‹ Manuel des maladies du foie et des voies bilairesChapitre 139 sur 210 · ENFIN, EN PRÉSENCE D'UNE RÉTENTION BILIAIRE PERSISTANTE · texte numérisé non relu

ENFIN, EN PRÉSENCE D'UNE RÉTENTION BILIAIRE PERSISTANTE

NETTEMENT RECONNUE, et quelle qu'en soit la cause, on devra toujours se préoccuper de l'existence possible d'une cirrhose surajoutée.

Traitement.

Le traitement de la cirrhose bihaire est sensiblement le même que celui des angiocholites chroniques et de la cholémie famihale; c'est pour cela que nous avons tenu à résumer la thérapeutique de ces différentes maladies dans un seul chapitre. Nous l'exposerons telle qu'elle a été établie par le professeur Gilbert, et dans la thèse de Lereboullet.

I. Le RÉGIME ALIMENTAIRE est uu dcs éléments fondamentaux. Pour amener un résultat, il devra être strict et même très sé-

LES CIRRHOSES BILIAIRES.

vère, surtout au début du traitement, puis on passera successivement aux deuxième et troisième phases que nous allons indiquer.

Premier régime. — Le malade se nourrira exclusivement de lait écrémé. Il en prendra de 2 litres et quart à 3 litres dans les vingt-quatre heures. Il l'absorbera par très petites fractions, répétées tous les quarts d'heure.

Pendant ce temps-là on prescrira le repos absolu au ht et on surveillera les fonctions intestinales, car il surviendra quelquefois de la diarrhée, plus souvent de la constipation.

Ce régime sera maintenu pendant une période de temps variant entre deux et quatre semaines.

Deuxième régime. — Le malade fera quatre repas : au premier et au troisième, il prendra un tiers de htre de lait écrémé. Au deuxième et au quatrième on lui permettra un potage ou une bouillie au lait (semoule, tapioca, vermicelle, farines diverses préparées chaque fois avec un tiers de htre de lait écrémé); on ajoutera à chaque repas deux cuillerées à café de confitures en gelée, deux cuillerées à café de marmelades de fruits cuits privés de laurs pépins et de leurs peaux, deux ou trois biscottes de légumine, et un demi-litre de lait écrémé comme boisson.

. La durée minima des petits repas devra être un quart d'heure, et celle des grands repas une heure. Le malade restera allongé une heure après les deux petits repas, deux heures après le repas de midi, et le soir il se couchera aussitôt après son dîner.

Ce régime sera maintenu pendant un temps variable selon l'état du malade et les résultats obtenus; la durée de quinze jours doit tout au moins être considérée comme un minimum.

Troisième régime. — Le malade fera trois repas par jour et se nourrira avec des aliments choisis entre les suivants :

Viandes blanches : veau, agneau, poulet, dinde, lapin.

Poissons maigres : sole, merlan, turbot, barbue.

Lait écrémé, fromages frais.

Crèmes cuites.

Pâtes, farines, potages et bouillies au lait. Légumes cuits (sauf choux, truffes, oseille, tomate). Potages maigres.

Fruits cuits, confitures, gâteaux secs.

Manger peu de pain et surtout de la croûte ; boire de l'eau simple ou des infusions.

Garder le repos étendu après le repas, toutes les fois que cela sera possible.

II. CURES HYDRO-MINÉRALES. — Elles peuvBnt être faites soit à la station, soit à domicile. Ce sont surtout les cures de lavages (Gontrexéville, Évian, Martigny, Vittel) qui donneront les meilleurs résultats. Dans certains cas, on se trouvera bien d'une saison dans une station d'eaux alcalines faibles ou fortes, telle que Fougues ou Vichy.

MALADIES DU FOIE ET DES VOIES blLIAlRES.

III. AGENTS MÉDICAMENTEUX. — IIs Ont surtout pour but cl'assurer l'antisepsie intestinale, et c'est dans ce sens qu'on pourra employer le salol, le salicylate de soude combiné ou non au benzoate de soude, le calomel, soit à la dose de 30 ou 40 centigrammes une fois par semaine, soit sous forme de pilules de 1 à 2 centigrammes prises tous les jours. En revanche, nous conseillons d'être très prudent dans l'emploi de la médication iodurée ou de l'opothérapie hépatique, tous moyens qui doivent être réservés à des cas où les indications sont précises et qu'on ne doit pas prescrire systématiquement chez tous les malades.

IV. TRAITEMENT CHIRURGICAL. — Divcrscs tcutativcs chirurgicalcs entreprises sur les voies biliaires pour obvier â la maladie de Hanot, par Terrier, Pauchet, Bernard, Guillot, Delagenière, n'ont pas été heureuses. L'opération reste grave et pleine d'incertitude. Quant à la splénectomie, qui a été proposée, elle ne paraît indiquée à aucun moment de la maladie et semble plutôt susceptible de provoquer des accidents tels que l'hémorragie intestinale.

Dans la cirrhose biliaire par obstruction, la première indication est de lever l'obstacle si c'est un calcul, de dériver la bile par une cholécystentérostomie ou toute autre opération, s'il est impossible de lever directement l'obstacle.

LES ICTÈRES D'ORIGINE IlÉMOLYTIQUE.

ICTÈRES D'ORIGINE H É M O L Y T I Q U E

Sous le nom générique d'ictères d'origine hémolytique, nous décrirons .es ictères qui dérivent de la destruction anormale et excessive des globules rouges du sang.

Nous avons montré, au chapitre de la physiologie, comment les pigments biliaires en général, et la bilirubine en particulier, dérivent de l'hémoglobine. Dans les conditions normales, les globules rouges sont, comme tout organe, soumis à la sénescence; ils naissent, vieillissent et meurent, pour être remplacés ensuite par d'autres générations globulaires. Lorsqu'ils arrivent à la fin de leur évolution, il semble qu'ils soient fixés et détruits par la rate et que, de leurs éléments constitutifs, en particulier de l'hémoglobine qui lui est amenée par la veine splénique, le foie fasse de la bilirubine. Dans ces conditions, il est facile de comprendre que toutes les causes de destruction globulaire exagérée, puissent déterminer une augmentation pathologique des pigments biliaires.

Méthodes hématologiques qui ont mis en relief les ictères d'origine hémolytique.

Les notions étabhes sur ces formes spéciales d'ictère, ont été mises en lumière par une série d'études hématologiques dont il nous faut donner tout d'abord la technique.

1° Étude de la résistance globulaire. — On utilise une méthode dérivée des travaux de Malassez, méthode qui a été proposée par Vaquez et Ribierre et modifiée par Chauffard et Rendu. Dans certains cas, on pourra même avoir recours à des moyens encore plus sensibles indiqués par Widal et ses élèves.

Toutes ces méthodes ont d'ailleurs pour base les principes suivants : on sait que les hématies sont des organites très fragiles; il suffit de les introduire dans un liquide de concentration moléculaire un peu inférieure à celle du plasma sanguin, ou de les mettre en présence de certaines substances (glycérine, venin de serpent, sérum d'anguille, etc.) pour les voir se gonfler et se dissoudre en abandonnant leur hémoglobine. Suivant les cas, les globules résistent plus ou moins bien à ces causes de destruction, ce qui a conduit à mesurer leur résistance.

Page 1