‹ Manuel des opérations chirurgicales. Contenant les procédés opératoires les plus généralement employésChapitre 4 sur 19 · Artériotomie · texte numérisé non relu

Artériotomie

Celle opération ne se pratique guère que sur l’artère temporale, qui, à raison de sa situation sur les os du crâne, peut être ouverte sans danger.

L’appareü se compose d’mi bistomi, d’une compresse carrée, épaisse , et d’une bande longue de cinq amies , roulée à mi seiü globe. Le malade étant couché la tete élevée , on place les alèzes et on rase la partie. On cherche à reconnaître avec le doigt la situation précise de l’artère , et l’on pratique sur le lieu où l’on distingue ses battemens,

une incision transversale qui pénétré jusqu’à ce vaisseau. Lorsqu’on a retiré une quantité convenable de sang , on rapproche les bords de la plaie en les comprimant; on essuie la partie , et on place sur la division la compresse carrée que l’on assujétit pur quelques circulaires autour du crâne convenablement serrés.

Scarifications.

Les scarifications sont des petites plaies à peu près semblables aux mouchetures, que l’on fait à la peau avec une lancette ou avec le scarificateur.

On pratique fi’équemment des scarifications lors de l’application des ventouses. On tend la peau sur laquelle on va opérer avec l’index et le pouce écartés d’une main, tandis que de l’autre on fait rapidement , avec la pointe de la lancette , huit , dix ou mi plus grand nombre de petites plaies rapprochées.

Le scarificateur, d’une application bien moins douloureuse , à raison de la célérité avec laquelle il agit , mérite la préférence sur la lancette, sm'tout lorsqu’on opère sur une surface large et unie. C’est une petite boîte cai-rée en cuivre , cachant un certain nombre de lames tranchantes , qui sont chassées rapidement au dehors au moyen d’une détente. L’instrument étant armé , on applique exactement sur la peau, la surface de la boîte qui présente les fentes desthiées à livrer passage aux lames ; puis appuyant sur un bouton , la détente part, et l’on pratique d’mi seul coup plusieurs plaies auxquelles on peut donner ime plus ou moins grande profondeur, en élévant ou bien en abaissant l’axe mobile qui supporte les lames.

MANUEL

Selon.

On nomme séton une Landelctte de linge effilée sur ses bords , ou une mèche cylindrique de coton , qu’on passe à travers la peau et le tissu cellulaire.

L’opération par laquelle on place cet exutoire, se pratique avec l’aiguille dite à séton, ou avec un bistouri droit et un stylet aiguillé. Pour l’exécuter par le premier procédé, on place d’abord une alczc sous la j)artie, et on passe la mèche enduite de cérat dans l’ouvertm-e de l’aiguille. Le ohiruigien fait ensuite aux tégurnens mr pli longitudinal , en confie une extrémité à un aide, tient l’autre entre le pouce et l’indicateur de l’une de ses mains, et présentant la pointe do l’instrument à la base du pli , il le traverse par un mouvement rapide, et retire l’aiguille par le point ojjposé à son entrée.

Suivant le second procédé , on plonge la lame d’un bistouri à travers la base du pli des tégurnens , et on a soin d’appuyer im peu sur la jiointo et de relever le talon, afin de rendre la plaie aussi étendue à sa sortie qu’à son entrée ; on retire ensuite le bistouri eu appuyairt sur son dos, et tenant fcrmeiucnt le pli de la peau, ou passe dans la plaie le stylet armé de la mèche.

Le séton passé , on lâche les tégurnens , on dégage l’aiguille ou le stylet , on place sm- les ouvertures deux plumasseaux et une compresse épaisse, sur- laquelle on relève et on replie le long hout de la mèclie, et on maintient le tout à l’aide d’une bande.

Une fois que la suppuration est bien établie , on retire chaque Jour la portion de mèche qui a séjom'nc dans la plaie, et on lui fait suivre ime autre portion, préalablement

DES OPERATIONS CHIRÜRGICALESi

enduite de câat ou d’une pommade excitante; on retranche ensuite tout ce qui est imprègne de pus. Lorsque la bandelette est épuisée, on en coud une nouvelle à la lin delà première, et après les avoir graissées, on fait passer dans la plaie la bandelette nouvelle, en tirant sim f ancienne. Si l’on veut renouveler mie mèche cylindrique , on sépare les fils qui composent la première , on intci'pose dans cet écar tement le Iront de la mèche nouvelle , et on les fixe ensemble au moyen d’un fil tourné ciiculairement. Le reste du pansement se fait comme nous venons de l’indiquer.

Vaccination.

