‹ Manuel des maladies du foie et des voies bilairesChapitre 119 sur 210 · C. RÉGIMES ET PRESCRIPTIONS SPÉCIALES AUX LITHTASES DONNANT · texte numérisé non relu

C. RÉGIMES ET PRESCRIPTIONS SPÉCIALES AUX LITHTASES DONNANT

LIEU A DES CRISES DE COLIQUES EXPULsivEs. — On pcut formuler ce traitement de la façon suivante dont Chauffard a montré les bons

LITHIASE BILIAIRE.

olïets. Pendant dix à vingt jours par mois, le malade absorbe quotidiennement 1 à 2 grammes de salicylate et autant de benzoate de soude, ainsi qu'une petite quantité de sel de Garlsbad (1 à 2 grammes) le matin. A ce traitement, on ajoute une fois tous les huit à dix jours, vingt gouttes d'huile de Haarlem, prise le soir en se couchant.

Ce traitement méthodique doit être suffisamment prolongé, au moins un à deux ans. Il ne saurait agir sans l'adjonction d'un régime ahmentaire extrêmement sévère, qui sera d'abord limité au lait absolu, et de préférence au lait écrémé.

Le lait et ses dérivés (képhir, yoghourt) ont l'avantage de maintenir à son plus faible degré le microbisme intestinal, et par conséquent de protéger les voies biliaires contre l'invasion ascendante des germes.

Un peu plus tard, on peut ajouter au régime lacté des farineux, des pâtes, tous aliments qui préservent l'intestin de la multiplication trop rapide des germes. Après quelque temps, on permettra une petite quantité de viande, car l'alimentation carnée est celle qui fournit le plus d'acides biliaires, et ceux-ci sont nécessaires à la solubilisation de la cholestérine ; toutefois, il faut rester modéré, car l'excès de viande provoque l'acidification des humeurs. Le poisson frais, maigre, peut d'ailleurs remplacer la viande. On y joindra un peu de graisse, car la graisse solubilise aussi les sels biliaires alcalins. Une petite quantité sera d'ailleurs suffisante, étant donné que ces malades les digèrent souvent mal. Il faut choisir les variétés faciles à digérer, celles qui s'émulsionnent le plus complètement : crème de lait, beurre frais et non pas cuit, lard, viandes grasses.

Les légumes herbacés, les fruits bien mûrs seront donnés largement, car ils ont l'avantage de fournir une grande quantité des bases minérales. De plus, ils activent les fonctions alvines, ce qui est de première importance.

Le vinaigre, le poivre, les épices, la moutarde doivent être proscrits. Au même titre seront défendus l'alcool, les liqueurs, le vin pur. Autrefois, on défendait énergiquement tous les aliments contenant de la cholestérine, en particulier la cervelle, les œufs et le boudin. Il ne paraît pas nettement établi que l'ingestion de quantités modérées de cholestérine influe, en quelque manière que ce soit, sur la proportion de cette graisse contenue dans la bile. Aussi pourra-t-on permettre les œufs qui, d'après les expériences de Pawlow, sont les plus puissants excitateurs de la sécrétion biliaire.

Les aliments riches en chaux et les eaux calcaires subissaient naguère le même ostracisme que les précédents, mais c'est à tort qu'on craignait qu'ils augmentent la chaux et la bile. Cette dernière

ggg MALADIES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES.

catégorie d'aliments n'est, malgré tout, pas à recommander, car elle engendre souvent des troubles digestifs.

A ce régime seront jointes des prescriptions hygiéniques, en particulier celles de la vie active au grand air. Le massage de l'abdomen, les grands lavements froids, l'hydrothérapie, trouveront leur indication dans la nécessité de provoquer une circulation active de la bile et d'éviter ainsi la stagnation. Enfin les cures hydro-minérales jouissent d'une réputation méritée. Les eaux de Vichy, d'Evian, de Vittel aident puissamment l'action du régime : elles doivent être employées systématiquement et plusieurs années de suite.

D. PRESCRIPTIONS SPÉCIALES AUX LITHIASES QUI SE TRADUISENT SURTOUT PAR DES COLIQUES A TYPE VÉSICULAIRE. — Il faut, daUS CCS

cas, chercher à obtenir la tolérance vésiculaire : dans ce but, Gilbert conseille le repos absolu au ht, le régime exclusif du lait écrémé pris par petites fractions souvent répétées, les apphcations émolHentes sur la région vésiculaire, les suppositoires de belladone. Quant aux cholagogues et aux purgatifs, ils seront systématiquement écartés, de même que les cures minérales fortes, auxquelles on préférera l'action calmante d'Évian ou de Vittel.

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