DES FRACTURES EN GÉNÉRAL
Produites le plus souvent par une cause externe, et quelquefois par la contraction violente et subite des muscles, les fractiues arrivent presque toujours aux os longs, et peuvent se faire dans les divers points de leur longueur. Elles sont simples ou compliquées. La fracture est simple, quand l’os seul est brisé et que les parties molles voisines n’ont éprouvé qu’une lésion légère; elle est compliquée, lorsqu’elle est accompagnée de contusions violentes, de plaies aux pai'tics molles, voisines de la fracture, de blessure des gros vaisseaux, de convulsions, de tétanos, de luxation, etc., etc. Sous le rapport de la direction suivant laquelle les os ont été cassés, les fiacturcs sont transversales ou en rave; obliques ou en bec de flûte. On appeUc fractures comminutives , celles dans lesquelles les os sont réduits en un nombre plus ou moins considérable d’esquilles. Les fi’agnrens peuvent être entraînés hoi-s de leur situation normale par la cause vulnérante eUe-même, le poids du corps ou l’action musculaire. Ce déplacement a lieu suivant l’épaisseur, la longueur, la direetion et la circonféreucg de l’os fracturé. Le déplacement suivant
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l’epaisscur existe souvent seül dans les fractures transversales. Dans ce cas , les surfaces des deux fragmens se touchent encore par quelques points de leur étendue, et on n’observe pas de raccourcissement au membre. Dans le déplacement suivant la longueur, les deux Iragmens anticipent l’un sur l’autre et se dépassent mutuellement. A ce mode de déplacement on peut rapporter celui qui survient «lans les fraetures de la rotule, de l’olécrane et du calcanéum; mais ce demier différé de l’autre en ce cp:ie les Iragmens au lieu de ebévaueber, s’écartent 1 un de 1 autre suivant l.a longueur de l’os, do sorte qu’il reste entre eux un espace plus ou moins considérable. Le déplacement suivant la direction arrive quand les deux fragmens forment à leur rencontre un angle dont la saillie est plus ou moins prononcée. Enfin , le déplacement suivant la circonférence du membre s’effectue lorsque le fragment inlérieur exécute un mouvement de rotation, tandis que le supérieur reste immobile.
On reconnaît en général l’existence d’une fracture à une doiJeur locale plus ou moins vive, à l’impossibilité de mouvoir le membre afïccté, à la mauvaise conformation et au raccourcissement du membre, à l’écartement ou aux inégalités senties par le toucher, enfin, à la crépitation produite par le frottement des pièces osseuses La crépitation est un des signes les plus certains des fractures. Pour la développer, on tient fixement la partie supériem’e du membre avec une main , pendant qu’avec l’autre on imprime à sa partie inférieure des rnouvemens légers de rotation. Si le membre est trop volumineux pour être manié commodément, on fait tenir par un aide son extréniité supérieure.
Le traitement de la plupart des fractures comprend
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trois indications principales : i.° réduire Icsfraf'mens dans leur position naturelle ; 2.° les maintenir dans cette position pendant le temps necessaire à la consolidation j 3.° prévenir les accidens ou les combattre si déjà ils se sont développes.
Les moyens que l’on emploie à la réduction des fractures en général, sont l’extension, la contre-extension et la coaptation. L’extension consiste à tirer sur le membre qui s’articule avec le fragment inférieur pour mettre les fragmens dans un contact exact. La conti’c-extcnsioncst une action opposée que l’on exerce sur le memJn e auquel tient le fragment supérieur, pour éviter que le tronc ou meme tout le corps n’obéissent à l’cirort extensif. La coaptation est l’application de la main sur le lieu même de la fracture pour affronter les fragmens. Cette dernière opération est presque toujom'S mutile 5 (piclquefois uéaiunoins on peut appliquer les doigts ou les paumes des mains sml’endroit malade , pour régidariser le contact des fragmens.
Quoiqu’il soit généralement facile de réduire une fracture , il peut arriver néanmoins que les tentatives de réduction sont infructueuses, par la raison que la douleiu a excité la contraction convulsive des muscles, et qu’U est déjà survenu un gonflement mflaminatofre très-intense. En pareil cas, il faut avoir recours aux moyens propres à diminuer l’irritation générale et locide, tels que les saignées, la diète, les topiques émollicns et anodins; et l’on peut d’autant mieux attendre que ces accidens soient calmés pour réduire complètement mic fracture, que le travail préparatoire à la formation du cal ne se manifeste guère , chez les adultes , avant le sixième joui.
Pour contenir les fragmens dans un rapport exact et une immobilité parfaite pendant tout le temps que la
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iialiire met à la consoliilatioii de la Iracture, on emploie la position, le repos, les bandages, les attelles, les paillassons de balle d’avoine, et diverses espèces d’appareils.
Dans toutes les fractures des membres inferieurs, le malade doit ne’cessairement garder le lit. Ce dernier doit être étroit, sans dossier aux pieds , garni d’un sommier de crin sans lit de plumes. On fait attacher au plafond une corde qui descend à portée de la main du malade j cette corde lui est très-utile pour se remuer et satisfaire à ses besoins.
Le membre fraetmé doit reposer également dans toute sa longueur J on doit pour cela le placer sirr im plan dont la forme conesponde à la sienne, c’est-à-dire, qu’ü soit déprimé au niveau des saillies du membre, et vice versa. Un coussin de balle d’avoine est le plus propre à remplir ce but.
La position la plus généralement consacrée dans le traitement des fraetm es , sm- tout dans celles des membres inférieurs, est celle qu’on nomme horizontale, position telle que le membre touche le plan sur lequel il repose par sa face postéiieure, et que les articulationÿde la jambe avec la cuisse, et de la cuisse avec la Jambe sont dans une extension à peu près parfaite. Quelques chirurgiens conseillent néanmoins de placer le membre dans un état de demi-flexion, situation dans laquelle tous les muscles sont presque également relâchés. La position dcmi-fléchie peut être utile dans quelques fractures; mais dans les cas les plus ordinaires, loin de présenter des avantages réels, elle offre, au contraire , ce grand inconvénient , qu’on ne peut, pendant le traitement, s’assurer si la partie fracturée conserve hien sa longueur natmellc.
Pour maintenir le membre dans une situation fixe et prévenir tout espèce de déplacement , on le couvre d’un
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baiidilge convenable. Le bandage de Scultet est celui que l’on prélère dans toutes les fractures compliquées , et même dans les fractm'es simples des membres inférieurs. Les pièces d’appareil dont il est composé, sont : i .° trois à cinq rubans de fil écru; i.° un drap porte-attelles j 3.° des bandelettes de deux pouces et demi à trois pouces de largeur, assez loirgues pour faire une fois et demie le tour du membre, et placées de manière que, se recouvrant les unes les autres dans les deux-tiers de leur largeur, elles puissent envelopper le membre dans toute sa longueur j 4-° deux ou trois compresses longuettes pliées en plusieurs doubles , pom' envelopper immédiatement le membre à l’endioit de la fractiue j 5.® des attelles j 6.° des paillassons de balle d’avome.
Dans les fractures du col du fémur et les fractures trèsobliques de la cuisse , on a le plus souvent recours à des appareils qui tirent continuellement les fragmens en sens opposés, les maintiennent bout-à-bout pendant tout le temps de leur réunion, et exercent ainsi sur eux une extension contmucUe.
Les appareils à extension continuelle ne peuvent être mis en usage avant que l’irritation et l’état spasmodique des muscles ne soient complètement dissipés. Leur application est soumise aux règles suivantes.
ï.® Appliquer les puissances sm’ les membres supérieur et infériem- à l’os fracturé.