I. — La cellule hépatique à l'état isolé
La cellule hépatique constitue l'élément noble du foie : elle apparaît, d'après Hering, comme un polyèdre à huit faces
Fig. 23. — Foie de lapin (Ralhery).
Cellules en « état granuleux ». Fis.
au liq. J de Laguesse. Color. Galeotti.
Fig. 24. — Cellule hépatique en état granuleux (Rathery),
quelquefois réguhères, plus souvent irrégulières, mais de diamètres égaux.
(1) GÈRAUDEL dans .son livre récent sur le « Parenchyme hépatique », auquel nous empruntons une série de figures, a été amené à conclure que « le tissu hépatique n'est pas, comme le bourgeon biliaire, un dérivé direct entodermique. à type épithéhai, mais un dérivé mésodermique à type paronchymateux construit sur le plan très simple d'un réseau de travées cellulaires, intriqué avec un réseau d'espaces vasculaires ». Cette notion d'anatomie normale, d'après laquelle le parenchyme hépatique et les voies biliaires constituent deux formations de valeur morphologique distincte, devrait, d'après Géraudel, dominer toute l'étude des déviations morphologiques du loic, mais c'est une notion qui mériterait d'ôtre bien prou- Tée anatomiquement, avant qu'on en puisse tirer des conclusions analomo-cliniques. Debove, AcHAnD et Gastaione. — Tube digestif. III. b
,66 MALADIES DU FOIE ET DES VOIES lîILlAIUES.
lo Le NOYAU est arrondi, vésiculeux, se colorant faiblement par
les réactifs: nucléaires. . . • . .
2°Le PROTOPLASMA part du noyau sous forme de travées délicates qui dessinent des mailles, à l'intersection desquelles soat.des granulations. .Ces mailles radiées vont rejoindre, à la périphérie de chaque cellule^ une mincë bordure constituée par une lame de protoplasma ho.mogène, sans granulations ni vacuoles. C'est cette lame qui limite la cellule, car il n'y a pas de membrane d'enveloppe. Le protoplasma lui-mêmé comporte deux éléments différents : ce sont d'Une part une substance
Fig. 25. F'S- 20.
Cellules hépatiques en état granuleux (Ralhery).
hyaline, et d'autre part une substance filamenteuse, formant comme un réseau. Aux points de rencontre des filaments, il existerait des corpuscules arrondis qui, d'après des recherches récentes d'Arnold, constitueraient les centres sur lesquels se déposeraient, au cours des manipulations histologiques, tous les corps contenus en excès dans les cellules hépatiques, si bien que, d'après cet auteur, non seulement les granulations glycogéniques, mais toutes celles que contient la cellule, ne seraient que des artifices de préparation.
On doit pourtant continuer à les décrire, car même en admettant que, dans la cellule vivante, les substances en question n'existent pas sous forme de granulations, il n'en reste pas moins vrai que leur présence constitue un fait intéressant pour la physiologie hépatique, et leur précipitation granuleuse permet d'étudier, grâce aux réactions histochimiques, un certain nombre des produits de l'activité cellulaire du foie.
On admettait autrefois, et tous les livres classiques le répètent encore à l'heure actuelle, que la cellule hépatique peut présenter des aspectsvariables, suivant que l'animal sacrifié est en pleine période diges;-
STRUCTURE DU l'OIE,.
tivc OU en état d'inanition. On croyait que dans les périodes de jeûne la cellule est trouble, mal délimitée, à noyau peu distinct, pleine de granulations pâles qui représentent les matériaux de la sécrétion biliaire. Au contraire, on pensait que, dans les périodes digestivcs, les cellules sont volumineuses, à parois nettes avec un noyau très visible, et que la réaction iodo-iodurée y montre la présence de glycogène en abondance. On admettait ainsi deux phases, en quelque sorte opposées, dans l'activité cellulaire : phase bihgénique, phase glycogenique. Cette description paraît, à l'heure actuelle, bien sché-
Fig. 27. — Foie de lapin (Ratliery). Cellules Fig. 28. — Cellule hépatique en « étal en « état clair ». Fixation au Lindsay. clair » (Rathei'y)..
