‹ Manuel des maladies du foie et des voies bilairesChapitre 140 sur 210 · A. MÉTHODE DE VAQUEZ ET RIBIERRE MODIFIÉE PAR CHAUFFARD ET · texte numérisé non relu

A. MÉTHODE DE VAQUEZ ET RIBIERRE MODIFIÉE PAR CHAUFFARD ET

RENDU. — Pratiquement il sufTil en général de partir d'une solution à 7 p. 1000 et ce n'est que dans des cas de fragilité exceptionnelle qu'on dort

partir do la solution à 9/1000. On dispose dans deux porte-tubes trentequatre petits tubes cylindriques de 6 centimètres de hauteur sur 12 millimètres de diamètre, tubes préalablement stérilisés.

On prend une solution de chlorure de sodium anhydre titrée à 70 centigrammes par 100 centimètres cubes d'eau distillée stérile, et dans une série de petits tubes on verse successivement 70, puis 68, 66 gouttes, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on en ait rempli 30 environ. On complète ensuite chaque tube à 70 gouttes avec de l'eau distillée ; c'est dire qu'on met successivement 0, 2, 4, 6 gouttes d'eau distillée et ainsi de suite jusqu'à 40. On désigne chaque tube, par le nombre correspondant aux gouttes de solution saline qu'on y a introduit. On dit par exemple le tube 60 ou quelquefois aussi le tube 0,60.

Après cette double répartition, il faut avoir soin de bien agiter chaque tube, afin d'effectuer rigoureusement le mélange de l'eau distillée et de la solution saline. Il est facile de comprendre que tous les tubes renfermant la même quantité totale de liquide, le mélange d'eau distillée et de chlorure de sodium en proportions différentes dans chacun d'eux, crée des solutions de titres difîérents : le premier tube renferme une solution de NaCl à 0,68 p. 100, le deuxième à 0,66, le dernier à 0,02 p. 100. Le nombre de gouttes de la solution chlorurée mère versée dans un tube, représente le titre de la solution correspondante.

Pour effectuer, dans la série des petits tubes, la répartition de l'eau distillée et de la solution saline, il faut employer, de toute évidence, le même compte -gouttes, et le tenir incliné suivant un angle constant, afin d'obtenir des gouttes rigoureusement égales.

Il est facile de préparer extemporanément, dans les laboratoires, un compte-gouttes très commode, à l'aide d'un tube de verre ordinaire. Ce tube, bouché à la ouate à ses deux extrémités, puis stérilisé, est étiré à la fiamme à sa partie moyenne, puis sectionné bien nettement au milieu de l'effilure. On obtient ainsi deux pipettes jumelles, identiquement calibrées à leurs extrémités. Chacune de ces pipettes est ensuite soufflée en boule à sa partie moyenne ; elle constitue alors un compte-gouttes très pratique, et qu'il suffit de charger une fois pour toutes. L'une de ces pipettes sert à répartir dans la série des tubes l'eau distillée, puis la solution mère de chlorure de sodium.

L'autre pipette sert à recueillir soit le sang, soit l'émulsion globulaire à éprouver. C'est le second temps de l'opération. Le sang dont on veut étu. dier la résistance est recueilli par ponction de la veine ; aussitôt il est réparti dans la série des tubes contenant les dilutions salines, à raison de 2 gouttes de sang par tube. Puis, la répartition opérée, on agite chaque tube, afin d'effectuer le mélange des hématies et des solutions. On laisse les tubes au repos pendant dix minutes, et on les centrifuge, après les avoir numérotés.

Les tubes une fois centrifugés, et remis dans les porte-tubes, il ne reste plus qu'à noter les résultats, c'est-à-dire :

1° La concentration de la solution dans laquelle l'hémolj'se commence, ce qui est indiqué par ce fait que le liquide, incolore dans les tubes précédents, devient légèrement rosé,

LES ICTÈRES D'ORIGINE IIÉMOLYTIQUE.

C'est co que Vaquez et Ribierre ont appelé la résistance viinima et ce que Chauffard et Widal nomment Vhérnolyse initiale,

2° Dans les tubes qui suivent celui de l'hémolyse initiale, la coloration rouge croît progressivement, correspondant à une hémolyse de plus en plus marquée. L'hémolyse est dite intense quand la coloration rouge d'un tube

Fig. 285. — Résistance globulaire normale clicz un sujet sain.

est devenue assez forte pour ne différer du tube suivant que par des différences de teinte presque inappréciables.

3° On note enfin la concentration de la solution dans laquelle l'hémolyse est complète. On le voit à ce que, au fond de la solution devenue rougecerise, on ne peut plus distinguer le moindre petit disque de globules rouges agglomérés et non hémolysés. Un signe encore meilleur est fourni par ce fait que, même par l'agitation, le tube ne présente plus d'ondes soyeuses dues aux globules agités. C'est ce que Vaquez et Ribierre nomment la résistance maxiina et ce que Chauffard et Widal nomment Vhérnolyse totale.

D'après les données fournies par Hamburger, Vaquez, Ribierre, Chauffard et Rendu, Vhérnolyse initiale se place, pour les hématies normales, entre 46 et 38, le plus souvent à 42. L'hémolyse totale s'obserce d'ordinaire vers le tube 12. En moyenne, le processus hémolytique s'observe donc sur une étendue de 15 tubes.

Grâce à ces données, il est facile de noter les cas où la résistance globulaire est normale, diminuée ou augmentée.

Fig. 286. — Élude comparée d'un cas de fragilitu globulaire par le procédé de Vaquez et par celui de Widal.

B. PROCÉDÉS DES HÉMATIES DÉPLASMATisÉEs. — Widal, Atrami et Brûlé ont montré que dans certains cas d'ictères il existe une fragilité globulaire réelle que le procédé de Vaquez ne met pas en lumière. C'est pourquoi ils ont proposé une technique nouvelle.

Elle consiste à rechercher la résistance, par la même technique que précédemment, non plus sur le sang total, mais sur les hématies préalablement séparées de leur plasma. Pour cela, on recueille aseptiquement, par ponction de la veine, du sang dans une solution isotonique d'oxalate de ' potasse (1). Le mélange est immédiatement centrifugé, le plasma qui surnage décanté, puis les globules sont lavés deux fois avec une solution de chlorure de sodium à 7/1000.

Au moyen de ce procédé des hématies déplasmatisées, Widal et ses élèves ont pu mettre en lumière un certain nombre d'ictères hémoly-

(1) Solution isotonique d'oxalate de potasse (formule de Widal) :

Oïalate de potasse 0e'',28

Chlorure de sodium 0e'",45

Eau distillée 100 grammes.

LES ICTÈRES D'ORIGINE HÉMOLYTIQUE- »<-'y

tiques qui auraient passé inaperç-us avec, la première technique. C'est ainsi que des hématies qui paraissaient avoir une résistance normale, par le procédé habituel, ont, après avoir été déplasmatisées, commencé l'hémolyse au tube 58 et l'ont terminée au tube 38. La courbe s'allonge donc surtout aux dépens des hématies plus fragiles. La diminution de résistance no tient pas, dans ces cas, aux opérations nécessaires pour déplasmatiser, car, pour des hématies normales, la résistance est la même, qu'elle soit mesurée sur le sang entier ou sur les globules isolés du plasma. D'autre part, si aux hématies déplasmatisées on rend le plasma dont on les avait séparées, elles reprennent une résistance normale. C'est donc bien celui-ci qui masque leur fragilité.

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