CHAPITRE III
Du régime de la femme enceinte , et de quelques accidens qui souvent accom= peignent la grossesse.
§. 176. La grossesse n'est pas un état de maladie, mais simplement une fonction naturelle de la femme. Cependant une femme enceinte , étant plus susceptible , que celle qui ne l'est pas, de diverses maladies et d'accidens fâcheux , et la marche régulière d'une* grossesse nullement troublée, pouvant essentiellement contribuer au bien-être du fruit, a une heiireuse délivrance et au bon succès des couches; il est important que la sage-femme soit instruite, non seulement du régime convenable que doit observer la femme enceinte, mais qu'elle sache encore y veiller, le maintenir, le diriger.
§. 177. Sans trop s'écarter de sa manière de vivre ordinaire , la femme enceinte observera en général les règles suivantes.
§• 178. Elle jouira autant que .possible d'un air pur, sain et tempéré; se préservant surtout de l'humidité.
§. 17g. Ses alimcns, pris avec modération, doivent être nourrissans, mais point indigestes, ni venteux , ou échaufFans. La personne se gardera, surtout a la fin de sa grossesse, de trop charger son estomac; elle fera mieux de manger peu h la fois et plus souvent. Si elle n'a point eu de mauvaise habitude quant à sa boisson , elle continuera d'en user, en s'abstenant dans tous les cas de breuvages échauffans, tels que des vins trop forts , des liqueurs etc.
§. 180. L'habillement étroit ne convient nullement à la grossesse: on évitera soigneusement de gêner, soit par des lacets, ou des corsets, aucune partie du corps, principalement le ventre et les seins. On doit également préserver ceux-ci de refroidissement, sans cependant les tenir trop au chaud.
Lorsque les mamelons ont été imprimés dans les seins et se trouvent rapétissés, ce qui peut facilement arriver par la pression des habilleraens; on doit, s'il est possible avant moitié terme de la grossesse , les relever une ou deux fois par jour, au moyen de la pompe, et les couvrir d'un étui; on continuera ce procédé jusqu'à ce qu'ils soyent convenablement formés pour l'allaitement.
§. 181. Un exercice modère du corps, étant l'un des plus sûrs moyens pour se ménager une grossesse heureuse et une délivrance facile, ou
ne peut trop recommander aux femmes enceintes, qui jouissent d'une bonne santé , de se donner un exercice journalier, mais modéré, et de ne point se livrer h un genre de vie trop t rànfriiïlie, surtout trop sédentaire'; en observant que toujours le repos succède à la fatigue. Mais aussi elles éviteront tout mouvement violent qui puisse en quelque sorte ébranlerle corps , tels que les sauts immodérés, la danse, les chutes, les trop foires secousses en voiture ; comme aussi de monter à cheval , de recevoir des coups au ventre etc.
§. 182, Une observationbien importante pour la femme enceinte est de chercher à maintenir une situation morale , qui laisse son âme dans une parfaite tranquillité. Tout ébranlement qui pourroit troubler ce calme seroit nuisible à la mère; tels sont particulièrement : les fortes émotions, les accès de colère, l'indignation, la peur, même une joye trop vive etc., vu qu'ils peuvent occasionner un accouchement prématuré. Au grand préjudice de la grossesse agissent encore les soucis , le chagrin, la tristesse, en général toutes les affections ou impressions fâcheuses sur l'habitude du corps, et que par conséquent il faut éviter^ Dans l'état de grossesse la femme ne jouira que très modérément des embrassemens conjugaux.
§. 183. Le sommeil rêfflê, concourt puissamment à une heureuse grossesse, il ne doit donc
être troublé ni interrompu par des veilles ou d'autres embarras. Cependant les femmes enceintes ne doivent pas céder trop facilement à un trop grand penchant, que souvent elles éprouvent, pour le sommeil. 11 importe encore qu'elles ne se tiennent pas toujours couchées sur le même côté pendant leur sommeil.
§. 184. La femme enceinte doit aller journellement à la selle) néanmoins il n'est pas rare qu'elle souffre de la constipation , ou de la diarrhée.
