LE
plongés dans une seconde baignoire remplie d’eau chaude. Il faut avoir soin de couvrir les épaules. La température du bain de siège et la durée de la séance varient dans chaque cas. L'eau ne doit pas être trop froide et la température de 60° Farenh. est probablement la plus convenable. Le bain, qui se prend au moment du coucher, doit être renouvelé, chaque soir, pendant un certain temps, et dure de 5 à 15 minutes, quand le malade peut le supporter. Il est, naturellement, plus prolongé l'été que l'hiver. Au sortir de l’eau la malade doit être frictionnée avec un essuie-mains, ou un linge rude, et mise au lit immédiatement. S'il se produit un frisson on met aux pieds une bouteille d’eau chaude. Si la femme sort du bain frissonnante ou avec une sensation de malaise il faut ne pas renouveler le bain ou, au moins, le donner considérablement plus court.
Je vais vous parler d’un cas que nous avons dernièrement traité de cette manière : A. M... célibataire, servante presque constamment confinée dans la maison par ses occupations, avait beaucoup souffert de mauxdetête, de douleurs de rein, avec perte de l'appétit et constipation ; elle avait vu, depuis quelques mois, ses règles diminuer et finalement disparaître complètement. Pas de symptômes de maladie constitutionnelle, de congestion, ni d’inflammation locale. Contre la constipation je prescrivis une pilule d’aloès contenant du fer. Les fonctions intestinales se régularisèrent, mais le mal persistaetrien n'indiquait le retour des règles. La strychnine fut prescrite sans résultats. C’est alors que je fis prendre, tous les soirs, un bain froid, tel que je viens de vous le décrire, pendant une dizaine de jours avant l’époque habituelle des règles et j’eus la satisfaction de les voir paraître. Elle furent, il est vrai, très peu abondantes pour commencer, mais leur retour n’en témoignait pas moins en faveur de
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vu chaude.
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JHÉRAPEUTIQUE DE L'UTÉRUS. 517
l'efficacité du traitement. Avant l'époque menstruelle suivante, le traitement fut renouvelé et l'écoulement fut plus prononcé, tout en se rapprochant davantage, sous tons les autres rapports, de l'état normal qu'il ne l'avait fait depuis plusieurs années. La santé générale s'améliora, aussi, d’une manière remarquable.
Contre-indications. — Les bains de siège froids ne sont pas applicables à tous les cas dans lesquels l’aménorrhée est le symptôme principal. Vous ne devez pas les
. prescrire quand vous avez lieu de soupconner une mala-
die constitutionnelle ou quand la femme est faible cet anémique ; mais, si vous savez bien saisir l’occasion, je puis vous recommander sans danger le traitement que j'avais adopté pour la malade dont il vient d’être question.
BAINS cHAUDS. — Les bains de siège à l’ean chaude sont des agents tout aussi précieux que les bains d’eau froide et qui trouvent plus souvent leur emploi: vous m'avez entendu fréquemment les ordonner dans le traitement de l’endométrite chronique, et dans celui de la dysménorrhée, comme .un adjuvant des plus utiles. Je vous engage à faire prendre les bains chauds, ainsi que les froids, au moment du coucher, à veiller à ce que leur température ne dépasse pas celle du corps de plus de trois ou quatre degrés et à ce qu'elle reste la même pendant toute la durée de l'immersion qui doit être de 15 à 20 minutes.
Dans l’endométrite, je fais prendre, quand les douleurs sont très grandes, ces bains tous les soirs pendant plusieurs semaines, excepté pendant les règles.
Dans lamenstruation douloureuse je les prescris pendant huit ou dix jours, seulement, avant l'époque et je fais monter davantage la température (105° Farenh. environ).
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Depuis quelques années Jj'emploie la Ménorrhagie, 20pour soulager
Servir à n'importe quelle heure du jour et, si cela est né-
les sacs d'eau chaude :
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ire, les prescrire cn même temps que les autres remèdes que vous jugerez Convenables,
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pour soulager les douleurs qui accompagnent presque toutes les formes ordinaires des maladies utérines. Peu de femmes, atteintes de ce genre d'affection, qui n’aient à se plaindre de douleurs dans les reins, au-dessus du pubis, dans l’une ou l’autre des régions ovariennes, ou le long des fausses côtes, et presque toutes se trouvent soulagées par l'emploi judicieux des sacs d’eau chaude. Aussi m'étonné-je de ne pas les voir prescrire plus souvent.
