‹ Manuel des institutions romainesChapitre 383 sur 500 · Voy. ci-après, p · texte numérisé non relu

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4. Il n'est pas bien certain que le nouveau culte ait été un culte public. Lactance le dit (Instit.fif 21, 16), mais un polémiste chrétien est ici une médiocre autorité. L'État put s'en tenir à la Bellone traditionnelle, dont le temple avait été fondé en 495 et

Chap. 3J histoire DU CULTE PUBLIC Wi

Sous TËmpire, la religion officielle laisse Isis et Sérapis, Adonis, Sabazius, Mithra, la déesse Syrienne et la déesse Céleste, le Jupiter d'Héliopolis et celui de Doliché, se disputer les hommages et les offrandes des particuliers; elle tolère même que ses prêtres entrent dans leurs collèges et se purifient en leur privé nom avec le sang des tauroboles ; mais elle garde son caractère traditionnel et ses formes surannées. Le dieu Ëlagabal, introduit un instant dans le culte officiel par Héliogabale, fut bientôt renvoyé à Émèse, et le « Soleil Invincible » d'Aurélien, avec son collège de pontifes, resta plutôt le génie de la police impériale que celui de la cité.

Si on laisse de côté les produits de ce que j'appellerais volontiers l'apothéose grammaticale — ces abstractions dont les noms décorent le fronton des temples et l'exergue des monnaies, Pax^ Spes, Félicitas, Concordia, Mquita$,Clementia, Providentia^ eic.^ — on ne voit qu'un cuite nouveau s'incorporer réellement sous l'Empire au vieux fonds indigène: c'est le culte des empereurs divinisés'. Celui-là s'implante fortement à Rome et dans tout l'empire, non seulement parce que les princes l'encouragent, mais parce qu'il procède d'idées et revêt des formes depuis longtemps familières aux Romains. La religion romaine retournait ici à ses premiers principes et y trouvait un regain de fécondité. On a vu que, comme la famille, la cité avait ses Lares et Pénates : comme la famille aussi, elle associe à ces génies domestiques les génies ou mânes de ses membres et particulièrement de son chef. La légende avait depuis longtemps identifié Romulus avec Quirinus, et peut-être Rémus avec Mars, c'est-à-dire les deux fondateurs de Rome avec ses pénates. Numa, le confident d'Ëgérie, était déjà, pour ainsi dire, de son vivant un être surhumain. Tullus Hostilius disparaît dans une sorte d'holocauste allumé par la foudre. Ancus est un autre Numa, comme Tullus est un second Romulus. Servius Tuliius était devenu le lare de la plèbe, qui fêtait son souvenir à toutes les nones et nundines^ : bref, les génies de tous les hôtes successifs de la Regia allaient s'adjoindre aux lares et pénates de la cité. Auguste ne fit que reprendre cette tradition interrompue par le régime républicain. Il n'accepta point, comme J. César, d'être de son vivant un Jupiter Julius*', mais il se laissa

rebâti en 296. On appelait fanatici les prêtres de Bcllone, et, par extension, ceux de la Grande-Mère et d*Isis.

1. Ce développement en quelque sorte posthume d*une religion épuisée avait commencé avant TÊmpire. Camille élevait déjà un temple à Concordia en 367 ; Q. Fabius Verrucosusà Honos en 233. Ti. Sempronius Graccfms en avait fait autant pour Liher^ tas, W. Acilius Glabrio pour Pietas^ Lucullus pour Félicitas. Le culte de Pudicitia {patricia-plebeia) était fort ancien. Tous ces cultes sont greffés sur des concepts antérieurs plus concrets, Junon, Vénus, la Fortune, etc.

3. Voy., sur cette question, l'attachant et lumineux exposé de G. Boissier, op. cit., I, p. 122-208.

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