II. — Lobule biliaire
Il ne faut pas oublier que la description précédente, très exacte pour le foie du porc, devient pour le joie de l'homme une simple hypothèse.
STRUCTURE DU FOIE
en raison de l'absence des barrières conjonctives qui permettent de délimiter les lobules. Ceci explique que l'on ait pu, avec une certaine vraisemblance, concevoir chez l'homme une architecture différente. Dès l'instant où les limites de ce lobule sont constituées par des lignes imaginaires, rien n'empêche en effet de les orienter différemment. En réunissant entre elles les diverses veines dites centro-lobulaires, on arrive à constituer un lobule dont le centre est formé par un espace porte qui contient un canal biliaire, et non plus par une veine sus-hépatique. Sabourin, qui est l'auteur de cette hypothèse, a beaucoup insisté sur ce fait que, ainsi compris, le lobule hépatique se rapproche beaucoup plus de l'architecture des autres glandes.Comme dans celles-ci, on trouve au centre un canal excréteur longé par des vaisseaux nourriciers, à la périphérie des veines efférentes. Le lobule biliaire de Sabourin se construit donc aux dépens des divers
segments du lobule 45^ LobLiles biliaires au cours do la cirrhose
sanguin que nous cardiaque (d'après Sabourin).
avons décrit.
Cette conception n'a que la valeur d'un schéma, bien qu'elle s'appuie sur les dispositions du foie embryonnaire, qui sont celles d'une glande en tube ramifiée, et aussi sur l'anatomie comparée, car le foie de certains animaux (poissons, reptiles et oiseaux) présente une texture tubuleuse pendant toute la durée de l'existence. A ces arguments on peut, il est vrai, opposer la disposition nettement inverse que nous avons constatée, dans le foie du porc, animal infiniment plus près de l'homme que les reptiles ou les poissons.
Ce qui avait donné un certain corps à ces idées, c'est que, dans quelques états morbides, le foie de l'homme laisse apparaître la disposition décrite par Sabourin. En cas de lésions prédominantes autour des veines sus-hépatiques, on observe souvent des formations pathologiques qui dessinent nettement le lobule biliaire, qu'il s'agisse de tissu conjonctif (cirrhose cardiaque), ou d'infiltration graisseuse (cirrhose graisseuse), à localisation sus-hépatique.
Dans d'autres cas, les processus lésionncls n'ont pas pour résultat de rendre plus manifeste la périphérie du lobule biliaire, mais seulement d'en accentuer le centre. Ainsi en est-il dans l'hépatite nodu-
laire des paludéens ou des tuberculeux. Dans ces cas, on assiste à un bouleversement complet de l'ordination classique du parenchyme du foie. Le lobule n'existe plus; les cellules sont groupées en boules, en nodules, de volume variable, arrondis ou triangulaires; dans ces nodules, les cellules voisines du centre sont hypertrophiées, celles de la périphérie sont aplaties, formant comme une enveloppe écailleuse à la masse centrale. Tout à fait au centre, dans l'immense majorité des cas, on voit un territoire porto-biliaire simple ou ramifié. Tous ces nodules ont donc pour centre un espace de Kiernan; ce sont des lobules intervertis, mais il n'y a pas lieu de les considérer comme représentant le foie à l'état normal. La description du lobule sanguin répond beaucoup mieux à la conception physiologique du foie normal, telle que nous allons la définir.