La dysménorrhée, surtout d'origine inflammatoire ou congestive, pourra temporairement être soulagée si la malade a soin de porter un sac spinal d’eau chaude pendant une couple d'heures à divers intervalles, dans le courant de la journée ; je dis temporairement soulagée, car je ne pense pas que les sacs aient produit un effet durable dans les cas où je les ai employés.
Nous avons ici deux malades qui ont été soumises à ce traitement.
OBSERVATION I. = M. B... porte une tumeur interstitielle volumineuse; elle ressent de fortes douleurs audessus du pubis, douleurs s'irradiant, en bas, jusqu’à la partie interne des cuisses et qui s’exaspèrent atrocement, surtout à l'approche des règles. C’est un cas favorable au traitement et, en effet, les sacs d’eau chaude produisent un soulagement considérable tout en diminuant d’une facon sensible la perte qui était ordinairement abondante.
OBSERVATION II. =— M. D... fut admise, la semaine dernière, dans un état d’anémie profonde, épuisée par une hémorrhagie utérine ininterrompue pendant trois semaines Elle est tellement faible que je n’ai pas encore osé dilater le col, comme c'est nécessaire, pour recher-
cher la cause de cette perte inquiétante, que l'examen, je pense, nous montrera sous la dépendance d’un état granulaire de la muqueuse intra-utérine, Chez elle, l’application des sacs d'eau chaude diminua l'écoulement et permit de gagner le temps nécessaire pour que l’action des remèdes administrés à l'intérieur pût se faire sentir. Avant ces applications, l’ergot, le fer, laquinine, à fortes doses, avaient été sans effet.
Le traitement des maladies utérines par les applications froides, au moyen des sacs de Chapman, demande beaucoup plus d'attention que le traitement par la chaleur: le dernier, appliqué mal à propos, est inutile ou n’occasionne qu'une augmentation de souffrances, sans conséquences graves, tandis que le second peut être très préjudiciable à la malade.
Les applications froides sont utiles : lo dans certains cas de dysménorrhée, quand on ne peut employer les bains de siège ; 2° pour soulager certains malaises que produit la grossesse ; 3° dans certaines formes de maladies où il existe de fortes douleurs pelviennes et lombaires, compliquées, ou sous la dépendance, exclusivement, d’une irritation spinale.
Certaines femmes affaiblies, qui ne peuvent séjourner dans un bain froid pendant le temps qu’exige le traitement de différentes espèces de dysménorrhée, serontavantageusement traitées avec les sacs de glace de Chapman appliqués sur le sacrum et les dernières vertèbres lombaires, Pour commencer, on ne les laisse que 15 minutes et, s'ils sont bien supportés, on prolonge l'application; mais je crois préférable de la répéter à des intervalles de quelques heures, plutôt que de la prolonger plus longtemps une où deux fois, seulement, par jour. La même recommandation subsiste dans certains cas traités par cette méthode pour atténuer la douleur que la femme attribue
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à l'utérus ou à l'ovaire, mais qui semble dépendre plutôt d'une irritation spinale,
Les applications froides sur la colonne vertébrale soulagent sensiblement les symptômes derloureux qui peuvent se produire au cours de la grossesse. Je ne prétends pas qu'elles réussissent toujours; cependant le remède est précieux, à la condition d'en user avec prudence, car il est susceptible de provoquer l'avortement,
Bandages mouillés, — Contre les douleurs qui accompagnent constamment les maladies utérines ilest un autre remède qu'il ne faut pas dédaigner à cause de sa simplicité, ou parce qu'il est recommandé par une certaine catégorie d'hommes qui sont loin de mériter que nous marchions sur ieurs pas. Je veux parler des bandages abdominauxz mouillés : on plonge dans l’eau le tiers d’une bande de toile suffisamment longue et large ; on applique directement autour du bassin la partie mouillée et on la recouvre avec la partie sèche pour préserver les draps du lit de la malade, ou ses vêtements, si le. bandage est porté de jour, ce qui est facile. Ce bandage est utile, spécialement pour diminuer les douleurs sous la dépendance d'une congestion ou d'une irritation des ovaires, et généralement dans toutes les affections utérines. Mon collègue, le D' James Little, le recommande contre la constipation habituelle; c’est la méthode qu’il emploie pour combattre cet état si commun et si pénible, et elle mérite d'être essayée. Il faut alors, chaque soir, appliquer le bandage pendant un temps assez prolongé.
