‹ Manuel des institutions romainesChapitre 451 sur 500 · ARGENT · texte numérisé non relu

ARGENT

cur jaune

rouge

POIDS

VALEUR

on francs

Aureus

Dcnarius

Quinarius ....

Sostertius. . . .

Dupondius. . .

As

Semis t

Ouadrans. . . .

Dans ce système, toutes les espèces sont liées par des rapports simples. L'aureus vaut 100 sesterces : du denarius au quadrans, chaque pièce a une valeur double de la pièce inférieure.

L'ordre établi par Auguste et réformé par Néron dura, sans altérations essentielles \ jusqu'au conynencement du troisième siècle. A partir du règne

1. César n'avait pas vuulii s'omparcr do ce privilège, que le Sénat lui décerna peu de teinpi avant sa mort (Dio Cass., XLIV, 4). Bruliis, Sexlus Pompée, Octave, Antoine surtout, furent moiiu^ scrupuleux.

2. L'as et tes fractions {iemii - quadrant) étaient en cuivre rou^e ; ses multiples [dupoiidiutsetterHuê) en laiton ou « cuivre de G(irdouc » (Plln., XXXIV, g 4).

3. La proportion, qui était Hc 5 à 10 0/0 sous Néron, atteint 60 0/0 au temps de S<>piimn Sévère. LtO poids du denier étant depuis Néron abaissée i/06 de la livre (3«',4t), le denier ue\aiait plus» réellement alors que 0'<',37, bien que sa valeur nominale fût toujours de 1/25 de Vaureus. Cf. F.Ken- NIR, Die Scheidemûnse des KaUers Sera (Wien. Num. Zeit>clir., X |1878|. p. 230-306;.

4. Le poids de l'aureus diminue progressivement : il n'est plus que de 7«',3 du règne dj M.irr Aurèle à celui de Cnrncnlln.

582 MÉTROLOGIE [Appknd. h, S 4

de Garacalla, qui réduit le poids de Vaureus à 1/50 de la livre (60%55), commence une véritable anarchie. On détruit l'harmonie du système usuel, à la fois en émettant des monnaies nouvelles et en altérant les anciennes. En âl5, Garacalla réduit le poids de Vaureus à 1/50 de la livre (6>s55), et met en eirculation une nouvelle pièce d'argent ou plutôt de billon {argenteus AnUnd" nianus)y pesant environ 5 grammes et correspondant comme valeur légale à 1/20 de Vaureta, autrement dit à 5 sesterces ou 20 as (de là la marque XI ou XXI) K Ses successeurs abaissent à Tenvi le titre et poids des monnaies et en fabriquent par spéculation des quantités. énormes. Le fisc paye en fausse monnaie, qu'il ne veut plus recevoir ensuite que pour sa valeur réelle. Lès monnayeurs {monetarii)^ encouragés par l'exemple du gouvernement, volent pour leur propre compte et remplacent par du plomb le peu d'argent qui blanchissait encore la monnaie officielle '. On en revient à la balance, ou bien il faut, dans les transactions, spécifier en quelle monnaie se fera le paiement. Le Sénat, dégoûté ou dépouillé par Âurélien de son privilège, cesse de frapper sa monnaie de cuivre, que l'on préférait au billon des empereurs.

Dioclétien essaya d'enrayer ce retour à la barbarie. Il refondit comme cuivre une partie du billon décoré du nom d'argent par ses prédécesseurs; mais son système, imité de celui de Selon 3, ne put avoir raison des habitudes prises. Il revint lui-même^ à partir de 292, à la frappe de l'ancien denier d'argent et du quinarius, satisfait d'avoir au moins rendu aux espèces métalliques une valeur réelle. C'est Constantin qui, en 312, inaugura le régime définitif du Bas-Empire.

