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CHAPITRE XV

De £ accouchement de V enfant mort.

§. 437. Il y a deux cas à distinguer: la mort de l'enfant qui a lieu pendant le cours de la grossesse, et celle dont il est victime dans l'accouchement même.

§. 438. Dans l'accouchement on peut seulement connoitre avec certitude que l'enfant est mort pendant la grossesse , lorsque les symptômes de la putréfaction se mànisfestent: tels qu'une odeur putride ; la facilité d'enlever l'épiderme , la mauvaise couleur de la peau ; surtout quand ces signes ont été précédés par ceux de la mort du fruit, lesquels du reste ne se déclarent pas constamment, et n'offrent point de certitude. Tels sont: la cessation du mouvement de l'enfant et de l'accroissement de l'utérus et du bas-ventre; l'affaissement, la diminution de chaleur et un engourdissement pénible de l'abdomen ; la sensation du ballottement de l'enfant selon les changemens d'attitude de la mère; la flaccidité des mamelles, des affections fébriles, des évanouissemens , un écoulement putride des eaux de l'amnios.

§. 439- On ne peut jamais savoir avec une entière certitude que l'enfant est mort dans Vaccouchcment , que quand après sa terminaison on ne peut pas -vivifier l'enfant, quoiqu'il ait donné

des signes de vie immédiatement avant ou pendant l'accouchement.

Néanmoins on peut présumer avec beaucoup de probabilité que l'enfant est mort dans l'accouchement, quand, excepté les signes de la putréfaction,' tous les symptômes de mort, quoique trompeurs, se présentent réunis, et qu'au contraire tous les signes de vie manquent. Dans ce discernement important et difficile de la -vie ou de la mort de l'enfant, on n'oubliera jamais de prendre en considération l'état de la mère pendant sa grossesse, la durée et le genre de son accouchement, les secours que peut-être on lui à déjà administrés, et les causes qui pourroient avoir occasionné la mort de l'enfant.

§. 440. Ces prétendus signes de la mort de l'enfant pendant l'accouchement sont: la diminution en force et en fréquence des douleurs d'enfantement, l'écoulement d'eaux sanguinolantes ou mêlées de méconium, la cessation du mouvement de l'enfant et de la pulsation — principalement du cordon et du cœur, le manque de tuméfaction de la partie que présente l'enfant, nne grande mobilité des os du crdiie, le corps flasque, une insensibilité totale, l'anus ouvert etc.

§. 441. Les signes de la vie de l'enfant sont: lorsque la mère ou la sage-femme a senti depuis peu de tems les mouvemens de l'enfant , que celui-ci meut la partie qu'il présente, qu'elle

sa tuméfié, qu'elle change de couleur, et que le battement se fait sentir dans cette partie ou dans une autre.

§. 442. Les causes de la mort de l'enfant dans la grossesse sont très nombreuses, quoiqu'elles ne soyent pas toujours remarquables. On peut principalement considérer comme telles : les efforts extraordinaires , les grands ébranlemens du corps, les coups sur le ventre, les maladies graves, les passions violentes, la saignée, les purgatifs etc.

Les causes principales de la mort de l'enfant dans V accouchement sont: la compression, ou la rupture du cordon ombilical, le décollement prématuré du placenta, en général tout ce qui empêche la circulation du sang du fœtus; en outre la pression et le froissement de quelque partie noble , et divers accidens tels que convulsions , pertes et autres; comme aussi une assistance in convenante , ou mal administrée.

§. 443. Il est très rare que l'enfant mort séjourne longtems dans le sein de sa mère; au contraire son expulsion ne tarde guère au-de-lh de quelques jours. Quant à l'accouchement luimême il dure ordinairement plus longtems que celui d'un enfant vivant; parceque dans le premier cas la matrice est peut-être un peu moins active , et qu'en-outre elle rencontre plus de difficulté a expulser le corps flasque d'un enfant

mort, que celui d'un vivant. Du reste l'accouchement et les secours, dont il peut avoir besoin, sont les mêmes que dans celui d'un enfant vivifié. On fera surtout attention que la femme ne s'épuise par des efforts prématurés, et de ne tirer sur l'enfant, si cela est nécessaire , qu'avec précaution, crainte de lui arracher quelque membre.

De même lors de la délivrance il importe d'observer que l' arrière-faix est plus disposé à la putréfaction et plus facile à se déchirer que le fœtus lui-même. Ce qui prescrit de la circonspection , et des ménagemens particuliers.

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