Varr., L. lat., VI
H. OviD., Fast., VI, 235 sqq. Fest., pp. 210. 238, s. v. Piscatorii. On ignore si les ludi piscatorii étaient bien une fôte populaire : ils avaient en tout cas une partie officielle, a praetore Urbano pro piscatoribtu Tiberinis (Fest., p. 238). Les Voltumalia (27 août) devaient être la fête du fleuve, mais une fôte ou férié purement officielle.
Chap. 4] CULTES POPULAIRES ET CULTES OFFICIELS 499
(25 juillet), dont la raison d'être s'était perdue avec le temps*. C'était aussi une fête bien énigmatique que celle des Volcanalia (23 août), dont les rites allient d'une façon singulière la symbolique du feu et celle de l'eau'. On voit seulement, par le caractère des divinités invoquées^ des lieux choisis, des rites adoptés, qu'il s'agit de fériés expiatoires.
Les solennités vraiment et universellement populaires étaient celles qui marquaient, de saison en saison, les joies et les espérances du laboureur ou du pâtre : au renouveau, les fêtes de Gérés {Cerealia, 19 îivril), la fête de Paies {Parilia) — ancienne fête patronale du Palatin, devenue l'anniversaire de la fondation de Rome (21 avril); — immédiatement après (23 avril), la première fête du vin {Vinalia priora)^ puis, du 28 avril au 3 mai, les réjouissances licencieuses en l'honneur de Flore {Floralia). A la fin de Tété, en terminant la moisson et commençant les vendanges, le peuple célébrait les Vinalia rustica (19 août) et associait même les animaux domestiques à la grande fête des Consualia (21 août). Après les semailles d'automne et la dégustation du vin nouveau {Meditrinalia, 11 octobre), les fêtes recommençaient en l'honneur des dieux de la fécondité, Faunus {Faunalia, 5 décembre), Consus {Consualia^ 15 décembre) et Saturne {Saturnalia, 17-21 décembre). Enfin, la fête du dieu Terme, symbole et garant de la propriété, venait clore Tannée (Terminalia, 23 février)^. A ces fériés « statives » s'ajoutaient des fêtes mobiles, peut-être de création plus récente et d'une efficacité plus spéciale, comme les fêtes des semailles (ferim semetitivie ou paganicœ- Paganalia)j ordonnées au mois de janvier par les Pontifes, le banquet de Jupiter Dapalù^j les Ambarvalia du mois de mai, et le sacrifice de la porca prxcidanea avant la moisson^.
1. Los Lucaria se célébraient dans un lucus où les Romains, disait-on, avaient trouvé un refuge après la bataille de l'Allia, livrée le 18 juillet (Fest., Epit.f p. 119, s. v.). Il est ditîicile de croire que ce fût l'anniversaire des jours de terreur de l'an 390. Le iucus FurrinsR était sur la rive droite du Tibre (Appian., B, Civ., I, 26. Plut., C. Gracch.^ 17. Aur. Vict., De vir. ill.y 85). Ce « culte des bois » doit être un débris de la religion primitive. Peut-être est-ce Faunus qu'on révérait aux Lucaria. Furrina ou Forina, qu'on assimilait aux divinités « sombres » {furvx. Cf. Furix), était certainement une déesse tellurique, peut-être la même que Feronia — Ferentina — Foriuna ou même Fauna,
2. Le jour des Volcanalia y on jetait tout vivants dans le feu, comme équivalents d'autant de vies humaines, des poissons péchés dans le Tibre et vendus à cet effet sur Varea Tuicani (Fest., p. 238. Varr., L. lat.y VI, 20). Dans les instructions de Numa, les poissons dits mœnx servaient à la procuration des foudres. Le culte de Vulcain était fort en honneur aux bouclies du Tibre, à Ostie, où Ton trouve une »des Volcani, un pontifex Volcaniy et un prsRior sacris Volcani faciundis. On prétend que c'est parce qu'on y redoutait particulièrement l'incendie pour les magasins du port.
3. On trouvera dans les Fastes d'Ovide, aux jours indiqués, des détails intéressants sur les rites et usages de ces fêtes, encore que le poète gâte ses descriptions par ce qu'il y mêle de mythographie hellénique.
A. Cat., Re rusl.y 50. 131. 132. Les feriœ sementiv» ou senienlinae — que Prelleb distingi»e des paganicx — étaient édictées par les Pontifes (Varr., L. lat., VI, 26); les Ambarvalia étaient une fête mobile, mais qui avait fini par se fixer au 29 mai, de façon à coïncider avec la fête de Dea Dia, célébrée par les Arvales.