PARASITES RARES DU FOIE COCCIDIOSE HÉPATIQUE
La coccidioso hépatique a été très étudiée dans ces dernières années, à cause des analogies observées entre les tumeurs coccidiennes et les cancers. Le parasite est la coccidie oviforme. Elle a un cycle vital complexe qui se passe en partie dans le foie, et en partie sur l'herbe où elle est déposée avec les excréments auxquels elle s'est mêlée après avoir été expulsée du foie à travers les voies biliaires.
Cette maladie est très fréquente chez le lapin sauvage ou domestique chez lequel elle provoque une maladie connue sous le nom de gros ventre, maladie qui entraîne la mort. Le foie de ces animaux est hypertrophié et parsemé de masses blanchâtres et caséeuses.
Chêz rhomme, quelques cas ont été observés (Podwissotsky, Sillock, Gubler). Ils ont donné lieu à des symptômes très variés, à tel point que la physionomie clinique est loin d'être fixée. Les lésions observées ont été aussi multiples : cirrhose, abcès caséeux multiples, angiocholite ulcéreuse.
BILHARZIOSE HÉPATIQUE
La bilharziose est une maladie générale, à localisation hépatique possible. On la rencontre surtout en Egypte, en Tunisie et tout le long de la côte orientale d'Afrique.
Le parasite en est la Bilharzia hœm.alobia. Ce parasite se nourrit aux dépens du sang dans lequel il est plongé. Il produit surtout des désordres par ses œufs qui, armés d'un éperon, perforent les parois des vaisseaux dans lesquels ils sont pondus, puis cheminent à travers les tissus qu'ils irritent, d'où l'hématurie quand ils passent par les voies urinaires; la diarrhée, le melœna quand ils s'éliminent par les vaisseaux de l'intestin. S'ils sont entraînés dans le foie, l'organe dur, opaque, présente les lésions d'une cirrhose légère, et l'on trouve, de plus, une quantité d'œufs accumulés dans la veine porte et le parenchyme hépatique.
Les signes cliniques de l'envahissement hépatique restent d'ordinaire effacés, au milieu des autres symptômes plus importants, dérivant de l'atteinte des autres organes. Toutefois, on constate toujours qu'il existe de l'ictère. Le ventre est gros, météorisé, parce que le foie et la rate sont très développés et qu'il existe une ascite très marquée.
La bilharziose évolue de façon progressive et sans fièvre. Elle peut durer fort longtemps chez des individus revenus en Europe.
:i06 MALADIES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES.
Son diagnostic se fait par l'examen des urines ou des matières fécales
Fig. 174. —Embryon Fig. 175. — Onze œuls de Bilharzia incrustes ilans la de Bilharzia libre muqueuse intestinale (Lelulle).
(Patrick Manson).
dans lesquelles on retrouve des œufs qui, d'une part, ont une taille
HÉPATITES SPÉCinOUES, — DISTOMATOSE.
considérable et, d'autre part, ont une forme caractéristique due à la présence d'un éperon polaire.
DISTOMATOSE HÉPATIQUE
La distomatosc hépatique peut être produite par plusieurs espèces de distomes, en particulier le Distomiimhepaticum et le Distomumsinense.
Le Distomum hepalicum ou Fusciola hepatica de Linné est très rare chez rhomnàe, très fréquent chez le mouton auquel il cause une maladie grave appelée cachexie aqueuse, maladie qui tue un grand nombre d'animaux dans les troupeaux en France, en Angleterre et en Allemagne. Les distomes sont introduits dans les voies digestives.
Ils perdent leur queue, acquièrent progressivement les caractères de la douve hépatique, remontent les voies biliaires et déterminent une cirrhose du foie et consécutivement l'atrophie de cet organe.
Le Distomum sinense est plus fréquent chez l'homme. Il a été décrit en 1874 simultanément par Mac Connell dans l'Inde, et par Mac Gregor à Maurice. De plus, la maladie existe fréquemment en Corée, au Tonkin, en Chine, au Japon. Il semble que la pénétration du parasite se fasse par l'eau d'alimentation. Les indigènes qui cultivent le riz, boivent l'eau de leurs fosses d'u-rigation et s'infectent ainsi. Le parasite passe dans l'intestin et, conmie le précédent, remonte dans les voies biliaires où il s'arrête, se nourrissant du sang puisé dans les vaisseaux du canal biliaire, et déterminant de l'angiocholite, puis de la ch-rhose.
Les signes cliniques consistent en ictère avec accès fébriles, tantôt rémittents, tantôt intermittents; à l'examen, on constate une hypertrophie douloureuse du foie et de la rate.
Fig. 176. — Aijpareil reproducteur .de Fasciola liepaiica ( d'après Sommer); 0, branche ramifiée du tube digestif; Bo, vitellogonc; Dr, ovaire ou germigône; D, bouche; Ov, oviducte ou utérus; S, ventouse postérieure ; T, testicule (R. Blanchard).
MALADlIiS DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES.
L'évolution est lente, durant de une à plusieurs années, et généralement se termine par la mort qui survient au milieu des symptômes caractéristiques de l'obstruction biliaire chronique. La guérison S3rait possible dans quelques cas où la douve, parvenant à s'échapper des voies biliaires, serait expulsée par les fèces.
Le diagnostic peut se faire sur l'aspect des œufs que l'on trouve dans les matières fécales, et qui se reconnaissent à leur coque noire et à leur clapet.
LOMBRICOSE HÉPATIOUE
L'Ascaris lombricoides, parasite très fréquent de l'intestin humain, pénètre quelquefois dans le canal cholédoque. Il peut alors tomber
Fig 177 — Différents œufs d'helmiathes trouvés dans les selles; /, Teenia saginala; 2, solium; 3, bothriocéphale ; //, ascaris; 5, ankylostome; 6, oxyures; 7, Incliocéphale; S, anguillule ; 9, bilharzia (D'après LeluUe).
dans la vésicule biliaire ou rester engagé dans un des gros conduits. S'il reste dans le cholédoque, il détermine l'obstruction biliaire avec ses conséquences possibles et en particulier l'angiocholécystite suppurée. Il suffit de se reporter à l'étude que nous consacrons plus lom aux angiocholites lithiasiques, pour comprendre comment cette obstruction biUaire peut retentir sur le foie.
NÉOPLASMES DU FOIE
Les néoplasmes du foie comprennent d'une part des tumeurs bénignes et d'autre part des tumeurs malignes, ces dernières étant de beaucoup les plus importantes.