Coloration Galeotti.
matique, et l'on "doit se contenter de décrire deux espèces de cellules, les unes claires, les autres sombres ou granuleuses, mais l'on n'est pas d'accord sur la nature de chacune d'elles, malgré les travaux de Gilbert et Jomier, de Bernard et Lœderich, de Fiessinger. Nous avons pour notre part tendance à accepter les conclusions de Rathery (1).
3° L'ÉTUDE DES GRANULATIONS DE LA CELLULE HÉPATIQUE, c'ost-
à-dire des produits d'élaboration, doit porter sur le glycogène, les pigments et la graisse.
A. Glycogène. — Claude Bernard croyait que le glycogène se trouve à l'état de granulations dans la cellule hépatique. En réalité, cette
(1) Rathehv s'est élevé récemment contre l'opinion des auteurs qui admettent que l'état clair représente l'aspect normal exclusii' des cellules hépatiques. L'élat granuleux est constaté clia(iuc l'ois qu'on s'est servi pour l'élude d'une cellule normale du l'oie du fixateur J de Lagucsso avec coloration de Galeotti. Il est donc indispensable d'apré.s iiatiiery, dans toute étude- histo-pliysioiogique de la cellule hépatique, de tenir compte de l'état granuleux.
substance n'apparaît sous forme de grains, que si le foie a été fixé dans l'alcool fort; physiologiquement, selon 1 expression de Renaut, il se comporte vis-à-vis du protoplasma, tout comme un liquide sirupeux qui gonfle une éponge. .x, i •
Sa recherche, dans les cellules hépatiques normales ou pathologiques, peut être du plus haut intérêt ; aussi est-il nécessaire de savoir, pour mener à bien cette étude, que les cellules hépaliques se débarrassent de leur glycogène après la mort, mais dans un délai variable suivant
les époques de l'année, et beaucoup plus rapidement l'été que l'hiver. Ceci explique, comme l'a justement fait remarquer Renaut, que, sur les cellules hépatiques du cadavre, on ne voit jamais le réseau protoplasmique et qu'on ne constate pas les réactions du glycogène.
De même, les fixateurs usuels (le hquide de Muller en particuher) dissolvent le glycogène. L'alcool, au contraire, le coagule; l'éther ne le dissout pas. Connaissant ces propriétés principales du glycogène, on pourra pratiquer des coupes de foies normaux ou pathologiques, pour faire l'étude de sa distribution. Il suffira de prélever, aussitôt que possible après la mort, des fragments de la glande ayant de 2 à 5 millimètres d'épaisseur, et de les plonger directement dans l'alcool absolu, de telle façon que le fragment soit suspendu à la partie supérieure du Uquide et qu'il soit pénétré de toutes parts. La fixation sera ainsi très rapide ; on fera ensuite des mclusions au collodion par les procédés habituels. Les préparations sont alors reçues dans un cristallisoir rempli d'alcool absolu, pour éviter le contact des coupes avec des hquides capables de dissoudre ou d'altérer le glycogène. A peine disposées sur les lames, les coupes doivent subir une demi-dessiccation pour assurer leur adhérence et les débarrasser de leur excès d'alcool. Puis on fait agir sur elles une solution de gomme iodée : on reconnaît alors le glycogène à sa coloration brun-acajou, se détachant sur un fond jaune uniforme.
Fig,
29. — Foie de chien nourri avec des pommes de terre et du sucre.
STRUCTURE UU TOIE.
Par l'emploi de cette méthode, on se rendra compte des variations du glycogène, à l'état physiologique et pathologique. Disons simplement ici'^que la'^quantité de glycogène est très variable, selon les animaux et selon leur état de nutrition. Ranvior, en opérant sur le rat, a montré qu'après quarante-huit heures de jeûne, il ne reste plus de glycogène dans les cellules hépatiques : les mailles protoplasmiques sont alors distendues par un liquide de remplacement, qui n'a ni les réactions du glycogène, ni celles de la graisse. Il semble donc que le glycogène prenne naissance sur place, aux dépens des substances fournies par la digestion, et dans des vacuoles qui, en dehors des périodes nutritives, sont remplies par un hquide aqueux.