La constipation provient , .soit de Ja foiblesse, ou de l'inertie des intestins, ou, principalement vers la fin de la grossesse , de la pression de la matrice sur l'intestin rectum. Dans l'un et l'autre de ces cas les lavemens d'une infusion de camomille avec peu d'huile fine deviennent nécessaires ; mais en outre la femme consultera le médecin dans le premier cas , dans le second la position reitérée sur le côté droit sera convenable.
§. i85. La diarrhée, pouvant procéder de la foiblesse, ou de la surcharge des organes de la digestion, de saburres , de refroidissemens , ou d'affections sympathiques provenans de l'utérus , peut être, non seulement sans préjudice, mais même utile à la femme grosse, pourvu qu'elle ne dure pas trop long-temps , et qu'elle ne soit pas trop forte. Mais pour lors la diarrhée
exige encore le secours de la médecine , puisque dans peu de tcms elle peut trop affoiblir la personne.
Vers la fin de la grossesse la diarrhée est souvent un avant-courreur de l'accouchement.
§. 186. L'évacuation de l'urine est encore sujette dans la grossesse à des dérangemens ; soit par le poids de la matrice ou de la tête de l'enfant 3 qui agit sur la partie supérieure ou inférieure de la vessie , soit par l'anté-version ou par la rétro-version de l'utérus. Les causes de ce dérangement exposent donc la femme enceinte a la difficulté d'uriner (la Dysurie), ou à l'impossibilité de l'acher l'urine (l'Ischurie), ou enfin à l'impuissance de la retenir ( l'incontinence de l'urine ).
Lorsque le poids de la matrice aura produit l'un de ces maux , on facilitera le jet de l'urine' en plaçant la femme dans une situation horizontale sur le dos, le derrière relevé; et, si le cas l'exige , en repoussant l'utérus au moyen de deux doigts que la sage-femme introduira par le vagin. Si cela ne suffit pas , on employera la sonde. Quanta l'impuissance de contenir l'urine, on y remédiera en soutenant le bas-ventre par un bandage du corps; mais on se conduira d'après le §• et 463. lorsque la cause existe dans l'antéversion ou la rétro-version de l'utérus.
§. 187. Le dégoût, les nausées et les vomissemens sont surtout dans le commencement de la grossesse si fréquens chez les femmes enceintes, qu'on les envisage communément pour en être les symptômes ; et on doit les considérer sous le rapport d'un effet sympathique entre l'utérus et l'estomac. Quand ces incommodités arrivent plus tard , on en doit ordinairement attribuer la cause à une mauvaise digestion. Dans le premier cas ces incommodités cessent d'elles mêmes , si non elles exigent, ainsi que dans le dernier cas, et en particulier les grands vomissemens , un régime attentif et soigneux ; et si celui-ci ne suffit pas } le secours de la médecine, vu que la nutrition de la mère et du fruit souffre de ces accidens , qui peuvent en outre occasionner le prolapsus de l'utérus et un accouchement prématuré.
§. 188. Les mêmes causes, mais surtout les embarras muqueux dans l'estomac et la pléthore, produisent V anorexie, ou ce dégoût de certains alimens principalement en viandes : dérangement qui demande toujours les soins du médecin. Particulièrement remarquable est encore l'aversion de plusieurs femmes enceintes pour certaines choses p. é. les couleurs ( l'idiosyncrasie ).
§. 189. Non moins remarquable chez nombre de femmes grosses est cet appétit desordonné
de certains mets, et leur désir immodéré de manger des choses inconvenantes (envie, pica). On doit en chercher les causes dans l'estomac , et le plus souvent on les trouvera dans les aigreurs qui s'y amassent; cet état demande des médicamens et l'exacte observance d'un régime l'un et l'autre convenables. Bien que l'on trouve des exemples que des femmes grosses ayent pris avec grand plaisir, sans préjudice de leur santé, de ces choses réputées nuisibles , on ne doit pas les leur permettre, lorsqu'on les croit malfaisantes , nul inconvénient ne pouvant résulter de ce refus.
§. 190. Dans les derniers mois de la grossesse la maladie de l'oedème affecte fréquemment les extrémités inférieures. C'est une tumeur molle , froide, sans douleur, cédant à l'impression du doigt , et dont la peau est blanche et luisante. Elle ne paroit communément qu'à la jambe, mais elle peut s'étendre à la cuisse et même jusqu'aux parties génitales. Cette tumeur est cavisée par la pression, qu'opère la matrice, sur les vaisseaux lymphatiques qui entrent des extrémités inférieures dans la cavité abdominale ; ce qui rend raison pourquoi ce gonflement apparoit davantage lors d'une grande extension de l'utérus , comme p. é. dans les cas d'une surabondance d'eaux de l'amnios, de la gestation d'un enfant très volumineux , ou de jumeaux, et lors d'une situation irrégulière' de la matrice , telle que l'anlé-version, l'obliquité etc.
