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CHAPITRE XIV

De V accouchement de plusieurs en fans.

§. 43o. Dans la grossesse géminale chaque fœtus occupe pour l'ordinaire son œuf en totalité; mais il n'est pas rare que des membranes il i^existe que l'amnios à douille , tandis qu'un seul chorion embrasse à la fois les deux œufs. Communément chaque placenta est indépendant l'un de l'autre, mais très souvent les deux sont unis entre eux; moins fréquemment il ne s'en trouve qu'un, et fort rarement il ne sort de celui-ci qu'un seul cordon ombilical, mais qui se sépare aussitôt en deux.

§. 43 1. Quant à la positioji des fruits , ceux-ci offrent le plus communément la tête de l'un, et les fesses, les genoux, ou les pieds de l'autre; mais les deux fœtus peuvent aussi présenter les mêmes parties, et-, dans des cas très rares, même être situés transversalement.

§. 432. Les symptômes d'une grossesse composée ou géminale indiqués à §. i63- sont tous incertains, comme on l'a déjà observé; et l'on ne peut s'assurer de la présence de deux fruits ou davantage, que l'ors qu'après la naissance d'un premier, l'on sent par le toucher externe un second enfant dans l'utérus , que par la recherche interne l'on trouve une seconde poche , et derrière celle-ci la partie que présente l'enfant.

§. 433. Quoiqu'a cause d'une plus grande expension de l'utérus l'accouchement de jumeaux dure souvent plus longtems , que celui qui a lieu à la suite d'uiie grossesse simple, néanmoins il n'exige point de secours extraordinaire 5 mais on confiera le travail à la nature, d'autant plus que les jumeaux sont communément plus petits à proportion que l'enfant solitaire.

Cependant si une cause quelconque nécessitoit du secours de l'art, on le donnera indistinctement au premier et au second enfant comme s'il n'y en avoit qu'un dans la matrice; seulement on agira avec beaucoup de précaution dans le cas où il seroit nécessaire d'opérer la version du premier jumeau. Quand les deux enfans se présentent en même tems à l'entrée du bassin, 011 doit repousser l'un et faire entrer dans le bassin celui qui est le plus avancé, qu'on abandonne pour lors aux soins de la nature.

§. 434. On doit se garder soigneusement de troubler le calme bienfaisant que la femme goûte après la naissance du premier jumeau , et de vouloir accélérer la sortie du second. L'on attendra au contraire tranquillement le retour des douleurs ; mais quand celles-ci auront repris convenablement leur vigueur, on pourra rompre la poche.

§• 435. Quant à la délivrance on ne doit point, après la naissance du premier jumeau,

extraire son placenta , si ce n'est alors qu'il se trouveroit sur l'orifice de la matrice, ou dans le vagin; mais on doit attendre la sortie du second enfant, et lorsque les efforts de la mère n'auront pas opéré l'expulsion des deux secondines , extraire les deux en tirant de préférence le cordon du premier-né. Du reste on se comporte exactement comme dans l'accouchement d'un seul enfant ; en observant cependant que, à cause de l'expansion considérable de la matrice, il faut accorder xplus de tems à cette délivrance qu'à celle d'un enfantement simple. Lorsqu'on n'auroit pas lié au premier jumeau la portion du cordon qui reste au placenta, il le faudra lier aussitôt qu'on sera assuré de la présence d'un second enfant. Souvent il est utile de distinguer les deux cordons au moyen de ligatures différentes.

§. 436. Si le cas extraordinaire se présentoit , où un seul placenta pour deux enfans, se détachant après la naissance du premier des jumeaux, tcftnbât sur l'orifice de la matrice, ou dans le vagin; on doit l'extraire et autant que possible accélérer la sortie du second enfant. Dans le cas , non moins rare, de clialomicinent du second jumeau , on procédera de la même manière que dans celui de chatonnement du placenta (§. 424. ) , et l'on opère l'extraction de l'enfant par les pieds.

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