‹ Manuel des maladies des femmes [microforme]Chapitre 12 sur 62 · MASTURBA'ION · texte numérisé non relu

MASTURBA'ION

quelquefois de l’orifice utérin, provient de la cavité utérine, quoique je n’aie jamais pu le vérifier par l’examen post mortem.

Masturbation. — C’est ici l’occasion de faire allusion à cette triste habitude, malheureusement trop fréquente qui, tout en détruisant la santé, finit, si elle est prolongée, par altérer les facultés mentales et qui presque toujours, est accompagnée de leucorrhée ; je veux parler de la masturbation. Je n'ajoute pas foi à tout ce qu’on a dit sur sa grande fréquence, mais il n’est que trop vrai qu’elle est pratiquée par un grand nombre de femmes. Chez quelques-unes je ne doute pas qu'elle ne soit le résultat de maladies utérines, les malades en ayant contracté accidentellement l'habitude en essayant de soulager l'irritation qui se produit si souvent autour de l'orifice vaginal ; mais, quelle qu’en soit la cause, elle est bientôt accompagnée de vaginite et d'endo-cervicite qui se manifestent par un écoulement glaireux du col très caractérisque. Prenez garde cependant d’accuser votre malade d’une habitude aussi dégradante parce que vous trouvez quelques symptômes qui semblent douteux. Une pupille dilatée, une apparence morne, une excitation inexplicable causée par l'examen vaginal vous diront généralement ce qui en est ; joignez à cela que la malade se plaint souvent d’une forte douleur lancinante immédiatement au-dessus du pubis. Dans plusieurs cas, j'aiobservé le vomissement {a nuit comme symptôme très important.

Si cette malheureuse habitude est poussée assez loin, elle pourra causer une vaginite ou une endométrite à forme très rebelle, ou des symptômes constitutionnels très sérieux dont la ménorrhagie est un des plus communs,

TRAITEMENT. — Ce n’est que par des moyens moraux que les malheureuses femmes peuvent être guéries; le traitement local est inutile et généralement préjudiciable, l'attention de la malade se trouvant attirée vers les organes génitaux, chose que l’on devrait le plus chercher à éviter. Toutefois, le bromure de potassium à la dose de 1 gr. 50 centigr. peut être utile. Je condamne la pratique barbare qui consiste à mutiler la malade en amputant le clitoris, C’est une opération généralement inutile, car c’est bien à tort que l’on considère le clitoris comme le siège de l'influence nerveuse qui favorise l'orgasme sexuel. On ne devrait certainement pratiquer cette opération que dans les cas extrêmes et avec le plein consentement de la femme et lorsque l'on est bien convaincu qu’elle estréellement désireuse de se débarrasser de ses habitudes dégradantes,

Vaginisme.— Il est un état maladif particulier dû vagin, ou, pour parler plus correctement, de l'orifice vaginal auquel on donne le nom de vaginisme. Cet état paraît être le résultat d’une irritation des nerfs qui se rendent au sphincter ou au muscle constricteur du vagin; il cause quelquefois de vives angoisses. Toute tentative de rapports sexuels ou même la simple introduction du doigt produit une contraction spasmodique du canal. Dans quelques cas, cette affection est évidemment le résultat d’une inflammation et ne peut être soulagée que par des applications adoucissantes, telles qu'elles sont indiquées dans les cas de vaginite ordinaire. Le D' Barnes recommande en outre à la malade de porter un pessaire vaginal cylindrique en caoutchoue, que l’on remplit d'air après l'avoir introduit ; cet instrument agit avec avantage en tenant éloignées l'une de l’autre les parois irritables et enflammées du

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