Si, pendant le jeûne, le glycogène tend à disparaître, en revanche, pendant la digestion, il devient fort abondant. C'est environ six heures après le début de celle-ci, que des modifications commencent à se manifester dans la cellule hépatique qui devient turgescente. Au bout de douze heures, la cellule atteint son maximum de turgescence, les granulations glycogéniques deviennent si abondantes qu'elles cachent le réseau protoplasmique. Elles forment de grosses gouttes d'une substance claire, brillante, que le sérum iodé colore en brun-acajou. En somme, on voit que la cellule hépatique, pendant les douze premières heures de la digestion, fabrique du glycogène, et l'on est amené naturellement à conclure que, pour fournir ce produit, la cellule utilise les aUments assimilés au cours de la digestion.
De dix-huit à vingt-quatre heures après la digestion, la cellule a repris l'aspect granuleux que nous avons décrit précédemment.
Chez le lapin, l'infiltration glycogénique existe dans les cellules qui entourent la veine centrale, tandis que chez le chien et aussi chez l'homme, comme Brault l'a signalé au cours de certaines cirrhoses, le glycogène s'oriente constamment autour de l'espace porte.
Fiff. 30.
— Foie de chien soumis à l'inanition depuis 67 heures.
Là région du foie qui en contient le plus, est toujours la zone sousjacente au péritoine ; on en trouve encore là, quand tout le reste du! parenchyme en est dépourvu.
Au point de vue de la variation de la richesse glycogénique selon les régimes, Gilbert et Jomier ont fait les constatations suivantes : dans les régimes gras, le foie n'offre qu'une richesse médiocre en glycogène; celui-ci est plus abondant dans le régime carné; plus abondant encore dans le régime de la lactalbumine. Le régime mixte s'accompagne d'une richesse glycogénique très appréciable. Dans le régime du pain et des légumes additionnés ou non de sucre, le foie présente sa teneur la plus forte en glycogène.
L'inanition chez le lapin ne fait pas disparaître, d'une façon totale, les granulations du glycogène. Après un jeûne de sept jours, les lapins en présentent encore plus ou moins. Au contraire, trois chiens sur six n'en avaient plus trace au bout du même laps de temps. Ces résultats vont à l'encontre de la notion courante, d'après laquelle le foie du chien se dégarnirait de son glycogène bien plus lentement que celui du lapin.
Quand, à un chien en état d'inanition, on fait absorber du sucre, on peut étudier l'évolution histologique du glycogène en sacrifiant les animaux d'heure en heure. On note ainsi que le glycogène apparaît dans le foie entre la première et la deuxième heure de l'absorption du sucre. Huit heures et demie déjà après l'ingestion de 4 grammes de sucre par kilogramme d'animal, les cellules de la périphérie du lobule, commencent à s'en dégarnir, et au bout de vingt-quatre heures il n'existe plus de traces du sucre absorbé. Cette rapidité d'évolution du glycogène dans le foie est à retenir, car nous l'opposerons à la lenteur de l'évolution de la graisse dans le même organe.
B. Pigments. — Après lavage du foie, le tissu hépatique complètement débarrassé- de sang paraît de couleur fauve, assez claire,- et cette teinte est attribuable à différents pigments qui sont au nombre de deux principaux :
Le pigment ferrugineux soluble dans l'eau, à spectre continu, contenant à peu près tout le fer du foie.
Le cholédrome de Dastre, qui ne contient pas de fer, est solublo dans le chloroforme, insoluble dans l'eau et semble intermédiaire entre les pigments biliaires et les lipochromes.
Les pigments biliaires n'existent pas dans la cellule hépatique normale, sans doute parce que leur excrétion est continue et qu'ils sont en solution faible. Dès qu'il y a la moindre cause de rétention, ils deviennent très facilement visibles.
G. Graisse. — Indépendamment des granulations glycogéniques et
STRUCTURE DU FOIE
biliail'esi la collulo hépatique renferme des granulations graisseuses qui deviennent confluontes dans les foies gras.
Les recherches do Gilbert et Jomier ont modifié sensiblement nos connaissances à ce sujet : aussi résumerons-nous ici les principales conclusions de la thèse de Jomier.
