‹ Manuel des maladies des femmes [microforme]Chapitre 29 sur 62 · RER SE · texte numérisé non relu

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Je viens de vous donnerunaperçu dela pathologie et du traitement des diverses formes de tumeurs fibreuses, mais avant d'abandonner ce sujet j'ai encore à vous parler de deux phases importantes dans l'étude de ces productions; l’une comprend le développement suivi de régression qu’on observe quelquefois; l’autre l'absorption, la transformation ou même l'élimination fortuite qu’elles subissent.

Toutes les tumeurs fibreuses, surtout les sous-muqueuses lorsqu'elles proéminent dans la cavité utérine, peuvent devenir œdémateuses ; on doit attribuer à cette modification plusieurs observations de fibroïdes qui ont éprouvé d'abord une augmentation de volume, puis une décroissance.

Il faut tenir compte aussi de la menstruation et de la grossesse qui ont également une influence certaine. Souvent une tumeur fibreuse, qui d'ordinaire n’occasionne aucun malaise à la malade, devient le siège de douleurs à chaque époque menstruelle ; j’ai plusieurs fois observé le fait et il est facile de comprendre qu'il y ait expansion de la tumeur à chaque époque; le cas suivant rapporté par le D' Ernest Lambert, de Paris, nous en fournit un exemple : « La malade, âgée de 38 ans, voyait depuis dix ans apparaître avant ses règles une tumeur qui disparaissait pour se montrer de nouveau ; depuis un an elle était devenue permanente et était le siège de grandes douleurs. » Après la mort, on trouva une vaste tumeur fibreuse développée à la surface antérieure de la matrice.

Le même auteur rapporte deux autres cas très intéressants, Le premier est emprunté à M. Depaul, qui fut appelé

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posée, enceinte de trois mois et auprès de laquelle il trouva trois méd ‘ins. Elle avait éprouvé, depuis quelaue temps,

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beaucoup de difficulté pour uriner et aller à la selle; depuis quatre jours ces deux fonctions étaient totalement supprimées ; le cathéter même ne passait que très difficilement. Elle éprouvait de fortes douleurs expulsives et ses souffrances étaient terribles, M. Depaul reconnut de suite la présence d'une grosse tumeur fibreuse remplissant le bassin ; le danger était extrême. M. Depaul atteignit difficilement l’orifice utérin, passa la sonde et provoqua l'avortement. Le jour suivant, expulsion d’un fœtus aussi mince qu'une feuille de carton. La tumeur fut bientôt réduite au tiers de son volume primitif et, quatre mois plus tard, elle n’était pas plus grosse qu’une petite orange ; elle était logée dans la paroi antérieure de l’utérus, près du col.

Le second cas est celui d'une femme, âgée de 44 ans, qui avait eu plusieurs enfants ; elle fut admise à l'hôpital le 21 mars 1869. Les membranes s'étaient rompues avant son admission et les pieds de l'enfant pendaïent dans le vagin. L'enfant fut extrait vivant et, quelques minutes plus tard, le placenta expulsé. En posant la main sur l'abdomen, quelque temps après, on sentit au fond de la matrice une tumeur aussi grosse que la tête d’un fœtus, on crut à un cas de grossesse gémellaire et on procéda à l'examen vaginal, mais sans découvrir aucun fœtus. On ne jugea pas à propos, vu l'expulsion du placenta et l’absence d'hémorrhagie, d'explorer l'intérieur de l'utérus, mais la main, placée sur l'abdomen, perçut facilement une tumeur aussi grosse que la tête d’un fœtus de 8 mois, et, au bas de cette tumeur, une autre plus petite, qui fut prise d'abord pour lie coude de l'enfant; l’auscultation toutefois ne donna aucun bruit de cœur. Le diagnostic restait done très obscur quand la patiente déclara qu'il n'y avait pas lieu de s'alarmer, qu’elle avait eu ces

tumeurs après chaque accouchement et qu'elles étaient toujours disparues en peu de temps.

Le jour suivant la plus grosse tumeur était dans le même état, mais, à la place de la tumeur pointue faisant projection, on en trouvait une autre plus petite et globulaire ; deux jours plus tard on ne sentait plus que la grosse tumeur. La malade fut enlevée par la fièvre le 12 avril, trente-deux jours après la délivrance.

A l'examen post mortem, on constata deux tumeurs fibreuses : la plus considérable était grosse comme une noisette, la seconde était encore plus petite.

Le D' Lambert conclut en disant : « On voit ici une femme qui, au moment de son accouchement, avait deux tumeurs logées dans les parois utérines, l'une avait le volume d’une tête de fœtus à 8 mois, ces tumeurs ont été constatées aussi bien que si elles avaient été mises à découvert, les parois abdominales étant très minces et relâächées; cependant on ne trouve, à l’autopsie, que deux petites tumeurs fibreuses dont la plus volumineuse est à peine grosse comme une noisotte, »

Il n'entre pas dans le cadre de ces lecons d'étudier l'influence de la grossesse sur les tumeurs fibreuses, mais les deux observations que nous venons de rapporter prouvent clairement que la grossesse exerce sur elles une action qui peut devenir dangereuse et cette connaissance devra nous conduire à persuader aux femmes affectées de fibroïdes et qui viendraient vous consulter, qu'elles ne doivent pas songer à se marier.

Il arrive assez fréquemment que les tumeurs fibreuses, abandonnées à elles-mêmes, non seulement changent de caractères, mais même finissent par guérir complètement. Une de ces modifications les plus remarquables consiste en la formation, dans leur propre substance, de cavités ou de kystes. Ce phénomène se produit sur-

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