‹ Manuel des institutions romainesChapitre 415 sur 500 · Liv., V, 27. XXX, 16. XLV · texte numérisé non relu

Liv., V, 27. XXX, 16. XLV

3. Ac belli quidem sequitas sanctissime fetiali P. R. jure perscripta est. Ex que intelligi potest, nullum bellum esse justum 7iisi quod aut rébus repetitis geratur aut denuntiatum ante sit et indictum (Gic, O/f», I, 11}.

542 LA RELIGION [Part, vi

romains, le coupable ou les coupables, quelle que soit leur qualité, fussent-ils magistrats ou ambassadeurs, doivent être € livrés» à l'ennemi par deditio ou extradition officielle et le dommage réparé. Si l'agression vient de l'étranger, celui-ci est tenu aux mêmes réparations, et les ^- , Fétiaux se chargent d'aller les lui demander par la cérémonie de la

clarigatio ^

Toutes les fois que le collège devait collaborer à quelque acte international, il déléguait un certain nombre de ses membres — deux au moins, quatre le plus souvent — sous la direction d'un pater patraitu I' . P. B., c'est-à-dire d'un Fétial élevé temporairement, pour chaque cas

spécial et défini, à la dignité de « père », de chef de la grande famille romaine. Les délégués commençaient par aller cueillir sur le Capitole *f^ les herbes ou verveines sacrées (sagmina) que devait porter le verbe-

nariuSj coadjuteur du pater patratus; puis ils sortaient en habits sacerdotaux pour aller remplir leur mission.

La clarigatio étant donc reconnue opportune, le pater patratus accompagné de ses acolytes allait porter au peuple agresseur les réclamations du peuple romain, en usant des formules et du cérémonial minutieusement réglés par le rituel. S'il lui était accordé satisfaction sur-le-champ, il emmenait les délinquants extradés et l'incident était clos. Dans le cas contraire, il accordait trente jours de réflexion. Le délai expiré, le pater patratus renouvelait sa protestation, et les magistrats faisaient leur rapport au Sénat. Si la guerre était décidée, le pater patratus retournait à la frontière du pays ennemi, y prononçait la déclaration de guerre dans les termes voulus' et lançait sur la terre ennemie le javelot € ensanglanté t {hasta sanguinea- sanguine infecta)y symbole de la lutte qui commençait.

Le cérémonial de la déclaration de guerre subit naturellement certaines modifications lorsque Rome eut affaire à des ennemis éloignés. Les Fétiaux risquaient d'être partout remplacés par des legatiy s'ils ne trouvaient un moyen d'assouplir les exigences de leur rituel. Quand il s'agit de déclarer la guerre à Pyrrhus, on eut recours à un expédient des plus ingénieux pour se dispenser d'aller remplir les formalités d'usage à la frontière de l'Épire.On obligea un captif épirote à acheter pour la forme quelques pieds carrés du Champ de Mars, et c'est sur ce sol épirote que le pater patratus lança sa déclaration de guerre. Cet expédient étant encore trop laborieux, on prit le parti de symboliser toute terre étrangère par une sorte de borne-frontière ou colonne dressée devant le temple de Bellone, situé lui-même en dehors du

1. Les anciens dérivent clarigatio, un terme vieilli au temps de Quintilien (VII, 3, 13),* de Clara {poce). On entendait par là, au sens propre, la réclamation officielle

L (Liv., VllI, 14. Plin., XXII, g 5. Arnob., II, 67), et, par extension, la déclaration de

i' guerre (Serv., /En., IX, 53. X, H).

V 3. La formule est dans Tite Live (I, 32) et Aulu-Gelle (XVI, 4). Cf. Serv., jSn.,

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