La présence des granulations graisseuses doit être considérée comme constante dans la cellule hépatique. Si l'on emploie la méthode de Flemming dans toute sa rigueur, on constate toujours des granulations noires de graisse, tantôt sous forme de points ronds, tantôt sous l'aspect de fine poussière.
La localisation de la graisse se fait, par ordre de fréquence : dans la cellule hépatique elle-même, surtout autour des capillicules biliaires intra-lobulaires ; dans les cellules étoilées; dans les capillaires des deux tiers externes du lobule, sous forme de blocs qui en obstruent la lumière ; dans l'épithélium des canaux biliaires ; entre les faisceaux conjonctifs des espaces portes.
Évolution de la graisse dans le foie. — Le jeûne absolu ne dégarnit pas le foie de sa graisse. Il est vrai que, pendant au moins huit jours, le sang lui en apporte qui vient des autres réserves.
Dans le régime du pain et des légumes, ou dans le régime mixte, le foie est très pauvre en graisse. Dans le régime de la lactalbumine <3u de la viande sans graisse, il est moyennement riche en granulations graisseuses. Dans le régime du lait et de ses dérivés (beurre, crème, etc.), on obtient les résultats les plus variables : tantôt beaucoup de graisse, tantôt peu ou pas de graisse colorable. Il est possible que, dans ce dernier cas, cela tienne à ce que les graisses accumulées ne sont pas colorables par l'acide osmique.
La graisse d'ingestion apparaît, dans le foie, entre la septième et la neuvième heure chez le lapin, entre la cinquième et la septième chez le chien. Elle n'en disparait habituellement que d'une façon très lente, et y manifeste encore sa présence cinq jours après l'absorption d'une quantité minime. Il y a là une opposition très nette avec ce qui se passe pour le glycogène, qui disparaît aussi rapidement qu'il se régénère vite. C'est que le glycogène constitue une réserve, destinée aux dépenses immédiates de l'économie ; la graisse, au con-i traire, est une réserve de fond, moins directement utilisable. Il n'y a rien d'étonnant, dès lors, à ce que la teneur en glycogène varie, d'une façon plus rapide et plus marquée que la graisse, avec le régime.
Ainsi donc, les réactifs microchimiques nous montrent la formation ou la fixation, au niveau de la cellule hépatique, d'un grand nombre' de substances (glycogène, pigments n\ultiples, graisse, etc.). MaiS' elle contient encore beaucoup de produits que le microscope ne peut' pas déceler (ferments hépatiques, alcaloïdes, poisons d'origine-
exogène ou endogène, etc.), et dont seule la physiologie nous montrera toute l'importance.
Il — Appareil excréteur de la cellule hépatique.
Ce qui achève de donner aux cellules hépatiques leur individualité, c'est que chacune d'entre elles possède non seulement un système sécréteur représenté par le protoplasma et son contenu, mais encore un système excréteur formé par les surfaces de contact de la cellule avec les voies sanguines et bihaires, dans lesquelles elle peut déverser son contenu; aussi peut-on dire, avec Gilbert et Carnot, « que la cellule hépatique avec son centre d'élaboration et ses deux voies d'évacuation, représentées par les contacts capillaire et canaliculaires, reproduit, en miniature, l'organe total ».
1° CONTACT CELLULO-SANGxnN. — Lcs rapports de la cellule hépatique et du capillaire sanguin sont extrêmement intimes, au point que, si l'on isole les cellules glandulaires, elles emportent souvent avec elles un lambeau de la paroi du vaisseau. Cette intimité de rapports est encore prouvée par ce fait que, si les vaisseaux sont vides, comme il arrive pour les sujets morts par hémorragie, la face vasculaire de la cellule est plane ou légèrement convexe, tandis qu'elle se creuse d'une encoche, dès que les vaisseaux se remplissent. Dans les foies congestionnés, on voit s'exagérer cette sorte d'encoche que porte le bord cellulaire.
