Voy. ciHlessus, p. ii
7. Piaculum signifie indifféremment péché, expiation, victime expiatoire.
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Chap. 6. § 4] LE COLLÈGE DES PONTIFES 52a
fêtes exceptionnelles ou yotives, non prévues parle calendrier, le collège intervenait et pour rédiger la formule du vœu (votutn) et pour en surveiller l'exécution.
L'intervention des Pontifes était surtout nécessaire lorsque, le sacrifice des victimes ordinaires étant jugé insuffisant, il fallait c consacrer > . > aux dieux une tête humaine (consecratio capitis). Suivant l'ancienne jurisprudence religieuse, la peine de mort n'était qu'une des formes du sacrifice*, une supplication (supplicium) adressée aux dieux, à qui la société abandonnait la vie du coupable,, afin de dégager sa propre res* ponsabilité ^ L'individu dont la c tété était consacrée » était retranché de la société : il était sacré (Aomo sacer) à la façon des victimes, et il %* était loisible à tout venant de consommer sur sa personne le sacrifice, ^''| si la puissance publique ne s'en chargeait pas elle-même. La consécration de la tête, réservée comme expiation suprême aux criminels, pouvait aussi frapper des victimes innocentes substituées aux vrais coupables. L'époque préhistorique avait connu des consécrations portant à la fois sur toute une génération, hommes et animaux {versaci*um*y*. Le droit pontifical n'acceptait plus, en fait de victimes humaines, que celles qui s'ofiTraient volontairement pour le salut de la cité^. La consécration affectait, en ce cas, la forme d'un vœu {devotio)y et, pour bien constater que son « dévouement » était volontaire, le citoyen qui faisait ainsi le sacrifice de sa personne récitait lui-même, sous la dictée d'un Pontife, la formule rédigée à cet effet. On laissait au hasard, guidé par les volontés divines, le soin d'accomplir le sacrifice, et la théo-
* Cf. Vent, De hoftiis humanis antiquo maxime temvore immoLatis. V^eimar, 1834. ** Aschenbach, De vere sacro velfrum Italorum. Ilfeld., 1830. — J. Hasenmûller, Die Formel der heiligen Frûhlingsweihe (Rbein. Mus.^XIX |1864|, p. 402-409).
i. La consecratio capitiSf convertie par la suite en excommunication, puis en bannissement (cf. ci-dessus, pp. 372. 442), était à Forigine un sacrifice de victime humaine, comme on en trouve dans toutes les religions primitives. G*est fort mal connaître la logique que de considérer les sacrifices humains comme une aberration» Les religions des peuples civilisés n*y échappent que par un artifice dont la valeur dut paraître longtemps douteuse. C'est le pécheur qui doit expier sa faute, et dans sa personne : il n*est pas évident i première vue qu'il puisse se substituer une victime animale ou payer la rançon de son crime en sacrifiant une partie de sa propriété (pœna). La substitution la plus naïve qu*emplpyait — soi-disant sur le conseil de Numa — la religion populaire était celle de la tête de sardine {mtena = anima?) à la tête humaine (cf. Plut., iVtim., 15. OviD., Fast., III, 339-344).
S. On appelait ver sacrum la consécration de tous les individus nés durant un printemps, c'est-à-dire une année (Fest., p. 379, s. v.}. Pour les personnes, l'expulsion remplaçait le sacrifice. On citait comme ayant émigré par suite d'un ver sacrum quantité de tribus sabines, les Sacrani de Reate, les Picentins, les Hirpins, les Samnites, les Mamertins. Il y eut encore un ver sacrum à Rome en 217, mais modifié par les Pontifes de telle sorte qu'il ne frappa que les animaux propres au sacrifice (Liv., XXXIII, 44. XXXIV, 44). Le vœu avait été autorisé par une loi (Liv., XXII, 10).
3. Le culte national, celui de Numa, avait proscrit les sacrifices humains et montrait peu de goût pour les sacrifices sanglants en général. Il faut renvoyer aux rites toscans, helléniques, orientaux, la responsabilité des sacrifices comme ceux qu'on rencontre encore en 218 {hosiiis humanis, minime Romano sacro. Liv., XXII, 57. Cf. PuN., XXVIII, 2 12) et plus tard (Dio Cass., XLIII, 24. SuET., Aug., 15. Paol., V, 23, 16).
LA RELIGION
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logie pontificale avait même prévu le cas où celui-ci resterait inachevé ^ Le sacrifice a cela de particulier que les objets par lui consacrés sont immédiatement détruits; aussi entend-on plus spécialement par consécration la collation du caractère sacré à des objets susceptibles de le garder indéfiniment, comme les lieux et édifices dont la propriété est attribuée aux dieux.
Tous les lieux et édifices sacrés sont devenus tels par TefTet d'une consécration opérée par un magistrat^ — ordinaire ou extraordinaire' — avec l'assistance d'un Pontife, qui dicte à l'officiant la formule indispensable. La théologie pontificale distinguait les deux actes simultanés : elle disait que le magistrat dédie (dedicat) et que le Pontife consacre (consecrat)y comme si le Pontife, intendant des dieux, prenait livraison en leur nom de l'objet à eux dédié^ c'est-à-dire adjugé par le magistrat. Cette distinction était plus utile dans la pratique que fondée en théorie : elle servit surtout à faire des Pontifes les intermédiaires obligés de toute transaction de ce genre et à simplifier leur jurisprudence*. Il fut entendu qu'il n'y avait de consécration valable que celle qui s'était opérée avec l'assistance d'un Pontife*.
A Les Pontifes devaient tenir une liste exacte des lieux sacrés (/analoca sacra), c'est-à-dire des bois sacrés ou en partie sacrés (Itict), des chapelles (sacella) et sanctuaires de toutes sortes, depuis le simple autel (ara) ou le $ lavoir » aux purifications (delubrum) jusqu'aux édifices sacrés (a^d^j sacrœ),qm sont souvent inaugurés par surcroît et convertis en «temples»**. Les formules qui avaient servi à les consacrer, les chartes ou « lois i^ (lex templi) qui énonçaient les conditions imposées dans ces lieux à l'exercice du culte % devaient être déposées dans les archives du collège, afin qu'il pût autoriser en connaissance de cause les réparations, les déplacements et additions de matériel, enfin, tout ce qui pouvait modifier le caractère sacré imprimé aux dits lieux ou rendre une nouvelle consécration nécessaire. La part faite aux dieux dans les jours de l'année {dies fesli-feriês)
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* G. Eichhoff, De consecralionis dedicaiionisqtLe apud Romanos generibus variis. Duisburg, 1860.
** H. Jordan. Ueber die Ausdrûcke aedes, templum. fanum, delubrum (Hermès, XV 11879], p. 567-583).
1. En ce cas, le « dévoué » restait excommunié : ni moritur, neque suum neque publicum divinum pure facUi (Liv., YIII, 10). Les exemples de « dévotion » fournis par Thistoire romaine sont ceux du légendaire Curtius Mettius, de M. Gurtius en 362 (Liv., VU, 6), de P. Decius Mus en 340 (Liv., VIH, 9) et de son ûls P. Decius Mus en 2i)5 (Liv., X, 28). Tous se dévouent « à la Terre et aux dieux M&nes ».
2. Cicéron, dans le Pro domo, soutient que le magistrat doit avoir reçu mission expresse du peuple, et les Pontifes concluent dans son sens {Ad AU., IV, 2). Le fait est que la consécration devait être ordonnée soit par le Sénat, soit par le peuple, soit plus tard par le prince.