‹ Manuel des maladies du foie et des voies bilairesChapitre 27 sur 210 · A. — ANALYSE DES SYMPTOMES EÉVÉLATEURS · texte numérisé non relu

A. — ANALYSE DES SYMPTOMES EÉVÉLATEURS

1° L'exagération de la fonction biliaire se traduit en général par des modifications des selles et parfois aussi, quand l'hypersécrétion se prolonge, par un véritable ictère.

Les selles polycholiques s'observent au cours de certains ictères aigus d'ordre infectieux, ou à certaines périodes de la maladie de Hanot, ou encore à la suite de grandes destructions globulaires, comme il s'en produit dans quelques empoisonnements (anihne, acide pyrogallique), et dans quelques infections (fièvre bilieuse hémoglobinurique). On les observe encore, ainsi que l'ont signalé Gilbert et Lereboullet, puis Linossier, chez les malades atteints de diverses affections du foie, et qui présentent de temps à autre des flux bilieux. Enfin le calomel produit aussi une polycholie passagère, avec des fèces de couleur verte.

SÉMÉIOLOGIE DE LA CELLULE HÉPATIQUE

Cliez l'enfant, on rencontre avec une fréquence extrême la diarrhée verte, mais il y a lieu de distinguer deux cas : tantôt c'est une diarrhée verte due à un flux bihaire trop abondant et elle n'a pas une signification grave, tantôt c'est une diarrhée verte due à des pigments élaborés par des germes parasites de l'intestin, c'est à proprement parler la diarrhée verte dont le pronostic est toujours grave. Il importe de distinguer ces deux formes l'une de l'autre. Pour cela, on aura recours à la réaction de Triboulet, ou aux diverses méthodes qui permettent de déceler les pigments biUaires.

L'ictère peut être dû à l'hypercholie, ce qui tient à ce que la bile sécrétée en trop grande abondance s'engorge en quelque sorte dans ces voies d'excrétion. L'ictère polycholique reconnaît donc un mécanisme analogue à celui des ictères par rétention.

A côté de l'hypercholie franche, il existe toute une série d'états morbides extrêmement communs dans lesquels il semble que la bile, mal retenue dans le foie, passe en assez grande abondance dans le sérum sanguin, sans toutefois déterminer d'ictère franc, de cholurie. Dans ces cas les malades ont une coloration jaune sale, souvent prédominante à la paume des mains. Quelquefois aussi ils ont des taches brunâtres au front, aux joues et aux mains, et ces taches étaient à bon droit considérées, par les anciens auteurs, comme un signe certain d'altération hépatique. Dans tous ces cas, il semble bien que l'hypercholie existe, mais elle est peu accentuée et reste fruste.

2" Au point de vue de l'élaboration des corps quaternaires,

il faut encore envisager les cas inverses de ceux qui ont été précédemment étudiés : ceux où la fonction hépatique est non pas diminuée, mais surexcitée. Ces faits sont encore mal connus. Toutefois, il semble acquis qu'il peut y avoir hyperazoturie, dans les congestions actives du foie, ou lorsqu'il y a hyperfonctionnement à la suite d'un ictère infectieux bénin : dans ces cas, le taux de l'urée peut monter à 50 grammes, sans qu'on puisse invoquer d'autres causes. De même J. Teissier, Rolfe et von Noorden ont admis l'existence d'une albuminurie par excès de fonctionnement du foie, celui-ci détruisant trop d'hématies et mettant ainsi trop de globulines en liberté. Ce serait là l'origine de quelques albuminuries cycliques.

3° Les sucres. — A l'opposé des cas où il y a glycosurie alimentaire, on peut placer des faits d'hyperhépatie, dans lesquels la quantité de sucre retenue par la cellule hépatique est considérable. C'est ainsi que.^comme l'ont montré Gilbert et Lereboullet, les malades atteints de cirrhose biliaire peuvent absorber de grandes quantités do glucose, sans avoir de glycosurie.

Cependant, dans certains cas, l'iiyperfonctionncment du foie peut

Dedove, Achaud oL GASTAiiiNK. — Tubli digostil'. 111. 11

aussi s'accompagner de glycosurie. C'est qu'alors la cellule, dont lo fonctionnement est exagéré, transforme plus de glycogène en sucre que l'organisme n'en a besoin. Ce sont les faits de ce genre que Gilbert a qualifiés de diabète par hyperhépatie.

Dans ces cas existerait d'ordinaire, outre une glycosurie abondante, une hyperazoturie, de la polyphagie et de la polydypsie. Lo foie serait plus volumineux qu'à l'état normal. L'influence de l'alimentation est plus tardive et ne se fait sentir que cinq à six beures après le repas. Enfin, l'opothérapie hépatique, chez de tels sujets, exagère la glycosurie. Ces diabètes par hyperhépatie existeraient dans certaines cirrhoses hypertrophiques alcooliques, ou encore dans quelques cirrhoses hypertrophiques biliaires et pigmentaires. On peut aussi les constater dans d'autres cas, en-^ dehors de toute cirrhose : c'est ce qui se passe, en pa;rticulier, dans les cirrhoses pigmentaires, dont la plupart des symptômes sont expUqués par l'hyperhépatie, ainsi que l'ont montré les recherches de Gilbert, Gastaigne et LerebouUet.

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