, on ne cite que Juno Curiiis (Dion., Il, 50); le reste est hypothétique.

2. Par Pénates, j'entends ces divinités qu*on retrouve plus tard dans le «acran'um de la Regiat c.-à-d. Satumus ConsiviuSf Ops Coruma. Mais les Lares étaient aussi des Pénates, et c*est parce que Mars était le Lare des Ramnes que les Saliens iacra Penatium curabant (Serv., AËn., II, 325). On sait quelle importance ont ici les questions de topographie. Il faut distinguer les lieux et bâtiments voisins ou contigus mais distincts : l** Vxdes Vestm, temple ouvert, avec un penus fermé où se trouvaient diverses reliques et amulettes (sacra); ^ V atrium Vest»t logement des Vestales; 3* la Regiat appelée aussi atrium regiumf palais du roi, plus tard logement du Pont. Max. avec un sacrarium renfermant la lance de Mars, etc. Quant aux Pénates, ils avaient un temple in Velia, du cdté des Carines (Dion, I, 67), et les Lares publici une »des in summa Sacra via (Solin., I, 23). Cependant on dit que les Pénates, qui devaient ôtrc plus éloignés, furent brûlés sous Néron avec le T. de Vesta. Tout cela est loin d'être clair, et je soupçonne qu'on distingue, sur la foi de textes très vagues, des lieux e des choses identiques. Le T. de Vesta a été retrouvé en 1876, et Vatrium Vestsi à la fin de 1883. Cf. les comptes rendus archéologiques cités plus loin (p. 515) .

3. Le T. de Jupiter Stator j soi-disant voué par Romulus au dieu qui avait « arrêté » les Sabins, était en haut de la Vélia. Le sens donné par les anciens à Stator (de sistère) parait beaucoup plus hypothétique que celui de « constituant ». Dans les Indigitamentay Statanus, Statilinus, Statinay sont les divinités qui aident l'enfant à se tenir debout {staré), et la Stata Mater que l'on vénérait dans les divers quartiers de Rome (Fest., p. 317, s. v.) devait protégerl a « stabilité » des édifices contre les causes de destruction. Cf. 0. Gilbert, op. ct(., l, p. 224.

4. Voy. dans Tite-Live (I, 9-10) le combat de Romulus contre Acron, roi de Gaenina, et la consécration des premières dépouilles opimes à Jupiter Feretrius sur le Gapitoie. On ignore où était Ctenina, urbs qux fuit vicina Romte, et rien n'empêche de la localiser dans cette région.

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VjEquimeliumy esplanade séparant le Capitole du Tibre, dut enrichir considérablement le calendrier religieux de Rome. C'est là qu'ont leur siège originel les cultes deJanus Portuntis, dieu des « portes > ou < des ports», associé à la déesse lunaire Carmenta^ et apparenté à Volturnus, c'est-à-dire au génie qui « roule » les eaux du fleuve*; de VolcanuH et de Maia ou Stata Mater ^ symboles du feu et de la Terre qui porte le foyer. Enfin, le culte de Satumufi{Consivius) et de son épouse Ops Con«tt7ta était attaché à la partie méridionale du Capitole^. Tous ces cultes furent adoptés par la cité romaine et pourvus de desservants ou flamines spéciaux^. Les fêtes anniversaires des dieux nouveaux prirent place à côté des anciennes, aux époques marquantes de l'année^. Le district ainsi rattaché au territoire des sept curies forma sans doute une ou plusieurs curies".

La moitié du Capitole appartenait aux Ramnes, et une troisième ^ cabane de Romulus^ » était pour ainsi dire le symbole visible de leur droit de propriété ; mais l'autre moitié, séparée de la première par une dépression profonde et soudée par une large terrasse à la c colline i^ du Quirinal, était la citadelle d'une ville rivale, la ville des Tities.

Il est inutile de refaire, une fois de plus, l'histoire conjecturale de la lutte entre Sabins et Romains. Les résultats contradictoires auxquels ont abouti les débats relatifs à cette question ont quelque peu mis les profanes en défiance. La plupart des érudits, trop bien servis par le patriotisme sabin de Varron, ont fait des Sabins la race conquérante ; d'autres ont réduit les Sabins à un rôle insignifiant; d'autres, enfin, ont rétabli à Rome l'unité de race en expulsant de son histoire primitive Sabins et Étrusques^. L'étude des institutions religieuses fait

i. Carmenta ou Carmentis est une des plus anciennes divinités locales: eUe passait pour la mère d*Evandre. Ses surnoms de Porrima et Postverta symbolisent les directions opposées du croissant lunaire. Son autel — on disait aussi son tombeau — était près de la « porte Garmentale ». VtRdês Jani était hors de la porte Carmentale.

