TUMEURS BÉNIGNES DU FOIE
Ce sont principalement les angiomes et les kystes non parasitaires. Elles n'ont qu'un intérêt anatomique.
1° Les kystes non parasitaires ont été étudiés par Hanot et Gilbert; il s'agit parfois de kystes congénitaux extrêmement rares et consistant soit en kystes dermoïdes, dont il n'existe guère qu'une observation incontestable, soit en kystes à épithélium cilié dont quelques observations sont dues à Eberth, à Friedreich, à Girode, et qui paraissent dériver de la distension des canaux biliaires embryonnaires.
Ce sont plus souvent des kystes non parasitaires acquis qui sont divisés en kystes simples, séreux et biliaires. Ils sont rares chez l'homme et paraissent coïncider souvent avec la maladie kystique des reins. Ils siègent de préférence à la face supérieure du foie, mais peuvent occuper toute son épaisseur. Ils ont une forme sphérique ; leurs dimensions varient d'une tête d'épingle à celle d'une orange; leur paroi est mince et transparente ou épaisse et nacrée; leur contenu peut être transparent et séreux, mais aussi rougeâtre, . brunâtre, verdâtre. La paroi de ces kystes est formée d'une couche externe fibreuse, et d'un épithélium d'autant plus haut que le kyste est plus petit. Autour des kystes, il y a souvent de la cirrhose et fréquemment aussi des lésions d'angiocholite.
2° Les angiomes du foie, d'abord mentionnés par Dupuytren, ont été pour la première fois étudiés méthodiquement par Bérard, puis plus tard par Virchow, enfin par Hanot et Gilbert.
Ce sont généralement des petites tumeurs du volume d'une lentille à celui d'une noisette ou d'une noix, rarement uniques, souvent multiples et siégeant habituellement sous la capsule de Glisson qui s'épaissit à leur niveau. Elles sont arrondies, ovalaires ou en forme de cône à base externe, facilement reconnaissables sous la capsule à
leur couleur bleuâtre, violacée ou noirâtre. Sectionnées, elles s'affaissent et laissent voir une structure analogue à celle des corps caverneux.
On a beaucoup discuté, sans arriver à s'entendre, sur le point do savoir si ces angiomes sont en connexion avec l'artère hépatique oile système porte. Autour de ces tumeurs, existe parfois un épaississement fibreux formant coque (angiome fibreux), et souvent aussi du tissu hépatique fortement infiltré de pigment noir, si bien que, dans nombre de cas, on a pris ces angiomes mélaniques pour des noyaux ramollis de cancer mélanique. Enfin parfois l'angiome simule un kyste, parce qu'il existe principalement une grande cavité centrale.
H islologitjuement, ils ont la structure des autres angiomes, c'est-àdire que la tumeur paraît formée d'une série de lacunes vasculaires, séparées les unes des autres par des cloisons conjonctives.
Les angiomes du foie ne sont pas fréquents. Ils peuvent être congénitaux ou acquis. Les congénitaux sont très rares et se traduisent pendant la vie par une tuméfaction dure du foie, car ils sont très volumuieux. Les angiomes acquis sont plus communs chez l'homme que chez la femme. Ils sont surtout fréquents après cinquante ans. Trop petits pour donner lieu à des symptômes cliniques, ils constituent d'ordinaire des surprises d'autopsie. Ces angiomes acquis sont considérés, par la plupart des auteurs, comme absolument différents des angiomes congénitaux : d'après Hanot et Gilbert, ils seraient en rapport avec la congestion hépatique, congestion qui ferait éclater certains des petits vaisseaux.