Vésicatoires. — Ts sont d'un grand secours dans le traitement de plusieurs maladies utérines, surtout dans la métrite chronique ou l’endo-métrite, lorsque les parois de l'organe sont hypertrophiées et indurées et que les sai-
gnées locales, par les sangsues ou les scarifications, n'out plus d'effet sur la douleur. Selon moi, les vésicatoires fréquemment répétés, à des intervalles de quelques jours, agissent mieux. Ils doivent être de petites dimensions, de la grandeur d’une couronne (d'une pièce de cinq francs environ) et je les fais appliquer alternativement sur «e sacrum et au-dessus du pubis, soit encore au-dessus de l'ovaire si c’est là le siège du mal.
Lesapplications d'iode sont quelquefois préférables aux vésicatoires. parce qu'elles n’affaiblissent pas les malades comme € ci le font souvent ; elles doivent, par constquent,être employées chez les femmes affaiblies. Seulement comme elles doivent être continuées pendant des semaines pour produire quelque effet et que les hadigeonnages de teinture, et surtout du liniment d’iode, répétées au même endroit, peuvent déterminer une forte irritation locale, il faut avoir la précaution de les limiter à une petite surface, et lorsque la place devient sensible, de les reporter sur un endroit voisin, On peut ainsi continuer le traitement sans interruption et sans réelles souffrances pour la malade.
Contre douleurs de rein, si communes dans ces affections,, vus recommande un liniment composé de diæ parties du liniment de camphre composé, avec tro parties de teinture d'aconit ettrois parties de chloroforme (P.B.), ou un onguent composé, par parties égales, d'onguent de vératrine et d'iodure de potassium (P.B). On frictionne la partie douloureuse et le résultat est quelquefois satisfaisant.
Mais vous vous apercevrez bientôtque tous ces remèdes ne peuvent, tout au plus, produire qu'un soulagement passager et que pour obteuir la guérison il faut agir sur les parties malades elles-mêmes. C’est ce sujet que je reprendrai, dans ma prochaine lecon.
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LEÇON XVII
Thérapeutique de l'utérus (suite). — Applications vaginales et ulérines. — Injections vaginales. — Applications intra-ulérines, — Traitement médical.
Je vous ai parlé des remèdes que l’on applique, sur la peau, dans le traitement des maladies de l'utérus et des ovaires; nous allons maintenant nous occuper d’une autre classe de remèdes, plus importants encore, que l’on porte directement dans le vagin et l'utérus.
Injections vaginales.— Les injections, dans le vagin, d’eau ou de liquides médicamentés constituent un vieux remède utilisé dans presque toutes les maladies utérines, Bien faites et à propos, elles rendent de grands services mais, dans les conditions contraires, elles sont inutiles, sinon absolument nuisibles.
On se sert assez communément de petits récipients élastiques pouvant contenir de 200 à 300 grammes de liquide et qui sont, selon moi, défectueux, ou, encore, d’instruments réellement dangereux, par exemple de seringues en verre dont l'extrémité est perforée de plusieurs ouvertures. Le verre en est très mince, peut se briser dans le vagin et s’il reste des morceaux dans le canal, il enrésulte de fâcheux inconvénients.
J'ai eu dernièrement à extraire des fragments de seringue et j'ai réussi, sans aucune suite fâcheuse, en introduisant doucement et avec précaution un spéculum dé Fergusson.
Les seringues pour les injections vaginales doivent produire un courant continu. Telles sont les seringues siphon, ou seringues de Higginson. Pour donner l'injection, il faut, autant que possible, que la malade soit couchée sur le dos, les hanches reposant sur un bassin qui . recoit le liquide à mesure qu’il s'échappe du vagin. Mais la plupart des femmes ont de la répugnance pour cette manière de procéder parce qu'elle nécessite la présence d'un aide et vous êtes dans la nécessité de laisser la malade s’injecter elle-même le liquide versé dans un bassin qu'eile place devant elle, ou dans un bain-de-pieds sur lequel elle s’assied. Cette méthode est loin d’étre lameilleure parce que le liquide s'échappe trop rapidement du vagin ct ne le distend pas suffisamment. Quand il n’est pas nécessaire d'employer des lotions médicamenteuses, conseillez à la malade de se servir de la seringue pendant qu'elle prend un bain de siège chaud ; on réussit souvent ainsi à diminuer l'irritation vaginale.
Peu de femmes peuvent, sans fatigue, prolonger l’emploi des seringues-siphons au delà de quelques minutes,
par conséquent, si vous voulez faire arriver pendant assez longtemps un courant d’eau dans le vagin, il vous faudra recourir à d'autres moyens.
