LE COLLÈGE DES FÉTIAUX
Les Fétiaux dépositaires du droit international. — Rites de la clarigatio : le pater patratus et ses acolytes. — Rites de Ja déclaration de guerre. — Les armistices et traités. — Rites de la conclusion des traités. — Difficultés d'application du droit fétial par suite de Textonsion des relations internationales.*" — L'extradition.
Les sodalités et collèges passés jusqu'ici en revue suffisaient aux besoins religieux de Rome dans sa yie intérieure ; le collège des Fétiaux ^ était chargé de placer ses relations extérieures sous cette protection divine que l'État implorait si souvent. Si les Pontifes créèrent le droit civil et criminel, les Fétiaux posèrent les principes du droit international (jus fetialé). C'est à l'observation scrupuleuse de ces principes que les Romains attribuaient le succès de leurs armes. Ils avaient la prétention de ne faire que des guerres justes', c'est-à-dire légitimes ou plutôt légales : en tout cas, les Fétiaux avaient mission de ne leur laisser faire que des guerres et des traités irréprochables au point de vue du droit.
Une guerre n'est juste qu'autant qu'elle a été déclarée en bonne et due forme, et la déclaration elle-même doit avoir été précédée d'une tentative d'accommodement pacifique ^. Lorsqu'un conflit surgit entre Rome et ses voisins, le cas est soumis aux Fétiaux, qui examinent de quel côté vient la provocation. Si le tort a été commis par des citoyens
* Laws, De fetialibus Romanis. Deutsch-Crone, 1842. — H. Brandes, De Fetialibus Romanorum sacerdotibus (Archiv f. Philol., XV [1849], p. 529-536). — Voigt, De Fetialibus populi Romani quaestionis spécimen. Lips., 1852. — Wettels» De Fetia^ libus. Groningae, 1854. — A. Weiss, Le droit fétial et Us Fétiaux à Rome. Paris, 1883. — Cf. £. Otenbrûggen (ci-dessus, p. 346).
i. Fe/ta2e< vient probablement de farif fateri, comme fas : les anciens le dérivaient de fides, fidus ou fœdus. Le collège, qu'on disait avoir été fondé par Numa ou par Ancus Marcius — lequel aurait emprunté le jus fetiale aux Équicoles (qui œquum colunt !) — se composait de 20 membres nommés à vie et toujours choisis parmi l'élite de la société. Sous la République, il se recrutait par voie de cooptation. On ne lui connaît point de président, soit annuel, soit à vie. Il dura jusqu^à la fin du quatrième siècle de notre ère.