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Chap. 2, § 5] DES MAGISTRATURES ORDINAIRES 71

ayant action sur le peuple entier ; mais il ne se réconcilie pas pour cela avec la constitution. Son histoire est toute dans les crises politiques déterminées par son initiative. Les Romains auraient pu l'abolir après la législation décemvirale ^ ; ils auraient dû le faire après Tadraission des plébéiens au consulat (367). Sylla lui enleva d'un seul coup toutes ses conquêtes et le réduisit à une imago sine re *, mais il fut complètement restauré en 70 par la loi Pompeia. Les tribuns travaillèrent de leur mieux à la ruine des institutions républicaines, en empêchant, à coups d'intercession, les principaux rouages administratifs de fonctionner. Ils en vinrent même, au commencement de 52, à interrompre la transmission régulière des auspices en empêchant la nomination d'un interroi ^. Ce sont là de ces excès qui annoncent la fin d'un régime.

Le tribunat, révolutionnaire de par son origine, était resté jusqu'au bout un ferment malsain et comme un corps étranger dans la constitution. L'Empire lui prit son autorité et se plut à avilir le nom qu'il lui laissa. La «puissance tribunitienne j», détachée de la fonction officielle et adjugée aux empereurs *, devint le plus sûr appui légal du despotisme césarien.

l'édilité

L'édilité, fonction exclusivement plébéienne de 494 à 366, se double en 366 d'une magistrature curule homonyme. Il faut donc distinguer avec soin ces deux éléments rapprochés, mais non confondus.

I. Êdilité plébéienne. — Les deux « édiles de la plèbe {œdiles plebeii ou plebis-or(op(x^6\iLOi ^yjijlotucoQ ]) n'étaient d'abord que les auxiliaires ou employés des tribuns, chargés de les aider dans l'exercice de leurs fonc-

1. MOHMSEN {Staaisrechtf IV, p. 261) pense qu'en effet le tribunat de la plèbe fut aboli en 461, les nouvelles lois devant protéger également tous les citoyens : Lange {R. AU.f V, p. 625) croit que la plèbe a réservé ses privilèges. Un fait accordé, c*est qu'il n*y eut pas de tribuns tant que les décemvirs restèrent en fonctions (Liv., III, 32 sqq.). Mais était-il convenu que le tribunat serait restauré ensuite? Tite Live (III, 32) semble l'indiquer (modo ne lex Icilia de Aventino alimque sacratx leges abrogarentur), et pourtant on voit plus loin que le moyen de le restaurer n'avait pas été prévu. On dit que les nouveaux tribuns furent élus sous la présidence du Grand-Pontife (Liv., III, 54. Cic. ap. AscON., p. 77), expédient de légalité douteuse que le Sénat aurait imaginé faute de mieux. 11 est probable que la plèbe n'avait pas cru abandonner ses a lois sacrées », mais elle avait consenti à se passer de tribuns, et les patriciens regardaient ou affectaient de regarder cette renonciation comme définitive.

S. Yell., II, 30. Sylla restreignit le droit d'intercession et soumit l'initiative tribunitienne en matière législative à l'autorisation préalable du Sénat : mais il comptait principalement sur l'effet de la clause qui déclarait les ex-tribuns inéligibles à toute magistrature curule.

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