‹ Manuel des maladies des femmes [microforme]Chapitre 40 sur 62 · EE · texte numérisé non relu

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lorsque la flexion reconnait toute autre cause,

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de reins et du bas-ventre, ses règles étant irrégulières et peu abondantes. On lui conseilla de se rendre à Edimbourg et elle vint se faire traiter par J, Simpson, qui scarilia le coletintroduisit un pessaireà tige. L'instrument dut être retiré par suite de l’inflammation qu'il avait fait naître.

La malade néanmoins se rétablit et retourna chez elle dans un état assez satisfaisant, mais elle eut une rechute qui la mit dans une situation plus grave qu'auparavant : elle éprouvait un malaise, une pesanteur fatigante au voisinage du rectum et ce symptôme augmentait beaucoup au moment des règles, qui se produisaient régulièrement, mais étaient pauvres et s'annoncaient toujours par de grandes souffrances, Finalement elle devint réellement malade et la marche lui était si pénible quelle n'osait même plus traverser sa chambre. A l'examen, + ‘rouvai un utérus rétrofléchi complètement ; le fond, oc-vpant la cavité du sacrum, était très sensible au toucher, :, orifice externe était entr'ouvert, laissait pénétrer aisément l’extrémité du doigt et donnait issue à un liquide semi-purulent abondant. J’appliquai trois fois les sangsues et, quand la sensibilité du fond de l'utérus eut diminué, je plaçai un pessaire de Hodge qui fut porté sans inconvénient ; depuis, son état s'est amélioré définitivement; ses règles durent deux ou trois jours et elle peut vaquer aux soins de son ménage. Elle continue à porter le pessaire.

Dans ce cas les règles, quoiqu’elles ne fussent pas complètementsupprimées étaienttrès sensiblementdiminuées ; c'est le contraire qui se produit presque invariablement

Subinvolution. — Vous devez vous rappeler que souvent, après une couche ou une fausse couche, l'utérus, pour diverses raisons, n’achève pas son travail de régres-

sion et reste volumineux. Dans cet état de subinvolution, ainsi qu'on l'appelle, l'utérus est particulièrement disposé à se fléchir, non seulement parce que le fond est plus lourd qu'à l’état normal, mais aussi parce que les fibres musculaires sont relàchées et que la tonicité de l'organe s'en trouve altérée.

Larétrollexion, suite de la subinvolution, donne lieu aux. accidents les plus graves ; la ménorrhagie en est le plus important et celui qui force les malades à nous consulter.

Nous avons observé dernièrement dans nos salles un cas très prononcé de ce genre d'affection. La malade entra dans notre service pour sa ménorrhagie. Elle nous dit que trois mois après ses dernières couches,ses règles, très abondantes, s'étaient prolongées pendant six semaines et qu'à chacune des époques suivantes la perte avait été considérable. L'examen montra l'utérus en rétroflexion et hypertrophié dans sa totalité, mais 2/7 n'était pas sensible au palper,les rappports sexuels n'étaient pas douloureux, et l'hystéromètre passait sans occasionner de malaise. Vous voyez déjà quel contraste entre ce cas et ceux dont il a été précédemment question! Voici un autre cas dont je trouve l'observation détaillée sur mon livre de notes :

Une femme était accouchée d’un enfant mort-né, après un travail des plus laborieux, cinq mois avant que je la visse. À la suite de sa couche elle fut affectée d’une ménorrhagie pour laquelle on l’envoya aux eaux et on lui prescrivit les toniques, mais sans résultats. Après l’avoir examinée et avoir constaté que l'utérus très volumineux était rétrofléchi, j'acquis la certitude que j'avais affaire à un cas de subinvolution suivie de rétroflexion. Cette femme n’accusait pas de douleurs ; elle était sRADEe par la ménorrhagie, mais rien de plus.

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Tumeurs. — Il est hors de doute qu'une tumeur logée dans la paroi utérine ou occupant la cavité de l'utérus le prédispose aux flexions. La tumeur peut encore déterminer la flexion en repoussant devant elle une des parois de l'utérus quoique l'axe utérin ne soit pas modifié. C’est ce qui s’observait chez la femme dont il est question dans la figure 13 (page 94). L'utérus paraît être antéfléchi, mais, en réalité, la paroi antérieure est simplement repoussée en avant par le polype, à mesure qu'aug'nente son volume.