Les injections vaginales d’eau chaude, à L:. tempéra- é ture de 98° à 110° Farenh., suivant la nature du cas, sont fortement recommandées par le D' Emmet, de New-
| York, et il est certain qu’elles sont assez souvent efficaces | quend elles sont faites avec soin; mais quatre choses sont nécessaires pour que ce traitement soit utilement
suivi :
1° La quantité d'eau doit être, chaque fois, considérable.
2° La température de l’eau doit être maintenue au même degré.
s doivent 3° Le courant doit être continu,
seringues 4o La malade doit être placée de manière qu'il reste
er l'injec- dans le vaginune certaine quantisé d’eau, suffisante pour
Soit cou- maintenir le canal plus ou moins distendu,
assin qui Je me sers d’un appareil très simple et qui remplit gin. Mais toutes ces conditions (fig. 836,. IL se compose d’un réci- hr. our cette ñ présence 4 er [a ma- j un bassin 3 pieds sur «| e lameil- il ement du ?
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Fig. 36.
Appureil pour injections vaginales,
pient en étain ou en zinc, semblable à ceux que les chirurgiens emploient pour les irrigations, et d'une capacité d'au moins9 litres. Sur le côté du vase et près du fond est adapté un tube en caoutchouc, d'une longueur de 2 mètres à 2 mètres et demi, dont l'extrémité libre est munie
d’un robinet sur lequel s’ajuste, au moment voulu, un tube vaginal ordinaire en gomme élastique long de 30 centimètres environ.
L'autre partie de l'appareil est constituée par un bassin, également de zinc ou d'étain, dans Le genre du bassin de lit ordinaire, et sur le côté duquel, au niveau du fond, est fixé un tube de caoutchouc. Ce bassin doit avoir, en avant, 15 centimètres et va en diminuant, enarrière, jusqu'à une hauteur de 5 centimètres, environ. Le tiers postérieur est pleir et sa surface présente la forme convenable pour que la malade puisse s’y asseoir aisément,
La femme doit être couchée sur un lit dur, ou, mieux encore, sur une table recouverte, si c’est nécessaire, d’un matelas ; ce point est important, car sile vase est placé sur un lit ordinaire, sur un sofa, ou quelque chose d'analogue qui cède facilement, le poids de la malade fera baisser le bassin au-dessous du niveau de la surface du lit et l’eau séjournera au lieu de s’écouler par le tube latéral. Le récipient qui contient l’eau est porté à une hauteur d’un mètre, ou plus, au-dessus du niveau de la couche, soit que l’on place au-dessous un objet de la hauteur voulue, soit qu’on le suspende au mür par un lien assez fort, L'’extrémité du tube fixé sur le côté du bassin vient tomber dans un vase quelconque cet l'appareil est prêt à fonctionner.
On charge un aide de régulariser la température de l'eau et de remplir de nouveau le récipient, si c’est nécessaire, pendant que la malade elle-même peut facilement régler le courant à l’aide du robinet qui se trouve à l'extrémité vaginale du tube, Le tube fixé sur le côté du bassin sert à l'écoulement de l’eau, à mesure qu’elle sort du vagin, et obvie ainsi à la fâcheuse nécessité d’interrompre constamment la douche pour vider le bassin.
Cet appareil bien simple et peu coûteux permet de pra-
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ar un basdu bassin x du fond, avoir, en rière, justiers pos ne conveiment, )u, mieux ‘cessaire, | vase est ue chose Jade fera ace du lit ube laténe haucouche, eur vousez fort, nt tomà fonc-
ture de ’est néfaciletrouve le côté qu'elle té d’inassin, e pra-
tiquer les injections vaginales avec une assez grande facilité.
Vous savez maintenant comment se donnent les injections; mais quelle température le liquide doit-il avoir ? Quels sont les agents à employer et quel degré de force la solution doit-elle avoir? C’est ce que nous allons examiner.
