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Tamponnement. —- Vous me l'avez vu pratiquer très souvent dans nos salles. Dans un cas pressé, une éponge ou uu simple mouchoir de poche pourra suffire, mais je préfère, quand on peut s’en procurer, la ouate ordinaire; on la coupe par bandelettes de la longueur de la feuille sur deux pouces de largeur et on laisse le papier qui y
adhère. On introduit ces bandelettes une à une à travers
un spéculum; aux premières introduites on attache un bout de cordon ou de fil dont on laisse pendre les extrémités hors de la vulve afin d’en faciliter l'enlèvement. On introduit de cette manière autant de bandelettes que le vagin peut en contenir ; cinq à six bandes suffisent ordinairement, suivant la capacité du vagin. À mesure qu'on introduit les bandes, on retire graduellement le spéculum et lorsqu'il est sorti, on pousse le doigt dans le vagin et on comprime fortement les morceaux de ouate; si l'on s'aperçoit alors que le vagin n’est pas pleinement distendu par le tampon, on introduit d’autres bandelettes. Sans cette précaution, il se peut que le saug filtre entre les parois vaginales et le tampon. On fait encore un bon tampon en tordant des fils de coton en forme de corde, puis on les introduit de la même manière.
Le tampon ainsi préparé s’enlève facilement; les extrémités des dernières bandes introduites sont saisies au moyen d’une paire de pinces à pansement, on les roule ensuite de manière à les pelotonner sur elles-mêmes ; et on extrait successivement chaque morceau sans le rompre ; les premières bandes introduites sont retirées au moyen des fils qu'on leur avait préalablement attachés.
Toute substance étrangère abandonnée dans le vagin devenant bientôt une source de désordres, on remédie presque complètement à cet inconvénient en imprégnant largement le coton avec ce la glycérine. Dans tous les
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cas, il faut enlever le tampon au bout de vingt-quatre heures, et le replacer de nouveau si l'hémorrhagie continue, Si vous ne pouvez vous procurer de la ouate, servez: vous de coton ou d’étoupe. Vous devez toujours avoir soin d’attacher un fil à chanue bourdonnet et de laisser l'extrémité en dehors de la vulve, sinon vous éprouverez de la difficulté à enlever le tampon. Ce traitement est également efficace pour arrêter les hémorrhagies dépendant des causes que nous avons énumérées en parlant de la ménorrhagie, et om devrait y recourir dans tous les cas sérieux.
À l'hôpital, où j'ai l'aide d'un assistant, j'adopte le spéculum à bec de canard pour le tamponnement. Dans un cas pressé, à défaut de spéculum, on peut se servir d'un manche de cuiller, qu’on introduit dans le vagin et avec lequel on repousse le périnée en arrière; on peut se contenter encore de l'index et du médius pour dilater l'orifice ‘aginal; mais, sans ces précautions, on aura de la difficulté à introduire le tampon et la malade éprouvera de grandes douleurs. Le D' Barnes préfère obstruer l'orifice utérin lui-même au moyen de tiges de laminaria ou d’une éponge préparée, au lieu de tamponner le vagin. Je ne doute pas que cette méthode ne soit la plus efficace, mais la difficulté qu'on éprouvera à l'appliquer la fera généralement rejeter.
Vous ne devez pas croire que tous les ras de subinvolution soient justiciables du traitement que nous venons de décrire et que vous deviez toujours avoir recours à l'introduction du nitrate d'argent solide. Beaucoup de cas céderont à des modes de traitement plus bénias, quoique plus longs, surtout ceux où le tissu musculaire de l'utérus est très relâché et entretient dans l'organe un état d’engorgement extrême. Vous réussirez souvent en tirant fréquemment de petites quantités de sang de l'utérus (en
ponctionnant le col) et en administrant la strychnine ou l'ergot avec ou sans le fer ou la digitale. La déplétion sanguine diminue l’engorÿement, permet aux fibres musculaires de la matrice de se contracter et favorise l’action que doivent exercer l’ergot et la strychnine. Nous avons un heureux exemple de ce traitement chez Mme X..., qui a été pendant quelque temps traitée régulièrement dans le service des malades externes. Elle avait eu six enfants, et sa maladie datait d'une fauss> couche qu'elle avait faite quatre ans auparavant et depuis laquelle elle n'était pas devenue enceinte. Elle éprouvait de grandes douleurs dans le dos et les aines, la menstruation était devenue de plus en plus abondante, et durait quatorze jours. L'examen a démontré que l'utérus était beaucoup agrandi, la sonde pénétrant à 9 centimètres 1/2 de profondeur ; la matrice était aussi en rétroflexion, le col mou et engorgé. Comme cette malade ne voulait pas entrer à l'hôpital, il était nécessaire de choisir un mode de traitement qui ne l’empêchàt pas de vaquer aux soins ordinaires du ménage. Le 20 mai, je ponctionnai le col avec le couteau-lancette du D' Hall: il saigna largement. Le 23, X... se dit faible, mais beaucoup soulagée, et je lui introduisis un pessaire de Hodge pour supporter la matrice rétrofléchie. Depuis cette date, nous avons tiré régulièrement du sang, en ponctionnant le col pendant plusieurs semaines, et son état s’est amélioré graduellement.