I] faut bien distinguer l'utérus scit antéfléchi, soit rétrofléchi, d’une tumeur interstitielle ou intra-utérine qui chasse devant elle la paroi de l'organe ou encore d’un fibroïde extra-utérin qui fait saillie à sa surface, L’hystéromètre seul peut éclaircir le diagnostic.

SYMPTÔMES. — D'après tous les détails que je vous ai donnés pour chacune des observations que j'ai rapportées, vous pouvez voir que les symptômes varient beaucoup ; cependant, comme je vais vous le montrer, certains caractères bien tranchés sont communs à tous les cas qui viennent se ranger dans une des divisions que j'ai établies.

Si vous consultez la plupart des ouvrages sur les maladies des femmes, vous verrez mentionnées comme un des symptômes de la rétroflexion une sensation de pesanteur dans le bassin, wne douleur dans les reins pouvant s'irradier jusqu'aux cuisses, ete... Ces symptômes se rencontrent dans presque toutes les affections de l'utérus et ont, par conséquent, peu de valeur comme signes diagnostiques. Quant à l’état de la menstruation, rien n’est moins fixe et Simpson, dans le premier volume de son 7raité dit: «qu'ila vu le flux cataménial être influencé dans des sens tout à fait opposés, l'affection prenant tantôt le

caractère de Ia ménorrhagie, tantôt celui de ladysménorrhée ». Le D' Churchill dit également ae «la menstruation peut être abondante ou douloureuse ou les deux à la fois ». Je ne peux pas m'empêcher de croire que cette contradiction apparente dans la description des symptômes est due surtout à un manque de discernement entre les deux espèces bien distinctes de rétroflexions, résultant de conditiôns différentes du même organe.

Il n’est aucun symptôme pathognostique de la rétroflexion utérine, et je ne me rappelle pas avoir jamais eu, dans ma pratique, des raisons suffisantes pour conclure à l'existence de ce déplacement avant l'examen vaginal; je l’ai souvent soupconnée, mais c’est l'examen qui m'a prouvé l'exactitude de mes suppositions. Ainsi, dans le premier cas dont je vous ai entretenus, les symptômes capitaux étaient l’irrilation vésicale et la difficulté dans la défécation; dans le quatrième, il y avait douleur audessus de l'ovaire et impossibilité complète de la marche ; dans le second cas,ie seu! symptôme manifeste était le vomissement opiniätre ; chez une autre malade, il y avait « faiblesse utérine », et la matrice était tellement sensible au toucher que les rapports sexuels étaient intolérables.

Dans ces cas, si différents sous tous les autres rapports, la menstruation était modifiée de la même manière, elle était toujours beaucoup diminuée. Au contraire, chez les deux autres femmes, la ménorrhagie était le seul symptôme qui avait éveillé leur attention.

Dans une observation qué j'ai dernièrement recueillie quoique la menstruation fût abondante, et affaiblit la malade, le symptôme prédominant était l'existence de violentes crises aouloureuses,

Si la rétroflexion existait dans tous les cas, ses causes étaient bien différentes ; lorsqu'on observait une diminu-

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tion de la menstruation, la flexion était déterminée par

nor-

rua- une congestion suivie d’une énflammation chronique qui à la avait déterminé lentement l’hypertrophie de l'organe. S'il con- y avait ménorrhagie, la flexion dépendait de la subinvomes lution. Le flux menstruel était diminué ou augmenté suis les vant que la flexion dépendait de l’une ou l'autre cause. tant Vous avez vu dans une de ces observations que le vo-

missement avait été le symptôme dominant et qu'il était occasionné par une irritation réflèxe. L’estomae n’est pas le seul organe qui sympathise avec l'utérus en rétroflexion, et les seins peuvent être également affectés. Dernièrement une jeune femme vint me consulter pour savoir si elle était enceinte. Quatre ans auparavant elle était accouchée d'un enfant vivant ; mais depuis, plusieurs grossesses qu’elle avait commencées s'étaient terminées au troisième mois par une fausse couche. Elle avait lieu de

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