Règle générale, je ne vous conseille pas d'injecter de
liquides très froids dans le vagin. Il est hors de doute que l’eau froide est plus tonique que l’eau chaude, si je puis me servir de cette expression, mais le but de l'injection est, généralement, de diminuer l’irritation et non de tonifier les parois de l'organe. Si vous faites disparaître l'affection locale, la tonicité viendra bientôt comme conséquence. De plus, j'ai vusurvenir après des injections d’eau froide dans le vagin des accidents désagréables et même sérieux : dans un cas de fortes coliques utérines et une douleur intense au-dessus du pubis; dans un autre cas, de si graves symptômes, liés à une cellulite pelvienne, quela vie fut compromise. L’injection d'eau froide avait été donnée pour combattre une ménorrhagie excessive. Je vous recommande donc de mettre le liquide à la température du sang et vous pourrez, en cas de vaginite, le porter à une température plus élevée,
Les agents médicaux employés en injections vaginales sont nombreux mais le nombre de ceux dont je fais usage est très restreint: j'ai remarqué si souvent que les solutions d’alun et de sulfate de zinc nè faisaient qu'augmenter les souffrances de la vaginite que je ne les emploie plus en pareil cas. Ils ont pour effet de coaguler !'albumine qui entre, pour une si grande proportion, dans la composition des écoulements leucorrhéiques et, ‘si vous examinez votre malade dans les vingt-quatre heures que
suivent une injection d'alur, vous trouverez dans le vagin nombre de corps durs formés par la coagulation de l'écoulement et qui présentent de graves inconvénients. Le borate de soude est bien préférable et, s'il est quelquefois irritant, c’est assurément à un moindre degré. Je prescris habituellement 4 grammes de borax pour un demi-litre d’eau.
Pour calmer ou diminuer l'irritation, l'infusion de tabac est un remède excellent mais qui, toutefois, doit s'employer avec prudence, car certaines femmes présentent une sensibilité particulière à son action, celles surtout dont l'orifice vaginal étroit retient le liquide dans le canal. On commence par faire infuser dans un demi-litre d’eau bouillante 25 centigrammes de la feuille non manufacturée, puis s'il ne survient pas d'accidents, 1,50 gr. etmême 3 grammes. L'addition de 2 grammes de borax ajoute beaucoup à l'efficacité du traitement,
Malheureusement beaucoup de malades sont dans l'impossibilité de supporter l’action du tabac qui, même en infusion très faible, leur cause des nausées et jusqu’à des syncopes; si vous redoutez ces malaises pour votrecliente, je vous recommande de remplacer le tabac par une infusion de houblon, 32 grammes pour un demi-litre d’eau bouillante, avec ou sans addition de borate de soude, suivant que vous le jugerez à propos.
On rencontre fréquemment des cas dans lesquels, sans inflammation, ni même irritation, se produit une leucorrhée abondante et débilitante, qu’il faut nécessairement arrêter, et alors les astringents, tels que l'alun et le zinc, dans la proportion de 3 grammes par demi-litre, sont souvent utiles,
Si les astringents provoquent de l’irritation, vous pourrez employer la décoction d'écorce de chêne, mais il sera bon d'avertir qu'elle tache le linge, car il est désagréable
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pour la femme de voir ses vêtements et ses serviettes maculées. Même avertissement pour la solution de nitrate d'argent.
Le nitrate d'argent était, jusqu'à ces derniers temps, le seul remède prescrit dans les maladies de l’utérus; cependant si, dans la vaginite, il offre des avantages, je puis vous affirmer qu'il est presque inutile, comme application locale, dans les affections du corps et du col. On applique le spéculum, puis on baigne la surface vaginale avec une solution de 1,50 gramme de sel pour 32 grammes d’eau. L'application peut être renouvelée à des intervalles de deux ou trois jours. J'ai renoncé au nitrate d'argent ; je crois qu'il est condamnable dans la plupart des cas et qu’on peut, par d'autres moyens, obtenir de meilleurs résultats que ceux qu'il nous donne.
Glycérine. — Parmi tous lesagents destinés à diminuer la congestion et l'inflammation du vagin, la glycérine est, sans aucun doute, un des plus précieux. Un petit bourdonnet de charpie peut absorber 8 à 10 grammes de glycérine ; vous y fixez un fil fort, vous l’introduisez à travers un spéculum et vous l’abandonnez dans le vagin pendant 12 à 24 heures. Vous prévenez votre malade qu'elle ait, après ce temps, à le retirer au moyen du fil qui pend hors de la vulve. Appliquée de cette manière, la glycérine provoque un écoulement aqueux abondant, qui produit une action sensible sur la muqueuse avec laquelle elle est en contact immédiat : le vagin et la partie vaginale du col deviennent plus pâles et l'écoulement abondant marque rarement de modérer, au moins pour quelque temps, cette sensation pénible de chaleur et de brûlure ressentie dans les cas les plus prononcés de vaginite. Quand l'affection devient moins aiguë, il peut être utile d'ajouter 50 centigrammes d'acide tannique par 19,
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