C. DANS LES CAS OU LE CIRRHOTIQUE A UN MAUVAIS ETAT GÉNÉRAL
il faut agir avec beaucoup plus de prudence.
HÉPATITES SCLÉREUSES. — LES CIRRHOSES VEINEUSES. 397
Plusieurs jours avant la ponction, on lui donnera de la digitaline à dose tonique (cinq gouttes par jour), que l'on continuera après la ponction.
Une heure avant la ponction, on fera une injection de 250 centimètres cubes de sérum physiologique qu'on répétera le soir même.
Enfin, il sera indiqué de ne retirer qu'une partie du liquide ascitique, et cela pour les raisons suivantes : tout d'abord, chez des sujets aussi affaiblis, le fait de retirer une aussi grande quantité de liquide entraîne une rupture de l'équilibre organique qui, comme nous l'avons vu, peut provoquer la mort. Mais, de plus, la constatation de ce I qui se passe après une ponction abondante, nous montre comment i les malades cachectiques en éprouvent d'aussi mauvais résultats : si nous pesons le malade aussitôt après la ponction,- puis le lendemain, nous voyons qu'après une ponction qui a vidé complètement [ son abdomen il reprend du jour au lendemain 2 ou 3 kilogrammes de poids, c'est-à-dire qu'il s'est produit un épanchement de plus de 2 litres venant évidemment de sa circulation générale qui peut ainsi subir une dépression très grave chez un malade aussi cachectisé.
Que se passe-t-il, au contraire, si la ponction n'a retiré que quelques litres de liquide? On constate que le poids ne varie que très peu dans les jours qui suivent la ponction. On a donc évité ainsi la véritable saignée séreuse que provoquent les grandes ponctions. Aussi ne saurions-nous trop conseiller, dans les cas où les malades sont cachectiques, de ne retirer que la quantité de liquide suffisante pour enrayer les complications mécaniques. On évitera ainsi les accidents et on ne sera pas d'ailleurs obligé pour cela de ponctionner plus souvent, en raison de la lenteur avec laquelle se reproduit le liquide dans ces conditions.
2° Empêcher le liquide de se reproduire. — S'il est facile de retirer le liquide contenu dans l'abdomen, en revanche les médications employées jusqu'à présent, n'ont eu guère d'influence pour empêcher le liquide de se reproduire. C'est pourtant dans ce sens que l'on doit chercher un traitement, si l'on veut améhorer les cirrhotiques. L'étude attentive de la courbe des pieds, donnera comme l'a indiqué Chauffard les indications les plus intéressantes au point de vue de la reproduction du liquide, ou de la guérison de l'ascite.
On peut tenter deux sortes de médications : l'une générale, qui s'adresse à l'organisme lui-même ; l'autre locale, qui cherche à modifier l'état du péritome, sur lequel on tâche d'agir directement.
I. Le traitement général comprend le régime alimentaire, l'hygiène, les médicaments.
A. Le RÉGIME prescrit aux malades atteints de cirrhose ne semble pas avoir une grande influence sur l'évolution de l'ascite. Dans ces der-
niers temps, on avait espéré que le régime déchloruré s'opposerait à la reproduction du liquide péritonéal. Il faut avouer que les résultats obtenus ne sont pas encourageants. Mieux vaut mettre les malades au régime lacté absolu pendant une courte période, puis leur permettre les aliments que nous avons indiqués et qui varient selon qu'il y a — ou non — de l'insuffisance hépatique.
En somme, il peut être indiqué, quand on désire obtenir la disparition d'un liquide d'ascite, de mettre le malade au repos absolu avec compresses chaudes sur l'abdomen qu'il renouvellera toutes les deux heures, et au régime lacté absolu. Le lait écrémé sera conseillé de préférence, et le malade le prendra, par toutes petites quantités^ chaque fois, de façon à en absorber 2 litres et demi dans les vingt-quatre heures.
On ne maintiendra pas ce régime plus de quinze jours ou trois semaines, et on le remplacera par le régime général des cirrhoses tel que nous l'avons indiqué.
B. Les MÉDICATIONS se proposent pour but : ou bien d'entraîner l'éUmination du liquide par une voie autre que le péritoine, ou bien de stimuler le foie et sa circulation, afin de faire cesser les causes de l'ascite.
a. La thérapeutique qui s'adresse directement au foie est constituée par la médication excito-sécrétoire du foie ; nous avons déjà dit ce que nous en pensons au point de vue de la cellule hépatique ellemême ; en tout cas, ce n'est qu'une médication très indirecte de l'ascite.
b. Quant à l'action qu'on peut avoir par les médicaments sur la
circulation porte, elle est très aléatoire. Néanmoins, Lancereaux aurait constaté d'excellents résultats sous l'influence du traitement longtemps continué par l'iodure de potassium.
c. L'élimination intestinale semble être un dérivatif plus certain de l'ascite. Il sera donc utile de prescrire aux malades des purgatifs, et on alternera un mélange de sulfate de magnésie et de sulfate de soude à la dose de 4 grammes chacun, tous les matins pendant huit jours, qu'on remplacera la semaine suivante par 0^'",25 de calomel pris chaque matin dans un peu de lait sucré.
d. L'élimination urinaire, quand elle est obtenue, constitue le meilleur exutoire. On s'adressera, selon les indications, tantôt aux diurétiques cardiaques, tantôt aux diurétiques rénaux. On alternera ainsi la digitaline à dose tonique de 5 gouttes par jour et la théobromine à la dose de ls'',50 par jour en trois cachets.
On associera même les deux modes de diurétiques avec un purgatif (scille, digitale, scammonée), selon la formule de Lancereaux. Mais on n'est pas sûr néanmoins de provoquer la diurèse. C'est pour
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cela qu'on a préconisé d'autres moyens qu'il sera bon d'essayer on pourra donner de l'urée à la dose de 20 à 30 grammes par jour; on pourra faire des injections d'eau salée physiologique ou même de sérum glucosé. Enfin on a préconisé d'injecter au malade de son propre liquide d'ascite et on aurait obtenu ainsi des résul- I tats encourageants.
La multitude des procédés qui ont été conseillés, prouve justement le peu d'efficacité de chacun d'eux. Aussi serait-il important de pouvoir agir localement pour renforcer cette médication générale réellement insuffisante.