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INDÉPENDANCE DE LA CIBCULATION DES DEUX LOBES DU FOIE

Elle a été soutenue avec beaucoup d'énergie et de talent par de nom-

Fig. 61. — Indépendance circulaLoirc macroscopique des branches de bifurcation (le la veine porte (Gilbert et Villaret). Face inférieure d'un foie de chien injecté par la voie de bifurcation droite de la veine porte. On voit que seuls les lobes droits sont injectés.

breux auteurs, parmi lesquels nous citerons Glénard, Mongour et surtout Sérégé : elle peut être comprise de deux façons, au point de vue physiologique pur.

1° On peut se demander si chaque branche de division hilaire vascularise une portion limitée du foie. A ce point de vue, il semble nettement — d'après les constatations confirmatives de Gilbert et Villaret, ainsi que d'après nos expériences personnelles — • que si l'on pousse l'injection au niveau du hile hépatique dans une des deux branches de division de la veine porte, on constate macroscopiquement qu'un seul lobe est nettement injecté, comme en fait preuve la figure ci-jointe empruntée ù Gilbert et Villaret.

2° Mais, en revanche, les expérimentations de ces deux auteurs, comme celles de Brissaud et Bauer, ne permettent pas d'affirmer

— au point de vue physiologique pur — les relations anatomiques, fonctionnelles et pathologiques que Glénard et Sérégé ont cherché à étabhr entre la veine grande mésaraïque et le lobe droit d'une part, la veine splénique et le lobe gauche d'autre part. Il semble que les injections poussées par chacune de ces veines, injectent la totalité du foie : les expériences physiologiques ne sont donc pas en faveur de cette théorie. Faut-il en conclure, pour cela, que les rapports vasculaires annoncés ne doivent pas être, au point de vue pathologique, pris en considération? Tout en ne nous ralUant pas d'une façon absolue à leur manière de voir, nous croyons néanmoins qu'elle contient une part de vérité, comme nous l'avons déjà dit en étudiant les hépatomégalies régionales (V. page 43).

3° Le second point que Glénard et Sérégé ont cherché à mettre en relief, ce sont les relations anatomiques et fonctionnelles qui existent entre la grande veine mésaraïque et le lobe droit d'une part, la veine splénique et le lobe gauche d'autre part.

A ce point de vue, les expériences physiologiques de Brissaud et Bauer, de Gilbert et Villaret semblent infirmer cette conception, puisque les injections poussées par l'une quelconque des veines, qui forment la veine porte, envahissent la totalité du foie.

Il ne faut pas se hâter néanmoins de rejeter la conception des auteurs précités, car les injections sont toujours un peu brutales, tandis que les expérimentations de physiologie pathologique représentent mieux les processus dont se sert la nature, de telle sorte que, tout en n'acceptant pas la théorie de l'indépendance vasculaire des lobes du foie dans ce qu'elle a d'absolu, nous croyons néanmoins qu'elle contient une part de vérité.

Ligatures vasculaires expérimentales.

Sur ce point de physiologie pathologique, nous renvoyons aux travaux que l'un de nous a faits avec Dujarier (pour l'artère hépatique) et Bender (pour la veine porte).

- lo La LIGATURE DE L'ARTÈRE HÉPATIQUE détermine généralement la mort de l'animal en moins de vingt-quatre heures pai' nécrose massive du foie, sauf lorsque l'artère a été liée au-dessus de la gastro-épiploïque droite, et que, par suite, une circulation collatérale a pu se développer. En clinique, l'oblitération de l'artère hépatique, par embolie ou compression, est très rare et presque jamais complète. Aussi se développc-t-il une circulation collatérale suffisante pour éviter la nécrose. Quant à la gangrène, elle serait due,

d'après Castaignc, non pas à ce que l'artère hépatique est le seul vaisseau nourricier du foie comme l'enseignent les classiques, mais à ce qu'après ligature de cette artère, les microbes anaérobies des voies biliaires envahissent facilement le foie.

2° Les LIGATURES LENTES DE LA VEINE PORTE seront étudiécs plus loin, car elles ont servi à expliquer la physiologie pathologique du syndrome d'hypertension portale.

3° Les LIGATURES BRUSQUES produisont, chez tous les mammifères, des accidents mortels en une heure et même moins. On les a attribués à une auto-intoxication (Schilî, Lautenbach, Jaccoud), mais Roger a montré que cette théorie n'explique pas l'extrême rapidité des phénomènes, et les physiologistes qui ont établi des fistules d'Eck entre la veine porte et la veine cave ont pu, grâce à une alimentation appropriée, conserver longtemps des animaux (Nencki et Pawlow, Stolnikoff, Hahn, Massen et von Bielka), ce qui prouve que la mort rapide n'est pas due à la suppression des fonctions hépatiques.

Il est bien étabU maintenant, grâce aux travaux de Castaigne et Bender, que la mort survient parce que le sang de tout l'organisme s'accumule dans les veines tributaires du système porte.

4° La LIGATURE COIMLBINÉE DE LA VEINE PORTE ET DE L'ARTERE

HÉPATiûUE ne prive pas complètement le foie de sang. Cl. Bernard, puis Stolnikow ont constaté que le viscère contient, dans ces cas, une quantité de sang à peu près normale, car il s'est fait un reflux important par les veines sus-hépatiques, jusqu'au niveau de la ligature porte.

On conçoit donc que, dans certaines conditions pathologiques, il puisse y avoir un courant rétrograde à travers la veine sus-hépatique, et ceci nous explique la possibilité d'embolies septiques rétrogrades^omme en ont signalé Widal,Halbron et Rib ad eau- Dumas.

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