Pom’ inoculer le vaccin de bras à bras , le chirurgien perce avec la pointe d’une lancette ou de l’aiguille à inoculation, les cellules situées à la circonférence du bouton vaccin : il trempe la pointe de son instrument dans la gouttelette transparente qui se forme; il saisit le bras du sujet par sa face postérieure, tend exactement la peau, à la hauteur de l’angle iiifériem’ du deltoïde, perce l’épiderme, et laissant un instant dans la plaie l’instrument qu’il agite légèrement, il dépose le fluide vaccin dans le corps muqueux. On pratique de cette manière , et à la distance d’un pouce l’une de l’autre, trois piqûres à chaque bras.

Lorsque le fluide vaccin a été conservé entre deux verres, il faut, pour s’en servir, le délayer dans la moindre quantité possible d’eau froide, et en charger ensuite l’aiguille ou la lancette, comme dans le cas précédent.

Ventouses.

La ventouse est une petite cloche de verre, présentant

mam:el

un bord épais , parfaitement arrondi et lisse , pour qu’il ne blesse pas les tégumens.

Pour appliquer cet instrument, on met préalablement à nu la partie qu’on se propose de Tentouser , et on la rase si elle est recouverte de poils -, on raréfie ensuite l’air renfermé sous la ventouse, soit en éparpillant dans son intérieur, un peu d’étoupe qu’on allume à la flamme d’une chandelle , soit en la tenant mi instant au-dessus de la flamme d’une petite bougie, collée sur un rond de carte , et on la renverse incontinent sur les tégumens. L’air raréfié se condense bientôt par l’effet du refroidissement 5 il se forme dans la ventouse un vide incomplet , et la partie qu’elle recouvre , soustraite à la pression de l’air, se gonfle , devient rouge, et s’élève avec force dans l’intériem- du vase qui reste fortement appliqué. Si l’on opère sur une sm-face un peu lai’ge, on place, si l’on veut , plusiems ventouses les imes è côté des autres , et après un temps plus ou moins long, on les détache successivement en les rçnversant d’une main , tandis qu’avec l’extrémité de l’indicateur de l’autre , ou avec le manche d’un bistouri , on abaisse les tégumens , afin d’y laisser pénétrer l’air. On nomme ventouses sèches , celles que l’on applique de la manière que nous venons de décrire. Si l’on veut employer des ventouses scarifiées, on place d’abord la cloche sm- la partie, afin d’y déterminer l’afflux du sang; on détache ensuite la ventouse, on applique le scarificateur, et on réapplique aussitôt la ventouse sur le point scarifié. A défaut de scarificateiu’ , on plonge à plusieurs reprises la pointe d’une lancette dans la partie. Au qout de deux minutes environ , on enleve la ventouse , on fomente les plaies avec une éponge imprégnée d’eau tiède, et on place ime seqpnde cloche, puis une troisième, etc., jusqu’à ce qu’on ait obtenu la quantité de sang qu’on a jugé convenable d’extraire.

Vésicatoires.

Divers topiques sont mis en usage pour produire la vésication. Celui dont on fait ordinairement choix , est l’emplâtre épispastique , étendu siu' un morceau de peau de mouton bien douce. Lorsqu’on emploie ce vésicant, on rase la partie, et on la fi’Otte avec une flanelle, ou avec im linge imbibé de vinaigre , jusqu’à ce quelle devienne rouge; on fait ensuite légèrement chauffer l’emplâtre, si c’est en hiver , on le place sur le lieu indique en le pressant avec la paume de la main, et on le maintient avec une compresse et une bande , si l’application s’en fait sur les membres , ou bien avec un bandage de corps , si c’est sui’ le tronc.

Au bout de douze heures , l’ampoule est ordinairement produite. On défait l’appareil avec soin, on enlève doucement l’emplâtre, on incise la vésicule avec des ciseaux, vers sa partie la plus déclive , et on la recouvre d’un linge fin , enduit de beurre fiais ou de cérat. Lorsqu’on n’applique, comme on le dit, qu’un vésicatoire volant, on continue ce pansement pendant trois à quatre jours, et la plaie se trouve complètement guérie. Si l’on veut au contraire établir rm vésicatoire permanent , on coupe , au second pansement, toute la circonférence de l’épiderme, et on l’enlève avec des pinces ; orr couvre errsurte la surface de la plaie d’un linge enduit de beurre frais ou de cérat, et on ne tarde pas à employer une pommade épispastique, afin d’entretenir la suppuration.

On transforme quelquefois un vésicatoire en cautère. On y parvient aisément en appliquant sm’ la plaie un linge

enduit de cérat, percé à son centre d’un trou dans lequel on place un pois d’abord petit, puis de plus en plus gros, qu’on soutient au moyen d’une compresse épaisse et de quelques tours de bande im peu serrés.

Le pois déprîtae peu à peu le derme , et finît par former une cavité dans laquelle il entre complètement.

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