III. — HÉPATITES HYPERPLASIQUES
Le foie, pour lutter contre l'infection, reçoit une aide précieuse de plusieurs autres viscères abdominaux. L'intestin, par sa muqueuse et pai" ses sécrétions, arrête les agents infectieux qui auraient tendance à gagner la glande; de plus, par les crises diarrhéiques si fréquentes au cours des maladies infectieuses, il débarrasse l'organisme, en général, et le réseau porte en particulier, d'une grande quantité de produits toxiques et de microbes. D'un autre côté, la rate, en arrêtant et détruisant un grand nombre des germes circulants ainsi \ que leurs toxines, protège elle aussi le foie : l'importance de son rôle pourrait être mesurée à sa constante hypertrophie au cours des infections. Les reins enfin, par l'épuration qu'ils font subir au sang, dont ils éliminent directement les poisons organiques, les poisons microbiens, et même les germes parasites, concourent, en même temps, à la défense de l'organisme et à la protection du foie.
Mais, à supposer que tous ces moyens soient insuffisants, le foie peut encore se défendre contre les germes qui l'envahissent. Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été exposé à ce sujet (Voy. Physiologie); nous rappellerons simplement que le foie possède le pouvoir de neutraliser un grand nombre de toxines microbiennes, d'arrêter les microbes circulants par les cellules de son endothélium capillaire qui se transforment en macrophages, enfin que, même si les germes franchissent la barrière vasculaire et pénètrent dans le parenchyme, ils trouvent encore en face d'eux les nombreux leucocytes qui, par diapédèse, ont traversé les parois vasculaires et, par chimiotaxie positive, ont été attirés vers eux.
Enfin, en dehors de tous ces moyens de protection extérieure à luimême, le foie est surtout défendu par ses cellules qui, au cours des infections et des intoxications, exagèrent leurs processus d'assimilation, accroissent leur activité physiologique, se multiplient ous'hypertrophient. Elles vivent, en somme, à ce moment, d'une vie suractivée; elles sont, comme disent Chantemesse et Podwyssotzki, en état d'hyperbiose.
Ainsi s'explique l'existence des hépatites hyper plasiques que nous opposerons aux hépatites dégénératives. Suivant le degré de la réaction, DKnovE, AcHAi») cl Castaigne. — Tube digeslif. 17
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elles consistent en hypertrophie simple des cellules ou en hyperplasie diff use ou en hyperplasie à tendance nodulaire ou enfin en exagération d'une des fonctions cellulaires, par exemple la fonction pigmentaire, d'où les hépatites pigmentaires. Nous étudierons successivement ces formes.