24 juillet. Les règles, qui viennent de finir, n’ont duré que sept jours, la quantité de sang écoulé a été modérée, les douleurs dans le dos beaucoup moins grandes et la malade se sent considérablement plus forte. Pendant tout ce temps, elle a pris 10 gouttes de Tr. de muriate de fer, 3 gouttes de liqueur de strychnine et 20 gouttes de liqueur d'ergot trois fois par jour. (P. B.)
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23 août. Elle vient d’avoir ses règles qui n'ont duré que trois jours; la profondeur de la matrice est normale.
Ce traitement bien simple a eu un plein succès. L'utérus à recouvré son volume normal et la menstruation est devenue régulière. Il est vrai que le traitement a duré plus de quatre mois; mais il a été suivi dans des conditions très défavorables, cette pauvre femme ayant pendant tout le temps vaqué aux soins ordinaires du ménage pour sa famille, blanchissage, cuisine, etc. Si j’eusse pu la forcer à garder le décubitus, sa guérison aurait été beaucoup plus rapide. Dans ce cas il n’y eut aucune application dans la matrice, mais le plus souvent elles sont réclamées par l’état de la muqueuse utérine qui généralement est malade, et aussi parce que l'application du caustique à l'intérieur de la matrice excite les contractions de l'organe.
Le DrPlayfair recommande dans ces conditions l'emploi de l'acide carbolique. J'ai beaucoup employé cet agent et je le considère, pour l’usage ordinaire, comme supérieur à tout autre; mais dans les cas de longue durée, ou bien lorsque la muqueuse utérine est granuleuse, l'acide carbolique est insuffisant, et il sera nécessaire de recourir au mitrate d'argent solide ou à l'acide nitrique fumant. Ce dernier remède est celui dont je me sers généralement et je l’applique au moyen d’une canule de caoutchouc vulcanisé ou de platine. L'emploi de l'acide carbolique et de toute autre application intra-utérine, n'empêche pas les déplétion: locales, au contraire, je vous recommande de suivre les deux modes de traitement à la fois ; on applique d’abord le caustique, puis on ponctionne le col avant d'enlever le speculum. L'acide carbolique offre sur le nitrate solide et l'acide nitrique, l'avantage que son emploi n’exige pas qu’on mette la
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malade au repos. On peut l'appliquer avec sécurité chez les malades du dehors qui viennent à l'hôpital ou dans la pratique privée chez celles qui se présentent à la consultation.
Comme je ne veux pas revenir sur la subinvolution, il me faut un instant m'écarter de mon sujet (la ménorrhagie) pour vous dire que, si la menstruation excessive est presque toujours, un symptôme précoce et fréquent de la subinvolution de la matrice, il peut y avoir exception à cette règle et vous en fournir une preuve. Une jeune femme mariée fut admise dans un de nos hôpitaux, l'été dernier, pour un cas supposé de tumeur ova-rienne. Elle était accouchée trois mois avant de son troisième enfant. Son accouchement avait été suivi d'hémorrhagie. Elle paraissait aussi avoir été atteinte, en outre, de quelque inflammation pelvienne. Elle s’était rétablie difficilement et n’avait pu nourrir son enfant. Les lochies semblent avoir été suspendues pendant cette inflammation et la menstruation n'avait pas paru depuis la délivrance. En passant la main sur l'abdomen, on sentait facilement une tumeur considérable, mobile dans le côté gauche et très douloureuse au toucher. Peu de jours après, cette femme fut congédiée, son cas ayant été jugé intraitable par les moyens chirurgicaux. Toutefois, comme elle continuait à ressentir de grandes doulours, elle se présenta dans le service externe, où l’on fit un nouvel examen attentif. La sonde utérine démontra que la tumeur n'était autre que la matrice très agrandie et allongée ; c'était un cas de subinvolution avec suppression temporaire de la menstruation. Je l’admis à l'hôpital et j'introduisis 50 centigrammes de nitrate d'argent dans la cavité utérine, suivant la méthode déjà décrite.
Cette médication causa des douleurs pendant quelques heures, mais eut l'effet désiré en stimulant l'utérus et en