Le capillaire est composé d'une simple lame de protoplasma très mince et continue, sur laquelle l'imprégnation au nitrate d'argent ne dessine aucun liséré ; aucun réactif d'ailleurs ne permet de diviser en cellules cette paroi mince et parsemée de noyaux. On constate donc ici le type embryonnaire des capillaires et, si l'on ajoute que cette paroi protoplasmique n'est doublée d'aucune fibrille protoplasmique, on conçoit combien les échanges sont facilités.
2° CONTACT CELLULO BILIAIRE. — Dans Ics foics tubulés, c'està-dire lorsque les cellules sont agencées de façon à former, par leur réunion, de petits tubes sécréteurs, la continuation du tube formé par ces cellules hépatiques avec le canalicule biliaire est absolument complète, les cellules hépatiques succédant sans transition aux cellules biliaires dans la bordure du canalicule.
Dans le foie lobulé de l'homme, où les cellules sont groupées non pas en tubes, mais en amas, d'organisation plus complexe, les rapports, quoique n'étant pas aussi simples, n'en sont pas moins intimes. Comme l'ont montré Gerlach, Eberth, Hering, les capillaires biliaires dessinent un réseau anastomotique continu, et viennent se terminer entre deux cellules hépatiques. Legros a décrit un endothélium inter-
STRUCTURE DU TOIE.
posé entre la cellule hépatique et la lumière du canal, mais sa conception est complètement rejetée à l'heure actuelle, et Ton admet que l'origine de chaque canalicule biliaire se fait entre deux cellules qui en bordent la lumière et en constituent elles-mêmes les seules parois.
3° CONTACT cELLULO-cELLULAiRE. — Pour Compléter l'étude des rapports cellulaires, il reste à envisager ceux qu'elles affectent entre elles, car elles s'accolent pour constituer, dans les lobules du foie, de petites colonnes ou cordons anastomosés. La cellule, étant polyédrique, se trouve en rapport avec un assez grand nombre de cellules voisines, huit à dix pig. 31. Cellules hépatiques de la grenouille, pour Kôlhker. On"^ pense
que l'adhérence cellulo-cellulaire est réalisée par une sorte de ciment, car, sous l'influence du nitrate d'argent, on fait apparaître, entre les cellules, une bande noire témoignant que le nitrate a été absorbé par une substance spéciale.
En somme, la cellule hépatique est en rapport par deux faces différentes : d'une part avec le capillaire sanguin, voie de la sécrétion interne, par V intermédiaire d' une très mince couche endothéliale amorphe ; d' autre part avec la lumière du canalicule biliaire quelle horde sans aucune interposition. L'excrétion est donc extrêmement facile dans les deux sens ; la cellule hépatique, possédant ses deux voies propres d'excrétion, dirige alternativement ses doubles produits de sécrétion du côté des deux pôles excrétoires : le capillaire ou le canalicule. En un mot, de plus en plus l'étude anatomique et physiologique du foie, se trouve réduite à l'étude de la cellule hépatique et de son fonctionnement. Il y a peut-être cependant une trè? légère réserve à faire, en ce sens que l'endothélium vasculaire intra-hépatique joue un rôle dans la fonction dépuratrice du foie, et que les cellules des voies biliaires interviennent, pour la plus grande part, dans la formation de la cholestérine. Mais le rôle accessoire joué par ces deux ordres de cellules, n'empêche pas que la cellule hépatique domine à elle seule l'étude anatomique et fonctionnelle du foie.
Les autres dispositions anatomiques, sont accessoires et du reste variables suivant les animaux. C'est ainsi qu'un foie fonctionne de la même façon, qu'il soit plus ou moins allongé, plus ou moins lobé, etc. Quant à la disposition de la charpente vasculo-canaliculairc, son rôle est de réaliser l'architecture du lobule biUairc, nullement indispensable
pour le fonctionnement qui est toujours le même, quel que soit, l'arrangement du lobule. Gilbert et Carnot, qui ont eu le grand mérite de mettre en relief toutes ces considérations, sur lesquelles nous insistons d'après eux, ont montré que l'importance très accessoire •des formes lobaires et lobulaires est prouvée encore par l'étude histologique de la régénération du foie, des greffes et des néoplasmes hépatiques. Il ressort de cette étude que seule la cellule hépatique est nécessaire et suffisante, pour assurer les fonctions du foie.
Texture du foie.