V. Système monétaire du Bas-Empire. — Sans retirer de la circulation les anciennes monnaies et sans même en suspendre la fabrication ^ Gonstan* tin adopta un système fondé sur des principes et des noms nouveaux. 11 rompit nettement avec l'habitude, conservée depuis les origines de Rome, de prendre pour unité de compte l'as libral ou sesterce. Toutes les valeurs furent rapportées à la livre d'or fin, purifié par la coupellation {aurum obfyziatum — obryza auri). La nouvelle pièce d'or (so^id^ti^-vopitofMb-tSà^iov-oTGc^tov) fat taillée à raison de 72 à la livre ^, et sa valeur marquée en chiffres romains

i. Si letf chIcuU faits ci-dessus sont exacts, VAntoniniantu ëtsiit une pièce de 20 as; mais, pour des raisons qu'on cherche encore, peut-être pour écarter des recettes du Trésor la monnaie de cuirre, on lui donna la valeur légale de 81 as.

2. Aurélien ayant voulu relever le titre de* monnaies, et probablement laisser pour compte aux ateliers le billon de Claude le Gothique, il y eut à Rome, à l'instigation du procurateur du fisc Felicissimus, une révolte des monetarii, qui coûta la vie à 7000 hommes (Vonsc, Aurel., 38).

3. Ce système est assez mal connu , car les monnaies du règne sont taillées à toute espèce de poids. HULTSGH (p. 336 sqq.) suppose que Dioclétien a voulu rattacher son système à celui des pays grecs» d'Athtoes particiUJÀrement. Pour cela, Dioclétien aurait adopté non pas les poids absolus des monnaies atUques, m|is les rapports des espèces (ou monnaies de compte) entre elles. La livre d'or se trouve divisée,' comme le talent atlique, en 60 parties {aurei); Vaureut, comme la «Bine, en 100 parties (pièçesen bilîon de XXI (as] ou 6 deniers, ancien ÀntoninianuM de Garacalla). La pièce de 6 deniers correspondant à la drachme était divisée, comme la drachme, en 6 parties ou deniers; seulement le denier, au lieu d'élre partagé en huitièmes comme l'obole, vaut 3 1/i as, afin que le double as corresponde, comme valeur réelle, au xs^voi^c altique. La pièce de 6 deniers {nummu$) vaut donc 21 as. La valeur réelle de chaque espèce dépend de celle de la livre d'or; celle-ci «st fixée de telle sorte que 31 livres d'or valent 7 talents attiques (40 748^,38), ce qui met le rapport entre Tor et l'argent à 13.67. Vaureut vaut 91^91; la pièce de XXI |as|, 0(^,22; le denier O^^.OSfiS; l'as, O'^.OlOi. Cf. A .MissoMO, DU Yorlâufer det OB auf rômiichen GoldmÛMen (Sallef, Zeitochr.. VII |1880), p. 840-295).

4. On continue jusqu'en 360 i flrapper des deniers d'ai^ent à 1/96 de la livre; seulement, pour les distinguer des deniers de cuivre du nouveau système, on les appelle argentei {argentH fiûfitt^v'i pour les distinguer des argentei Antoniniani).

5. Le 1/72 s'appelle textula; aussi, depuis Constantin, la textula de la livre-poids s'appeUtf également téU4u9 (ci-dessus, p. 575).

Append. u, § 4] MÉTROLOGIE 583

(LXXIl) ou grecs (OB). Son poids était exactement de 4 scripula ou «ypajAffcara <49%&5). Elle avait pour sous-multiples le semis (29%27) et le tri&ns (19%52).

Pour Fargent, Constantin avait d'abord conservé le denier de Néron, à raison de 18 ift ^ursolidus; mais bientôt il imagina, comme autrefois Selon, de frapper la grosse pièce d'argent au même poids que le solidus d'or. Le solidtis équivalait à 13 8/9 de ces pièces : il en fallait par conséquent 1000 pour valoir une livre d'or, d'où le nom de miliarense donné plus tard à ce type.

Ce rapport de valeur entre la pièce d'or et la pièce d'argent était plutôt désavantageux pour l'argent et exposait le métal taxé trop bas à être retiré de la circulation par les spéculateurs. Julien retoucha sur ce point le système. Élevant la valeur légale datniliarense sans en changer le poids, il prit pour principale pièce d'argent la moitié du miliarense, et en fit la 24° partie du solidtis^ le 1/1728 de la livre d'or, fraction connue dans le système des poids sous le nom de siliqua. De là le nom de sUiqua (auri) donné à la pièce d'argent. L'argent avait ainsi une valeur légale supérieure de 1/6 enrivon à sa valeur réelle ', ce qui n'excédait pas les limites du crédit de l'État et protégeait la monnaie d'argent contre le creuset des spéculateurs. Le miliU' rense cessait, il est vrai, de mériter son nom ; mais, en revanche, il devenait une fraction exacte (Vuncia) du solidus et un multiple commode du denier.