2. Ârnobe (III, 29) appelle Janus patrem Fonti^ Vultumi generunij Jutumm maritum. La mythologie, comme la météorologie, fait du soleil Fauteur des pluies et le pourvoyeur des sources.

3. Hune etiam montem Saiumium appellaium prodideruntf etc. (Varr., L.lat., V, Afi). Au haut de la roche Tarpéienne, était une porta Satumia (Pandana) ; en bas, une ara (plus tard mdes) Satumi,

A, On connaît les flamines PortunaliSf Carmenialis, VoUumalis, Vokanalis ; mais le culte de Saturne et Ops fut probablement associé à ceux de la Regia et confié au chef de TÉtat.

5. Voici la répartition de ces fêtes : Carmenialia (11 et 15 janv.) — Portunalia (17 août) — Volcanalia (23 août) — Opeconsiva (25 août)— Volturnalia (27 août) — Saturnalia (17 déc.) — Opalia (19 déc).

6. On n'en a d'autre preuve qu'une induction fondée sur le fait que le Janus Portunus du Tibre porte aussi le nom de Qairinus {flamen Portunalis arma Quirini unguit, Pest., p. 217, s. v. persillum),

7. L'existence de cette casa Romuli est amplement attestée. Cf. Vitruv., II, 1, 20. Senec, Controv.f II, 1, 4. Macros., I, 15, 10. Conon, Narrai,, 48.

8. Voy. G. Blogh, Les origines du Sénat romain (ci-dessus, p. 4). Il est certain

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pencher la balance en faveur de Topinion moyenne, celle des historiens anciens, qui accorde à Télément sabin une grande importance, mais en conservant la prééminence à l'élément latin.

Le sens donné jusqu'ici au nom de Quirinus^ « dieu des curies », pose devant nous un problème qui n'existe pas pour les partisans de l'étymologie Sabine. Il faut expliquer comment la colline sabine par excellence a pu prendre le nom latin de Quirinal. On en peut dire autant du Champ de Mars, qui est bien une dépendance du Quirinal et qui porte le nom de l'ancêtre divin des Ramnes. Si l'on passe en revue les divinités dont le culte était fixé dans la région du Quirinal, on s'aperçoit que les divinités sabines, comme Semo Sanciis ou Dius Fidius*, SaluSy Hora ou Horla, NeriOy Flora^ sont ou délaissées ou reléguées à l'arrière-plan * et que les cultes les plus florissants sont des cultes latins, ceux de Mars ou de (Mars) Quirinus. De même, l'art augurai des Sabins, dont l'auguraculutn du € vieux Capitole » perpétuait le souvenir et dont les sodales Titii conservaient la tradition, ne fut pas accepté des augures romains, fidèles aux rites légués par Romulus. L'élimination des cultes et rites sabins est d'autant plus singulière que la tradition faisait de Numa, le législateur religieux de Rome, un Sabin.

L'explication de ces faits doit être cherchée dans le sens indiqué par les légendes attachées au nom du fondateur de Rome. Les Sabins de la € Colline » n'ont pas dû entrer dans la cité de leur plein gré, ni sur le pied d'égalité. Les Ramnes ont peut-être importé à dessein dans la région conquise leurs cultes nationaux, en utilisant les affinités qui ne pouvaient manquer d'exister entre des religions similaires. On peut supposer, par exemple, qu'un dieu solaire, dont le culte était desservi par la gens Âurelia, fut associé avec Mars-Quirinus apporté du Palatin par les Fabii, et que Quirinus devint plus tard éponyme de la Colline tout entière'; que le Champ de Mars fut voué au dieu latin par la

* E. Jannetaz, Étude sur Semo Sancus Fidius, dieu sabin représentant le feu, et sur L'étymologie d^ Hercule. Paris, 1885.

qu*on n*a, pour identifier les Tities et les Sabins, que des indices fort légers. On sait que les sodales Titii passaient pour avoir été institués par le roi sabin Tatius, et Ton constate que le nom des Titii ainsi que celui de Tatius lui-même ressemblent sinj^ulièrement à celui des Tities. En renonçant à Tétymologie sabine de Quirinus {quim == lance), on affaiblit singulièrement la preuve tirée dos institdtions religieuses. Cependant il reste encore assez de vraisemblances pour constituer une probabilité voisine de la certitiule.

i. Sancus ou Dius Fidius parait avoir été le Jupiter Sabin ; le nom de Vavis son-qualis, qu*on a tout lieu de classer parmi les aves Titi», semble indiquer que Saneus était le dispensateur des auspices. Il n*eut un temple à Rome que depuis 466 avaat J.-G. (Dion., IX, 60). Flora, la Tellus ou Venus sabine, eut un flamine {flamen Floralis), mais point de fôte publique avant Tinstitution des Floralia (210 ou 238 av. J.-C).