Moins l'œdème s'étend plus il est insignifiant, et quand il n'y a pas d'inflammation il est le plus souvent sans danger , vu qu'il disparoit après l'accouchement. Cependant on tâchera de délivrer, ou de soulager au moins, la femme grosse de la pression de l'utérus sur les vaisseaux lymphatiques par le repos , surtout par un bandage du corps qu'on lui fera porter , et en la mettant coucher , soit horizontalement sur le dos, ou sur le côté dans une situation convenable à son état,
§. 191. Les varices ne se montrent pas moins rarement aux extrémités inférieures , et jusqu'aux parties génitales de la femme enceinte. Ce sont des dilatations irrégulières de veines engorgées d'un sang épais, qui ne se forment le plus souvent que dessous la peau et paroissent ou séparément , en forme de nœuds bleuâtres , ou serpentant le long du cours d'une veine. D'après ces indices elles sont faciles à reconnoître.
L'on doit rechercher les causes des varices dans une disposition qui est propre aux veines , et dans leur extrême foiblesse. £)u reste la pléthore, la pression de la matrice sur les vaisseaux sanguins du bassin , les corsets qui gênent le ventre, et les obstructions dans le rectum contribuent essentiellement h les produire.
Quoique les veines variqueuses soyent assez insignifiantes dans la grossesse même, elles peu-
vent néanmoins, en crevant, occasionner dans l'accouchement des pertes de sang très dangereuses ; particulièrement celles qui arrivent par les parties de la génération peuvent entraîner des suites mortelles. Bien qu'on ne puisse écarter les varices durant la grossesse, et qu'elles disparois sent spontanément après l'enfantement, elles ne demandent pas moins la plus grande attention. La femme enceinte évitera donc tout ce qui peut les augmenter: elle quittera les habillemens gênans, se tiendra le ventre libre par des lavemens , et modifiera, autant que possible par le repos et des attitudes convenables , la pression de la matrice sur les vaisseaux; l'enveloppement des extrémités inférieures , au moyen d'une large bande., est souvent utile, mais on n'en fera jamais l'application lorsque simultanément les parties génitales sont variqueuses. Dans ce dernier cas , et quand les varices se renforcent aux extrémités, on appellera toti jours le médecin.
§. 192. Les hdmorrhoïdes ne sont que de petites veines variqueuses qui apparoissent tant extérieurement à Tanus, qu'intérieurement dans la partie inférieure du rectum. Tout ce qui a été dit plus haut surles causes des varices , et sur les remèdes appliquables , soit à la modification, ou contre l'accroissement de ces veines, concerne également les hémorrhoïdes ; toutefois on peut , quant à celles-ci, employer encore avec
succès des onctions mucilagincuses , émollientes et ralïïaichissantes. Souvent les hémorrhoïdes Huent facilement pendant la grossesse, et cette perte, quand elle n'est pas trop abondante, n'est pas dangereuse, elle est au contraire bienfaisante pour la femme, et on ne doit pas imprudemment l'arrêter.
§. 193. Dans la grossesse les hémorrhagies par la matrice sont de trois espèces. Elles proviennent du décollement, soit complet, soit partiel, du placenta; ou bien, indépendamment du placenta, elles procèdent de la surface intérieure de l'utérus ; ou enfin ce flux de sang peut n'être qu'un retour des règles. Il n'est. pas facile, mais il est très important , de savoir discerner ces trois espèces de pertes.
§. 194. Si la perte de sang provient d'un décollement complet ou partiel du placenta, ce qu'on appelle hémorrhagic passive , elle décèle toujours atonie de la matrice; et lorsqu'on en peut découvrir les causes, clles^sont ou telles que cette atonie en est toujours la suite, ou ce sont de violens ébranlemens du corps, Cet écoulement , qui nait subitement , est toujours fort abondant; il est rare qu'il cesse spontanément, mais plus souvent il résiste même aux traitcjnens, et finit par l'expulsion de l'œuf de la matrice. Cette perte est plus commune dans les trois derniers mois , qu'au commencement de la grossesse.
