‹ Manuel des institutions romainesChapitre 421 sur 500 · Cf. Val. Max., I, 1, 1. Cic, Verr., IV · texte numérisé non relu

Cf. Val. Max., I, 1, 1. Cic, Verr., IV

4. Les jeux Séculaires, qui duraient trois jours et trois nuits, comportent une quantité de cérémonies diverses, où nombre de dieux romains et gréco-romains trouvent leur compte : Jupiter, Junon, Apollon, Diane, les Parques (Mœres) et Carmentes (llithyes), Tellus (Démêler), Proserpine, Dis Pater, etc. Apollon a pour sa part des jeux scéniques le premier jour, et le Carmen sseculare, chanté par deux chœurs de 27 jeunes garçons et autant de jeunes filles {virgines ter noven»)^ le troisième jour.

Chap. 9] LE COLLÈGE DES QUINDÉCEMVIRS 549

gentilice des Valerii {ludi l'erentini), devaient être transformés en cérémonie officielle^

Quant au culte de la Grande-Mère, il prit sous l'Empire une importance nouvelle. La République l'avait subi et s'était efforcée d'assimiler Cybèle à Ops ou à Fauna ; le nouveau gouvernement, cosmopolite par vocation, montre une sorte de prédilection pour l'hôtesse asiatique du Palatin. Les fêtes de la Grande-Mère, célébrées en divers lieux, surtout à Rome et à Ostie, commençaient le 15 mars par la procession des canéphores ou cannophores , confréries d'hommes et de femmes. Le 22 mars, les dendrophores^ autre confrérie, apportaient dans le temple du Palatin le sapin symbolique {arbor intrat)^ représentant le cadavre d'Attis enveloppé de laine et chargé de couronnes de violettes. Le 24, exercices sanglants des Galles (dies sanguinis) et jeûne : le 25, réjouissances (hilaria) en l'honneur d'Âttis ressuscité. Le 27, une procession solennelle, à laquelle prenaient part les Quindécemvirs*, conduisait la fameuse pierre noire à l'Âlmo, où elle était baignée et lavée.

Si l'influence officielle et avouée des livres sibyllins fut grande, celle qu'ils exercèrent sur l'opinion fut plus grande encore. La sibylle d'Érythrse se rattachait par ses origines à la Troade, et sa sollicitude pour les Romains s'expliquait à merveille par l'origine troyenne des Romains. La légende d'Énée avait là, pour ainsi dire, un certificat d'authenticité, et l'on sait comment cette légende servit à légitimer l'intervention des Romains en Grèce et en Asie Mineure, plus tard, la domination des Césars, descendants directs de lulus, fils d'Énée.

i. On a peine à se reconnaître dans ces questions d'origine, obscures par ellesmêmes et embrouillées à dessein, pour vieillir Tinstitution relativement récente des jeux Séculaires. Le Terentum parait avoir été une ancienne solfatare du Champ de Mars, consacrée aux dieux inrernaux. L'autel de ces dieux aurait été miraculeusement découvert par un certain Valesius (Val. Max., II, 4, 5), et, en y sacrifiant, le consul P. Valerius Publicola (509) aurait délivré Rome d'une pestilence. D'autre part, il est question de ludi Tauriif institués par Tarquin, pour des motifs et avec des rites analogues (Serv., ^n., II, 140). Les ludi Taurii subsistèrent à part et furent célébrés au moins une fois encore en 186 (Liv., XXXIX, 22). Les ludi Tereniini furent transformés en jeux publics entre 509 et 219, probablement à cette dernière date (Censorin., 17). Le comput des siècles — où l'on fait parfois intervenir le clou de la cella de Minerve (ci-dessus, p. 87, 1. 492, 1) — fut de l'arithmétique à la romaine, c'est-à-dire un chaos. Il y eut des siècles de 1 10 ans, quart de la grande année orphique; de 100 ans, à la mode romaine : le siècle étrusque, qui eût justifié l'intervention des décemvirs, était abandonné. Par suite de l'incertitude des opinions et de la concurrence des méthodes, les jeux furent célébrés en 249, 146, 17 avant J.-C, 47» 88, 147, 204, 248, 262 après J.-C.

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