2. Quirinus avait sur la Colline deux sanctuaires : une iBdes (Liv., IV, 21) et un

sacellum (Fest., Epit., p. 255, s. v. Quirinalis). Onsaii que les Fabii étaient chargés d*un

sacrificium stalum in Quirinali colle (Liv., V, 46) et les attaches de cette gens avec

le Palatin sont attestées par le titre des Luperci Fabiani. On nous dit d'autre part que

es Aurelii desservaient le culte du Soleil en un ce lieu fixé par le peuple romain >.

CHAf. 3J HISTOIRE DU CULTE PUBLIC 491

fondation de l'autel de Mars et de jeux équestres (Equima)^^ et que, pour mieux accentuer encore la prépondérance de ce culte, il fut institué un c flamine de Mars » et un collège de « Saliens de la Colline » qui rappelaient chaque année, dans une sorte de concours de danse {agonium Martiale)^ les luttes moins pacifiques du temps passé ^.

L'annexion de la Colline — ou plutôt des quatre collines qui la composaient^ — achève le développement spontané de la cité et de son culte. Depuis lors, les institutions religieuses ne croissent plus que par une sorte de culture artificielle, par assimilation d'éléments étrangers, et d'abord d'éléments helléniques ou étrusco-helléniques*.

Il est possible que la ville rotnano-sabine ait subi la domination de Toscans représentés dans l'histoire par Cœles Vibenna, Tullus Hostilius, la dynastie des Tarquins et Servius TuUius; que ces Toscans, établis d'abord sur le Caelius, se soient fusionnés avec les populations de rEsqoilin, et, soutenus parles «plébéiens» de l'Aventin, aient obligé la cité fédérale à les recevoir dans son sein*. L'influence étrusque — qu'on l'explique par des relations pacifiques ou qu'on la suppose implantée par la conquête — a laissé dans les institutions religieuses de Rome des traces ineffaçables. C'est peut-être l'étreinte de la domination étrangère qui a resserré les liens de l'association groupée sur les bords

* B. Constant, Du polythéisme romain considéré dans ses rapports avec la philoso^ phie grecque et la religion chrétienne. Paris, 1833. — Krahner, Grundlinien sur Geschichie des Verfalls der romischen Staats religion bis auf d. Zeit d. Auçuslus, Halle, 1837. -^ H. Klansen, Aeneas und die Penaten; die italischen Reltgionen unler dem Einflussder griechischen. Hamburg und Gotha, 1839. — £. A. Lewald, De religionihus peregrinis apud veteres Romanos paulatim introductis. Heidelb., 1844. — L. Friedlflnder, Darstellungen aus der Sittenfjeschichle Boms in der Zeit von August bis %um Ausgang der Antonine (Die reltgiôsen Zustànde, t. III, p. 421-058). Leipzig, 1865-1871.— E. Zeller, Religion und Philosophie bei den tiômem. Berlin, 1872. — 6. Boisiier, La religion romaine d'Auguste aux Anto^ 7tins. Paris, 1874. — J. Morsbacher, Ueber Aufnahme griechischer Gottheilen in dem romischen Kultus (Gymn.-Progr.). Jiilich, 1882. — M. Albert, Le culte de Castor et Pollux en Italie. Paris, 1883. — 6. Lafaye, Histoire du culte, des divinités d'Alexandrie — SérapiSy Isis» Harpocrate et Anubis — hors de V Egypte. Paris, 1883. — T. Fabri, De Mithrae dei Solis Invicti apud Romanos cuUu. Gottingac, 1883. - G. Tosi, Dei culli e dette arti egiiiane in Roma : cenni storici. Bologna,

(Fest., Epit., p. 23), et que ce lieu éi&ii juxta aedem Quirini (QuIiVtil., 1,7, 12). LMdenlité de Mars et de Quirinus est démontrée par deux dédicaces {C. I. L.^ I, 44. 630 = VI, 475. 565) trouvées au même lieu, Tune de 236 avant J.-C. (Marte sacrum), Tautre de 200 environ (Quirino).