§. La perte qui procède de la surface
interne de la matrice non couverte par le placenta , et qu'on nomme hémorrhagie active , prend son origine de la même source que le flux menstruel. L'une et l'autre de ces hémorrhagie» ont leur principe aux extrémités perspiratoires des artères de la surface interne de la matrice, qui devant être fermées pendant la grossesse 7> sont au contraire irrégulièrement dilatées et ouvertes. De sorte que l'hémorrhagie active et les menstrues dans la grossesse , ne diffèrent que par leurs causes , leurs symptômes et leurs suites,
§. 196. L'hémorrhagie active est fréquemment précédée de causes ostensibles ; le plus souvent ce sont des excitations violentes p. é. des passions véhémentes , l'abus de boissons spiritueuses , réchauffement ou le refroidissement , surtout la pléthore, l'usage des médicamens qui provoquent les règles, l'accumulation des matières stercorales , les lavemens irritans , les purgatifs , le flux de ventre etc. Cette hémorrhagie ne commence que lentement , elle est ordinairement modérée, mais d'assez longue durée, et même souvent interrompue ; elle cède facilement à un traitement convenable , s'arrête aussi d'elle même , et ne produit que rarement de mauvaises suites pour la grossesse. Dans les six premiers mois elle est plus fréquente que l'hémorrhagie passive.
§•197- Le flux menstruel, qui, ainsi que nous l'avons indiqué ( §. ng ), peut reparaître dans la grossesse , arrive ou périodiquement, ou au moins dans un tems auquel il auroit paru si la grossesse n'eut pas eu lieu. Ce flux , qui nait sans aucune cause particulière, s'annonce par les symptômes ordinaires des règles ; il arrive lentement, mais non tout-a-fait inopinément; peu disposé à. se coaguler, et plus séreux au commencement et vers la fin, il dure son tems ordinaire et s'arrête de lui-même.
L'expérience a constaté que les règles sont très rarement nuisibles à la grossesse, mais plus souvent utiles à la femme. On se gardera donc de les arrêter ; toutefois la personne se comportera avec le calme et la discrétion qui conviennent à son état.
§. 198. Les himorrhagies actives et passives, dont le caractère peut menacer d'un danger imminant la mère et son fruit, exigent un secours prompt et efficace. En pareilles circonstance s la sage-femme ne tardera donc pas, à faire venir l'accoucheur, mais sans être en attendant dans l'inaction; elle tâchera d'arrêter, ou (le modérer au moins , la perte de la manière suivante.
§. 199. Lorsque l'hémorragie est passive on doit , avant le septième mois de la grossesse , faire en sorte de l'arrêter, quoiqu'il arrivera rare-
ment que le placenta se rattache, ne fut il même décollé que d'une petite partie; le plus souvent au contraire l'avortement s'en suivra. On évitera donc soigneusement tout ce qui peut occasionner ou augmenter les douleurs ; on mettra la femme au lit couchée horizontalement sur le dos, le siège élevé, les cuisses jointes; on l'entretiendra danslaplus grande tranquilité du corps et de l'âme; on lui fera observer Une diète exacte, et ne lui permettra que des boissons caïman-' tes et rafraîchissantes, principalement des acidulés- Pour arrêter l'hémorrhagie la sage-femme doit tamponner l'entrée de la matrice et une partie du vagin avec des linges usés, ou avec de la charpie , soit sèche soit humectée de vinaigre et d'eau, ou d'eau de vie mêlée d'eau pure, envue de faire agir comme styplique le sang même dans l'utérus.
Mais lorsque la grossesse est déjà avancée jusqu'aux trois derniers mois , tems où l'hémorrhagie passive est communément très forte, et peut rarement être arrêtée, on ne doit point) en usant de délai» exposer à de plus grands dangers la mère et l'enfant; vu que l'accouchement artificiel devient pour lors d'autant plus pressant que lhémorrhagie est abondante , que la grossesse est avancée, que la femme est foible et le placenta décollé.
