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rectement appliqué sur la base du pédicule etla tumeur ne sera pas enlevée complètement. Je fis ensuite fonctionner l'écraseur ; le pédicule fut promptement sectionné et le polype retiré avec la pince-érigne (fig. 17). Toute la face
Fig. 17.
Ecraseur appliqué pour la section d'un polype.
interne dela matricefut, après l'opération, cautérisée avec l'acide nitrique fort, dans le double but de prévenir l’hémorrhagie et de faire disparaître tout état morbide de la muqueuse utérine qui aurait pu exister. La malade avait été chloroformisée pendant l'opération. Elle se rétablit sans la moindre complication, put marcher dans la salle quelques jours après, enfin, la menstruation a été, depuis, parfaitement normale.
Cette opération, si facile à décrire, est très difficile à pratiquer. Le polype n’est pas accessible à la vue et ce
n'est qu'avec peine que le doigt l’atteint, même lorsqu'il est attiré en bas par la pince ; l'espace dans lequel vous agissez est tellement encombré par les deux instruments et le doigt, qu'on serait tenté, quelquefois, de se désespérer et de renoncer à passer le fil autour de la tumeur ; même quand vous y êtes parvenu, il arrive que le fil se casse et que tout est à recommencer. Cet accident m'est arrivé deux fois en opérant la femme chez laquelle j'ai extrait le plus gros de ces polypes fibreux.
Je me suis servi d’un fil de fer très fort dans l'observation précédente, et, quoique la base de la tumeur eût 2 centimètres de diamètre, sa force fut suffisante ; néanmoins, si le pédicule est très gros, un seul fil peut, comme nous l’avons déjà dit, ne pas suffire. Je me servais autrefois d’un assemblage de plusieurs fils fortement tordus ensemble, mais il arrive que quelques-uns d'entre eux manquent et que les bouts cassés s’enfoncent dans les parties molles ou s’enroulent autour de l'extrémité de l’écraseur, de facon à l'empêcher de fonctionner, j’y ai donc renoncé et maintenant je me sers, excepté lorsque le pédicule est mince, d’un fort fil d'acier semblable à celui dont on fait les cordes de piano. C’est au D' Kodel que nous devons l'introduction du fil d'acier dans la pratique de cette opération. Bien qu'il soit très rigide, sa manipulation dans l'utérus n’est guère plus difficile que celle du fil de fer si flexible, parce que l’anse d'acier, que l’on fait passer à travers l’orifice utérin, après avoir été nécessairement comprimée se détend, en vertu de sa propre élasticité, en arrivant dans la cavité utérine.
La grande difficulté qu'on éprouve à saisir un polype intra-utérin avec le fil ou la chaîne, a conduit le D' Marion Sims à inventer un écraseur intra-utérin, qui est une merveille d'ingéniosité, mais qui est aussi trés compliqué et n'a pas rempli le but pour lequel il a été fait. Je m'en
rsqu’il suis servi deux fois et il m'a été impossible de l'appliquer; L vous j'ai donc dû l'abandonner complètement, Cette déception ments m'a conduit à chercher si on ne déses- pourrait pas construire un instruneur ; ment qui, moins compliqué, réfilse pondrait cependant au besoin de m'est l'opérateur, et je fis faire l'écrale j'ai seur représenté par la figure 18.
4 Il ne diffère du long écraseur Serva- f ordinaire à fil, que par la tête, ir eût qui a été modifiée de manière à sante ; 1 pouvoir y passer deux petits tupeut, À bes en argent, identiques aux ervais « caaules de Gooch » si connues, it tor- l Ces tubes (a, a), armés d'un fil "e eux ‘4 (b, b) dont la force varie, sont ns les : portés facilement jusqu’à la base té de du polype; on les écarte l’un de j'y ai l'autre, et, tout en maintenant lors- j l’un d'eux fermement, l’autre mbla- est passé autour du pédicule.
st au À Cette manœuvre est très facile acier $ lorqu'on se sert d’un fil de soie très : ou de chanvre, mais on ne pars dif- è vient qu'avec beaucoup de dif- ‘anse h ficulté à passer avec les tuaprès bes un fil rigide autour d’une tu de | tumeur de forte dimension. Tou- 1e.
tefois, j'ai déjà réussi, et cette plype | méthode a produit de temps à
Fig. 18.
fl è E d'Atthill.
Ma- fl autre de bons résultats. Après ie une avoir passé le fil autour de la tumeur, on introduit les iqué
canules dans les ouvertures (ce, c) situées à l'extrémité de n en l’écraseur ; on pousse alors l’écraseur, guidé par les
canules, jusqu'au contact du pédicule, puis on les retire ; on attache le filen det en e et l'opération se complète comme avec l'écraseur ordinaire à fil, En un mot, ce n’est qu’une application des canules de Gooch à l’écraseur,
Aucune partie de la chirurgie utérine n’a fait plus de progrès que le traitement du polype intra-utérin. Avant la découverte du procédé pour la dilatation du col, il était impossible de diagnostiquer, d’une manière certaine, la présence des polypes, L'hémorrhagie et la leucorrhée utérine pouvaient bien les faire soupconner, mais rien de plus; tandis qu'aujourd'hui, pour nous servir des expressions du D' Marion Sims, « non seulement on peut constater avec une certitude parfaite leur existence, mais encore leur volume, leur forme, leur position, leur relation et leur point d'attache », et on peut, au moyen de l’écraseur, les enlever en peu de temps, sans causer de douleurs à la malade, qui est soumise à l'influence du chloroforme, et sans lui faire courir le moindre danger poursa vie.
Le polype fibreux peut prendre racine à la partie vaginale du col, aussi bien qu’à l’intérieur de l'utérus ; il s'opère alors facilement, car, à moins qu’il ne soit bien volumineux, on peut aisément l’entourer avec le fil ou la chaîne d’un écraseur et l'enlever en quelques minutes. Ces polypes, de même que ceux qui, nés à l’intérieur de la matrice, ont été plus tard expuls s de l'organe, ne provoquent pas d'hémorrhagies aussi abondantes que ceux qui demeurent à l'intérieur de l'utérus. Le D' Mac Clintock rapporte de ce fait un exemple remarquable dans son ouvrage « On Diseases of women ». Il enleva du vagin, chez une femme âgée de 50 ans, un énorme polype fibreux, du poids de 1 kilogramme, et la malade n'avait remarqué d'écoulement sanguin que deux ans avant l’opération.