1. L'ara Martis est déjà citée dans la loi deNuma sur les spolia opima (Fest., s. v. Opima, p. 189).

2. Sur les Salii Collini, voy. ci-après, p. 606. 0. GrLBERT (op. cit., I, pp. 85. 223. 299) explique ingénieusement, par ces concours entre les tribus jadis rivales, qu*il y ait dans le calendrier quatre dies agonales (9 janv. — 17 mars — 21 mai — 11 déc).

3. Les quatre colles sont énumérées dans Titinérairc de la procession des Argei : ce sont les collines Quirinalis (du côté du Viminal), Salutaris (au N.-O.), Mucialis (Martialisf) au S.-O., Latiaris (attenant au Gapitole). On ignore si ces circonscriptions furent classées comme curies dans la cité.

4. Ce sqnt l:\ des thèses développées par 0. Gilbert dans la seconde partie de l'ouvrage précité.

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du Tibre, qui a enlevé aux fractions composantes leur autonomie relative et les a obligées à accepter comme symbole de l'unité politique un culte nouveau.

Le centre de l'État romain définitivement constitué et de son culte est le Capitole. G'est'là que fut assise, au temps des Tarquins, avec le concours d'haruspices et l'emploi de rites toscans, la triade capitoline. Le dieu nouveau qui trône sur le Capitole*, sous la forme d'une statue pompeusement paréie* et fardée, est un Jupiter décoré d'épithètes aussi vagues que possible {Optitnus Maximus); la Minerve qui siège à sa droite n'est plus la maîtresse d'école inscrite dans les Indigitamenta * : c'est une combinaison de la Menrfa étrusque avec la Pallas-Athèné des Hellènes. On dirait que Tarquin, arrêté par la religion dans son dessein d'étendre le droit de cité aux plébéiens, a voulu créer un culte politique distinct et comme indépendant de la théologie traditionnelle^.

On verra plus loin ^ quelle influence ont exercée, à partir de ce moment, les livres sibyllins venus de Gumes; comment, avec des dieux grecs importés et des dieux indigènes accommodés au goût hellénique, se constitue un cénacle de « dieux choisis » (dii selecti) dont la Grèce est la véritable patrie. Apollon une fois installé dans son temple (429), les importations helléniques se continuent pendant près de trois siècles : l'arrivée d'Esculape, en 293, en marque la fin. En 204, l'entrée pompeuse de la Grande-Mère inaugura l'invasion des cultes orientaux. Geux-ci, doués d'une vitalité énergique, auraient altéré profondément et à bref délai- la religion nationale si le Sénat n'avait prudemment refermé la barrière. Il accepta encore, au temps de Sylla, la déesse de Gomane, Ma, dont on crut peut-être l'assistance nécessaire pour vaincre Mithridate, mais à condition qu'elle serait identifiée avec l'ancienne divinité italique, Bellone, et que les « fanatiques de Bellone » seraient, comme les « Galles » de la Grande-Mère, tenus en dehors de la cité *.

* L. Preller, Zur Geschichte und Topographie der rômischen CapitoU (Philologus, 1 |184Hi,p. ()8-107 : mémoire reproduit dans les Ausgewàklte ^u/sâ^se, p. 471-^23). — Cf. 0. Kuhfeldt, De Capiloïiis imperii Romani. Berolini, 188^.

1. La vraie Minerva est la déesse de la Mémoire (mens. Cf. Minerva Memor), Il est assez curieux de voir les livres sibyllins ordonner en 217 la construction d'un temple sur le Capitole en Thonneur de Mens. Si Tidée ne venait pas des livres sibyllins, qui songeaient sans doute à la Mf^tiç hésiodique, on croirait à un retour aux vieilles traditions. Cependant Tusage de a planter le clou annal » dans la paroi de la celia de Minerve (quia numerus .^linervx inventum sit. Liv., VII, 3) prouve que la Minerve capitoline était encore quelque peu la déesse de Mémoire.

2. Le Capitole est depuis lors le symbole de Tunité politique et le centre du culte d'État proprement dit. Aussi voit-on plus tard nombre de villes romanisées avoir leur Capitole. La réforme de Servius Tullius, en substituant la division administrative en tribus et quartiers à la division religieuse en curies, a entraîné une réforme parallèle dans la religion populaire. On lui attribue Tinstitution des Compitalia ou fêtes des Lares de carrefour (Dion., IV, U. Plin., XXXVI, g 204).

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