§. 200. L'hémorrhagie causeé dans la grossesse par l'implantation du placenta sur l'orifice
de la matrice est encore une hémorrhagie passive. On découvre cette situation vicieuse du placenta, au toucher, par la reconnoissance d'un corps mollasse au dessus du fond du vagin , au lieu où devroit se trouver quelque partie de l'enfant; quelquefois on touche le placenta lui même par l'orifice de la matrice. Cette hémorrhagie reparoit de tems à autre durant la grossesse, mais ordinairement elle est foible dans les premiers temps , et facile à arrêter par le repos. Mais dans les derniers mois de la grossesse cette perte demande souveut la délivrance artificielle : ce dont il sera traité dans la suite.
§. 2oi. A l'égard de l'hémorrhagie active la sage-femme s'abstiendra principalement de tout ce qui peut provoquer les contractions générales de la matrice 7 vu que l'expulsion du produit de la conception en est ordinairement la suite. Mais elle tiendra la femme fraichement en sa chambre et en son lit, observant le plus grand repos, dans la situation décrite §. 199. Elle ne lui présentera que très sobrement des nourritures plutôt végétales que d'autres, et des boissons purement rafraîchissantes , telle que de l'eau fraîche, de l'eau avec du vinaigre ou du jus de citron etc. Ce n'est que quand l'hémorrhagie active ne cédant point à ce traitement, on verroit la force de la personne déchoir sensiblement , qu'on pourra, toutefois avec précaution, lui appliquer sur le ventre des fomentations froides (comme
elles sont indices au §. 489,) et ranimer ses forces , en lui faisant prendre fréquemment des bouillons nourris s ans mais en petites portions. En pareille circonstance on ne fera point usage du tampon encore moins d'injections.
Indépendamment du caractère actif ou passif de l'hémorrhagie la sage-femme examinera attentivement le sang écoulé , afin de reconnoitre s'il n'a pas apporté quelque partie de l'œuf, ou même l'embryon.
§. 202. Les hémorrhagies extra-utérines , comme des seignemens de nez, des crachemens ou vomissemens de sang ect. , exigent toujours l'assistance médicale.
\. 2o3. Plusieurs femmes foibles et hystériques sont affectées durant leur grossesse d'évanouissemens qui parfois sont accompagnés d'une sueur froide, et même d'absence de connaissance (syncope) , état qui peut durer quelques minutes et au-delà d'une demi-heure. Ces accès sont assez indifférens quand ils sont peu fréquens et de courte durée. Mais dans le cas contraire, et lorsque cet état est compliqué d'accidens convulsifs , on épileptiques , ou que même il menace de passer en asphyxie, le danger pour la mère et l'enfant devient grave , et la présence du médecin pressante. Dans tous ces cas la sage-femme mettra la malade sur son lit , couchée sur le côté , et lui fera sentir des odeurs for-
tes et par préférence désagréables ; elle lui lavera le front et les tempes avec des eaux spirilueuses , spécialement avec la liqueur anodine de Hol'mann, dont elle pourra faire prendre à la malade 20 a. 3o gouttes dans un peu d'eau fraîche; enfin elle peut encore lui administrer un lavement irritant.
§. 204. Les convulsions doivent être comptés parmi les accidens les plus périlleux qui puissent affecter la femme enceinte , si elle n' y a pas été sujette déjà avant sa grossesse. Plus les convulsions qui naissent dans la grossesse sont violentes , longues et fréquentes , plus elles deviennent critiques, puisqu'elles peuvent occasionner non seulement l'avortement, mais encore la mort de la mère. Dans ces crises souvent terribles la sage-femme, assistée de quelques aides, ne peut guère prêter d'autres secours , que celui d'empêcher la malade de se blesser elle même , en la couchant horizontalement sur le dos, dans un lit écarté des parois de la chambre , en lui mettant un bâillon au travers de la bouebe et en veillant à. ce qu' elle ne tombe de sa couche. Sans une absolue nécessité on n'employera pas la force pour contenir la malade. On doit de plus la dégager de tous les habillemens qui la gênent, et , si la chose est faisable , lui faire prendre des bains chauds et les remèdes indiques §. 2o3. et lui appliquer des siuapismes aux pieds; mais surtout appeler sans différer le médecin.
§. 2o5. Les hernies , les situations vicieuses de la matrice, et divers accidens relatifs au vagin , plus propres à aggraver l'accouchement que la grossesse, seront traités par la suite selon leur ordre.
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