Pour la monnaie de cuivre, sa valeur intrinsèque étant indifférente, Constantin en abaissa considérablement le poids : après lui, on revint aux poids adoptés par Dioctétien. La principale pièce de cuivre, Tas du nouveau régime, •est le denier (denarttM-àaascptov-XcffTov), qui est au sou 'd'or ce que la drachme est au talent, c'est-à-dire la 6000* partie. Le denier, jadis égal à 4 sesterces ou 16 as, était tombé de chute en chute au niveau du sesterce et enfin de l'as.

L'emploi de pièces aussi minimes que le nouveau denier offrait cet inconvénient que les moindres sommes s'exprimaient en chiffres élevés, d'un emploi incommode dans le calcul. On remédia à ce défaut par le système des « sacs » ou folles {'^'keKMii ^oXotvTta), analogue à celui des c ligatures» chinoises.

Sauf la pièce de 21 deniers, qu*on appelle abusivement follis, un follis est une monnaie de compte, une somme donnée d'espèces. Le système de Constantin comporte deux sortes de foUes : l'un pour la monnaie d'argent, le follis de 125 miliarensia, valant 9 solidi; l'autre pour la monnaie de cuivre, le follis de 250 deniers, valant une siliqua auri. Celui-ci était assez inutile, puisqu'il avait un équivalent monnayé. Aussi, à partir de Julien, le follis de deniers (denariorum foUis - d^ammtt^) comprend 500 deniers au lieu de 250. On appela également follis la livre d'or de 72 solidi, employée comme mesure de la taxe levée sur les sénateurs, de sorte qu'il y a, en déûnitive, au moins quatre espèces de folles^: un pour l'or, l'autre pour l'argent, le troisième pour le cuivre, et un quatrième improprement appelé de ce nom, la pièce de 21 deniers ^.

i. Le rapport de Taleur entre l'argent et l'or est, en ce cas, de 4/13.

2. On parle encore d'un foUis de 3i2 1/2 liTres de cuivre, qai valait probablement 12 goUdi.

3. Toutes ces reformes introduisirent dans le langage courant dos confusions inextricables, surtout à cause de l'habitude prise d'appeler nummut la pièce la plus couramment employée, le sesterce sous U Rëpublique, le denier d'argent depuis. Le denier de cuivre s'appelle aussi, par conséquent, nummut ; de même, la pièce en cuivre de 21 deniers, qui se dit également foUit, comme monnaie de compte. Pour distinguer entre les deux nummi de cuivre, on appelait le denier nummut centenionalit {communU), et les sommes comptées en pièces de 21 deniers pecunia major ou majorina. Le mot peeunia, réservé à la monnaie de cuivre, servait à dénommer colle-ci en général, par opposition à la monnaie d'argent ou d'or. La série dos follet prête encore plus h la confusion, chaque sorte manquant d'un qualificatif spécial.

hu

METROLOGIE

[Append. Il, S i

En somme, il n'y a dans le sjslime monétaire da Bas-Empire qu'âne monnaie dont le tilre, le poids, elpar snile la vaienr absolue, restent invariables : le totidus d'or'. La monnaie d'argent et de cuivre, en dépit des efforts faits parle gouvernement pour lui conserver sa valeur nominale, se déprécie de jour en jour. A la fin du quatrième siècle, le solidut valait déjà 6800 deniers. En 445, Val en tin i en J 1 défend anichangeurs d'exiger pour un sofirftts plus de TiOO deniers : audébi.du sixième siècle, les changeurs en demandaient jusqu'à 8750 deniers, el Justinien est obligé de taier le solidui à 7500 deniers.

Voici un aperçu du sjstème monétaire — monnaies et monnaies de compte — créé par Cousiantin et retouché par Julien' :

CriVRE

ÀRGKN1

OR

francs

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