‹ Manuel des maladies du foie et des voies bilairesChapitre 44 sur 210 · ABCÈS BILIAIRES · texte numérisé non relu

ABCÈS BILIAIRES

Les abcès biliaires seront étudiés plus complètement au chapitre des complications de la lithiase. Pourtant nous devons en donner ici un rapide aperçu. Ces abcès, qui se développent au cours de l'angiocholécystite suppurée, sont toujours assez difficiles à reconnaître cliniquement, car leur symptomatologie se confond avec celle-ci.

Les malades, le plus souvent en état de rétention biliaire et pré-

sentant un ictère chronique d'abord apyrétique, manifestent depuis quelque temps un état de malaise plus grand. Ils se cachectisent, ont un mauvais teint, une bouche sèche avec mauvaise haleine, se plaignent de sueurs profuses nocturnes et souvent aussi de rêvasseries, de cauchemars incessants; quand on prend leur température, on constate soit des poussées de fièvre intermittente (fièvre bilio-septique), soit une fièvre continue, rémittente ; souvent ils présentent à ce moment une recrudescence de l'ictère. Ils accusent de la gêne ou même de la douleur dans la région hépatique et l'examen direct permet de constater que toute la région est, en effet, très douloureuse, que le foie est gros et sensible. L'hypertrophie reste d'ordinaire régulière, et il se fait de la périhépatite, comme en témoignent les frottements perçus à l'auscultation.

L'état général de ces malades s'aggrave rapidement ; leurs urines deviennent rares, foncées, hautes en couleur, pauvres en urée. Leur déchéance organique est extrêmement rapide et, si l'on n'intervient pas assez vite chirurgicalement, ils succombent rapidement, soit par la cachexie, soit par des complications septiques secondaires des poumons, du cœur ou du cerveau.

Dans tout ce tableau symptomatique, on voit que, à part peut-être l'extrême sensibilité du foie et la périhépatite, il est peu de signes spéciaux aux abcès, si bien que, pratiquement, on doit savoir que l'angiocholite suppurée peut toujours, et sans autre avertissement, déterminer cette complication terrible.

ABCÈS PYÉMiaUES DU FOIE.

Ces abcès n'ont qu'une symptomatologie assez vague. Il s'agit de sujets qui présentent les signes de la pyémie, et en particulier une fièvre intermittente symptomatique, avec poussées fébriles irrégulières accompagnées de frissons, de chaleur et de sueurs souvent fétides. Ces malades ont un teint blême, terreux, un pouls petit, et souvent présentent des symptômes en rapport avec des localisations viscérales secondaires, suppurations variées, siégeant par exemple dans les articulations.

Dans le cours de cet état, ce qui peut faire soupçonner l'atteinte hépatique, c'est un certain degré d'ictère avec cholurie, c'est d'autre part l'augmentation de volume du foie, qui est en môme temps douloureux. En général, l'état de tels malades s'aggrave rapidement. De jour en jour, ils déclinent, et ils succombent au milieu des symptômes de l'adynamie la plus profonde.

Le diagnostic de ces abcès est souvent très délicat. En dehors de l'ictère et de la sensibilité douloureuse du foie, ils n'offrent aucun

HÉPATITES AIGURS ET AUCÈS DU l'OlE.

signe caractéristique. Aussi, lorsque de tels symptômes manquent, les abcès passent-ils inaperçus et la pyohémie est qualifiée de fièvre typhoïde, de tuberculose aiguë ou de typhus.

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