II. — Cirrhoses pigmentaires
Nous étudierons plus loin ces formes morbides en même temps que les autres types de cirrhose, mais nous devons faire remarquer, dès maintenant, que ces cas de cirrhose pigmentaire ne sont pas identiques. Trois groupes de faits peuvent être distingués :
10 Cas dans lesquels la sidérose d'origine sanguine survient chez un malade antérieurement cirrhotique. — Dans ces cas, l'infiltration pigmentaire reconnaît les causes générales que nous lui avons assignées plus haut. Le type de ce genre peut être fourni par un cirrhotique atteint d'hémorragies multiples sous la peau, dans les muqueuses ou les séreuses. Il s'agit de sidérose pigmentaire survenant chez un cirrhotique.
2° Cirrhoses pigmentaires paludéennes. — Pour une large part, elles reconnaissent le même mécanisme que les cas précédents, mais il faut cependant faire intervenir un élément pigmentaire dû au parasite lui-même, ce qui en fait une forme spéciale. Dans ces cas, on trouve du pigment non seulement dans le foie, mais encore dans la rate, les ganglions lymphatiques, la moelle osseuse, le cerveau et les capillaires de tous les organes. Ce pigment n'est pas de la rubigine : il est tout à fait noir et se présente sous l'aspect de sphères amorphes. Il existe aussi à l'intérieur des leucocytes et des cellules endothéliales, et même à l'état libre dans le sang. Quand il infiltre très abondamment certains organes, ceux-ci deviennent brun foncé.
30 Cirrhoses pigmentaires vraies. — Ce sont celles que l'on rencontre dans la forme spéciale de diabète connue sous le nom de diabète bronzé, et qu'ont décrites pour la première fois Hanot et
Chauffard. Dans ces cas il s'agit, non d'une infdtration passive de la cellule par le pigment ferrugineux dérivé des globules rouges détruits, mais au contraire d'une infiltration active, les cellules hépatiques en état d'hyperfonction manifestant une sorte d'affinité excessive
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Fig. 92. — Cirrhose pigmenlaire. — Coupe histologique passant par un espaceporte et montrant que le tissu scléreux ainsi que les cellules h(5paliques sont infiltrés de pigments ocres (Castaigne).
pour le fer et augmentant parallèlement leurs autres manifestations d'activité, surtout l'uréopoièse et la glycogenèse.
Ce qui montre encore la différence d'origine de ces infiltrations actives, d'avec les infiltrations passives, c'est qu'on ne trouve pour ainsi dire pas de pigment dans l'épithélium rénal, alors qu'il en existe abondamment dans les ganglions, surtout dans ceux de l'abdomen et du médiastin, comme si, par le système Ij'^mphatique, le foie tentait de se débarrasser de l'excès de pigments qu'il a fixés. Toutes ces questions de clinique et de physiologie pathologique seront d'ailleurs développées au chapitre des cirrhoses.