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SACERDOCES MUNICIPAUX

votant des contributions spéciales réparties ensuite entre les villes S d'assurer l'entretien des temples consacrés aux empereurs, de vérifier les comptes de l'exercice précédent, enfin d'élire le flamine ou prêtre de la province (Jlamen Augmtalis ou sacerdos provinciX'àpyi£ptùç), Ce fonctionnaire, nommé pour un an, était le président de l'assemblée et le chef hiérarchique de tous les prêtres de la province '. Il était chargé non seulement de célébrer les fêtes et jeux annuels, — les jeux à ses frais, — mais encore de gérer le budget du culte impérial. Il pouvait être renommé plusieurs fois et gardait, en tout cas, sa vie durant le titre de sacerdotalis.

Le culte impérial avait également la place d'honneur dans les municipes, où le prêtre qui le dessery slH (flamen Augusti-municipalisperpetuus) avait le pas même sur les pontifes. Il est probable que les fonctions actives des flamines municipaux étaient annuelles, mais leur dignité et les privilèges qu'elle comportait étaient € perpétuels» ^.

Mais, sous ses deux formes officielles, culte provincial, culte municipal, la religion nouvelle n'intéressait guère que les hautes classes de la société, les seules qui pussent ambitionner l'honneur de lui fournir des flamines. Le peuple proprement dit, la plebs^ comme on disait sous l'Empire, les petites gens — des affranchis, pour la plupart — qui vénéraient d'instinct dans le prince le grand justicier, le protecteur de tous les opprimés, avaient devancé le zèle un peu artificiel des municipalités ou des autorités provinciales. Du vivant même d'Auguste, des particuliers lui élevaient des temples à leurs frais ^; des collèges d'artisans adjoignaient son Génie à leur patron divin ^; il se formait aussi des confréries spéciales qui associaient le Génie impérial aux Lares compitalices, comme le faisait, sous l'œil du maître, la plèbe de la capitale^. Parmi celles-ci, il en est qui ont fini par constituer un type ré-

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1. On connaît Varca Galliarum, qui subvenait aux dépenses du culte de Rome et d'Auguste à Lyon. En Orient, les viUes qui possédaient un temple des Césars ou contribuaient aux frais de leur culte prenaient le titre de v€(i>x6poi de l'empereur.

2. Il le fut du moins effectivement à la fin dis TEmpire (iv* siècle), époque à laquelle il reçut un pouvoir disciplinaire sur tout le clergé païen (Euseb., Hist. EccL^ VIII, 14).

3. Les flamines municipaux sont ordinairement distingués des autres par le titre de perpetuiy et flamonium perpetuutn équivaut à flamonium Augusti, Cependant; il y a des textes (Renier, 73. Wi». 1429. 1453. GoD. Tbeod., XII, 1, 21 ; 5, 2) qui prouvent que le flaminat c perpétuel » est conféré après coup aux flamines sortants. L'opinion exprimée ici est celle de Hirschfeld (op. cit.) et de Marquardt (Staatsverwaltung, I', p. 174, 3), qui songent surtout, il est vrai, à l'Afrique. On manque de monographies pour les autres provinces.

4. Par exemple, à PuteoU (/. R. N., 2484), à Rénévent (ibid.y 1406). Auguste ne permit pas qu*on lui en élevât à Rome (SuET., Aug., 52. Dio Cass., LI, 20). Celui du Palatin fut bâti après sa mort par Livie et dédié par Caligula.

5. On rencontre à Pompéi un coUège de ministri Mercurii Moiae^ qui deviennent sous Auguste des minUiri Augusii Mercurii Maiae (/. R, iV., 2262. 2263 2266).

6. On voit figurer dans les inscriptions des magistri Larum Augustorum (Orelli- Henzen,1654. 6062. 6090, etc.), des magistri Augustales {ibid., 1660. 3018. 6091, etc.) distincU des seviri Augtutales {ibid., 6062. 6093. 7145). Dans ritalie du Sud, les

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pondant aux besoins de l'époque et bientôt reproduit à l'infini dans toute la partie occidentale de l'empire. C'est à elles qu'est resté, avec un sens précis, le nom d'Augustales*^ d'abord commun à toutes les associations occupées du culte des empereurs.

On ne connaît les confréries d'Augustales que par les inscriptions *, et il a fallu une étude patiente pour dégager des textes épigraphiques au moins quelques indications sur le régime complexe de ces groupes. C'est qu'en effet, cette institution ne ressemble à aucune autre. Créée par l'initiative privée, adoptée, pourvue de privilèges et mise en tutelle par les pouvoirs publics, elle offre un caractère mixte qui devient plus énigmatique encore quand on s'aperçoit que laxorporation engendre un « ordre », infime par ses origines, mais classé dans la hiérarchie sociale immédiatement après les décurions.

L'idée la plus naturelle, celle a laquelle on s'est arrêté tout d'abord, c'est que les confréries d'Aiigustales se sont formées dans les municipes sur le modèle des sodaie> Augustales de Rome*. Hais ceux-ci sont tous choisis dans les rangs de la haute aristocratie, tandis que les Augustales municipaux, des affranchis pour la plupart^, appartiennent tous aux classes populaires. Le)?>$odales de Rome sont substitués à la ^ensJulia; les Augustales des municipes ne constituent point une ou plusieurs sodaLtés, mais des groupes d'adorateurs sans affinité spirituelle avec l'objet de leur culte. Du reste, l'institut on des Augustales municipaux, qui existait déjà tlu vivant d'Auguste, est antérieure à celle des soda>es Augustales de Rome, créés en l'an 14 par Tibère. Il n y a donc aucune filiation immédiate à établir entre ces formes analogues mais hétérogènes du sacerdoce consacré au culte des Césars. Les Augustales des municipes remplissent le même office que les vicomagistri de Rome^ : seulement, l'usage a modifié leur titre, et ils ont pris dans

* £. Egger, Examen critique des historiens d'Auguste. Appead. II. Paris, ISii. Nouvelles observations sur les Augustales (Kev. Archéol., III |18i7], p. 635-618. 774-790) — A W Zumpt, De Augustalibus et seviris Augustalibus eommentatio epigraphica. Berol., inAb. — J. Marquardt, Ueber die Augustalen (Zeitschr. f. Alterth., 1847, n" 63-û5j. — W. Hensen, Ueber die Augustalen «Zeitschr. f. Alterth., 18i8, n<* i5-27. 37-iO) — J. Schmidt, De seviris Augustalibus, Ual. Sax., 1878 (Diss. Halens., V [1883], p. 1-132). — Cf. la reccnsiun de 0. Hirschfeld, dans ia Zeitschnft fur ôsterr. Gymnasien, 1878, p. 289-296).

seviri i4tt^wrto!e« n'apparaissent qu'àPuteoli et à Rht^gion, m;iis il y a des Augustaies {corpus Augustalium) de condition inconnue. Les triumviri^ octoviri Augustales d'Ainiternum. de Firmum et d*ailieurs, doivent être des collèges analogues, assimilés peut-être après coup aux seviri,

1. Eh fait de textes d'auteurs, on n'en a que trois (Petron., 30. 57. Schol. ad Uor. Sat,, II, 3, 281), et ils seraient inintelligibles sans les inscriptions.

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