‹ Manuel des maladies des femmes [microforme]Chapitre 28 sur 62 · stomac, * l'injecde l’er · texte numérisé non relu

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une recrudescence de l’hémorrhagie, telle qu'il a fallu tamponner le vagin; toutefois, après plus de soixante injections, il n'y a pas eu la moindre tendance à la formation d’abcès ou de plaies au siège des opérations.

Voici les conclusions à tirer des observa.ions qui précèdent :

1° L'Ergotine pure de Wigger est inerte et inutile en injection hypodermique.

20 L’Ergotine de Bonjean injectée sous la peau produit des effets marqués sur les fibroïdes utérins en diminuant la quantité de l'écoulement sanguin aux époques menstruelles et en abrégeant leur durée, mais son emploi expose aux abcès,

3 L'Exvtrait aqueux (P. B.) a encore plus d'effet sur l’hémorrhagie utérine, mais cause quelquefois de grandes douleurs et peut entraîner la formation d’abcès au lieu de l'injection, abcès que l’on peut cependant presque toujours éviter en retranchant la glycérine de la solution.

J'ajoute que j'ai aussi essayé les disques d’ergotine préparés par MM. Savory et Moore ; mais je les crois heaucoup moins efficaces que l’extrait aqueux.

Vous avez pu voir d’après ce que je vous ai dit que je ne suis pas partisan de l'intervention chirurgicale, lorsque l’on peut l’éviter, dans le traitement des fibroïdes

considérables de l'utérus, et cela pour deux raisons: parce que la grande majorité des fibroïdes suivent d’euxmême une marche supportable pendant des années, ensuite parce que si l’on peut modérer la ménorrhagie, au cas où elle existe, par le tamponnement vaginal, l'injection hypodermique d’ergot et les autres moyens qui sont à notre disposition, il est très probable qu'au moment de la ménaupose, quand les fonctions utérines ne s’accompliront plus avec autant d'activité, la malade éprouvera un

changement favorable dans son état. Mais, par contre, on observe de temps en temps des circonstances où il faut absolument recourir à la chirurgie. L'observation de M. G... que je viens de rapporter en est un exemple. Vous vous souvenez que, par les in‘ections hypodermiques d'ergot, on put modérer l'écoulement menstruel, mais sans amélioration dans l’état général de la malade qui devint de jour en jour plus anémique et plus faible, probablement par suite de ses souffrances, si intenses qu’on fut forcé d’administrer la morphine par le rectum ou sous la peau jusqu'à deux et même quatre fois dans les vingtquatre heures. L’appétit disparut, la pâleur augmentait toujours, ainsi que l’émaciation si c'était possible ; la vie enfin ne pouvaitèêtre longtemps tolérée dans ces conditions. Elle nous supplia en effet de tenter quelque chose qui apportät un soulagement à ses souffrances, se déclarant compiètement indifférente au résultat. Mais toute opération entraînait une grave responsabilité et un danger sérieux. Nous avions affaire à une tumeur qui montait à près d’un pouce de l’ombilic et s’étendait profondément dans le bassin. L'orifice utérin, très petit et situé très loin en arrière, ne pouvait être atteint que très péniblement,; la sonde pénétrait à 12 centimètres, démontrant que toute la matrice était prise. La tumeur elle-même était ferme et assez résistante et j'étais certain qu'il était inutile et dangereux d'essayer de dilater l'orifice utérin pour l'en extraire.

Après mûre réflexion, je résolus d'employer le procédé d’énucléation à l’aide du cautère actuel que j'appliquai largement, à travers un spéculum de bois, sur la partie antéricure du col qui recouvrait la tumeur et faisait en avant une saillie telle qu'on l’atteignait facilement,

Ce qui m'engagea à adopter cetle méthode, ce fut le résultat satisfaisant que le D' Greenhalgh, de Londres, avait déjà obtenu. Voici, suivant lui, quelles sont les con-

ditions essentielles pour assurer le succès : Lo La tumeur doit être interstitielle, 2° Elle doit descendre bas et intéresser le col de l'utérus. 3° Il faut qu'elle repousse en avant le col pour qu'en introduisant le spéculum on puisse parvenir facilement à la partie du col choisie pour l'application du cautère. Le cas que nous étudions réunissait toutes ces conditions. Après avoir endormi la malade au moyen du chloroforme, j'’introduisis un spéculum en bois de forte dimension et j’appliquai, à travers l'instrument, le cautère actuel que je fis pénétrer profondément dans le col jusqu’à ce qu’il eût atteint également la substance de la tumeur. Je placai ensuite dans le vagin une compresse de charpie imbibée de glycérine et j'enlevai le spéculum.

Lorsque les effets du chloroforme furent dissipés, la malade se sentit soulagée de ses douleurs et beaucoup plus à l’aise qu’elle n'avait jamais été, ce qui était probablement dû à la diminution de la tension extrême du tissu utérin, tension qui existait depuis si longtemps et tenait à l'accroissement progressif de la tumeur.

Après la chute de l’eschare on pouvait, à travers l’ouverture pratiquée dans la paroi utérine, sentir la tumeur qui donnait la sensation d’une tête de fœtus perçue à travers un col rigide. Je divisai alors avec un bistouri la partie de la paroi utérine comprise entre l'ouverture faite par le cautère et le canal utérin, et je mis ainsi à découvert une portion considérable de la surface de la tumeur,

Les conséquences ont été la diminution de la douleur et de la perte de sang au moment des périodes; l'état général s’est aussi sensiblement relevé. En dépit de ces bons résultats, il n’y a pas encore la moindre apparence de guérison prochaine; le volume de la tumeur est toujours le même. La santé générale n’en est pas moins meilleure et la malade travaille aujourd'hui comme couturière,

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